Affichage des articles dont le libellé est hodall béo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hodall béo. Afficher tous les articles

dimanche 21 mai 2023

Des caricaturistes sur le ’’Miwa konou’’

Pour la commémoration de la Jilp


La Journée internationale de la Liberté de la presse (Jilp) a été commémorée le 3 mai 2023. L’association de caricaturistes béninois, ’’Bénin-dessin’’ en a marqué l’événement. Elle a initié ’’Miwa konou’’, un Salon international du Dessin de presse et de l’humour. Il s’est déroulé jusqu’au 7 mai à la Maison de la Bande dessinée et de l’image, dénommée ''Igbalè'', sis quartier de Womey Sodo, à Cocotomey, dans la Commune d’Abomey-Calavi, au Bénin. Un nombre bien déterminé de caricaturistes était à l’honneur.


Aperçu des caricaturistes ayant participé au Salon, ''Miwa konou'', et de quelques invités

7 artistes dessinateurs de presse du Bénin, pour 7 œuvres. Ce qu’il fallait retenir du Salon international du Dessin de presse et de l'humour, ''Miwa konou'', pour la commémoration, le mercredi 3 mai 2023, de la Journée internationale de la Liberté de presse (Jilp), par l’association, ’’Bénin-dessin’’, à ''Igbalè'', ainsi nommée la Maison de la Bande dessinée et de l’image, située à Womey Sodo, à Cocotomey, dans la Commune d’Abomey-Calavi, en République du Bénin.


Claude Adjaka, alias, Lenfan Claudio, Hervé Hodonou Alladayè, alias Hodall Béo, Julien Alihonou, alias Makejos, Alexandre Kossoko, Hector Sonon, Constant Tonakpa et Kenneth Vihotogbé constituent les 7 caricaturistes concernés.


En langue nationale béninoise, fon, ’’Miwa konou’’ veut dire ’’Venez rire’’. « Ce n'est que le début d'une nouvelle révolution du dessin de presse écrite et de la caricature au Bénin », a commenté, de l’initiative de l’exposition, Hector Sonon, président de ’’Bénin-dessin’’. L'objectif, selon lui, est de se retrouver, périodiquement, entre collègues dessinateurs de presse écrite et caricaturistes. Il déplore la disparition progressive du dessin de presse des journaux. 


De gauche à droite, Hodall Béo, Conseiller, et Hector Sonon, Président de l'association, ''Bénin-dessin'', organisatrice de ''Miwa konou''


Il reconnaît, actuellement, un seul journal satirique utilisant les compétences des dessinateurs de presse. Il s’agit de l’hebdomadaire, ’’Le déchaîné du Jeudi’’. A en croire Hector Sonon, depuis 1987, il y avait, déjà, de la caricature dans les journaux, au Bénin.



Des moments d'échanges sur le ''Miwa konou''


Plusieurs visiteurs ont assisté au vernissage de l’exposition, ’’Miwa konou’’. Il se trouvait, parmi eux, Tiburce Adagbé, directeur de publication de l'hebdomadaire mentionné. Il y avait, aussi, Alain Dettinger, un grand amateur de la caricature. Ils ont assisté aux échanges entre le public et les artistes exposants. Les premiers ont répondu aux questions des seconds. Ils ont abordé les sources d’inspiration à l’origine de leur travail. Ce sont les faits du quotidien et ceux des événements socio-politiques. Ils s’aident de l’humour pour faire passer leur message. La référence en est le tire de l’exposition, ’’Miwa konou’’.  



Des perspectives pour le ''Miwa konou'' 


’’Bénin-dessin’’ entend organiser des ateliers. Ils lui permettront de faire adhérer le public à l’humour par la caricature dans le dessin de presse. Il lui faudra aussi former de jeunes dessinateurs. Ils vont assurer la relève de la génération actuelle. Le Salon sera organisé chaque année pour promouvoir les talents. Il servira aussi à redorer le blason du dessin de presse et de l’humour. L’association compte sur l’aide de l’Etat et des bonnes volontés. Elle lui permettra d’atteindre ses objectifs, vu ses moyens limités. La presse en tirera profit, étant donné son statut de quatrième pouvoir.

Herman Sonon

mardi 18 avril 2023

« […] la Bandafre nous donne une certaine capacité de […] nous faire comprendre des autres », selon Hodall Béo

Dans le cadre d’une interview qu’il a accordée à notre rédaction


La bande dessinée faite par les dessinateurs des pays de l’Afrique foisonne de productions. Cependant, elle est manque d’identité. Pour résoudre cette situation, Hodall Béo, artiste bédéiste béninois, conçoit la Bande dessinée africaine (Bandafre). Il a bien voulu nous en accorder une interview. Une révélation sur les tenants et les aboutissants du concept que Hodall Béo veut fédérateur pour toute l’Afrique …  

 

Hodall Béo, initiateur du mot, ''Bandafre'', pour signifier, ''Bande dessinée africaine''


Stars du Bénin : Bonjour Hodall Béo, de votre nom, à l'état civil, Hervé Hodonou Alladayè. Vous êtes, entre autres, artiste peintre, caricaturiste et bédéiste, exerçant dans ces domaines depuis plusieurs années, de même que vous êtes désormais l'initiateur du concept de la « Bande dessinée africaine » (Bandafre). De quoi s'agit-il ? Quand avez-vous créé ce concept ? Comment le définissez-vous ?

 

Hodall Béo : La Bandafre, c'est, bien sûr, le sigle issu du groupe de mots, la Bande dessinée africaine. En effet, il faut comprendre quelque chose : quand on dit « Bd » ou « Bande dessinée », c'est une forme d'expression artistique qu'on appelle le 9ème art. Habituellement, cet art consiste à raconter des histoires en utilisant une suite de dessins posés sur une page ou sur plusieurs pages ; les dessins interviennent entre eux à travers des dialogues de textes qu'on inscrit dans des bulles qui sont des formes de cadres ronds ou rectangulaires. C'est cela, la bande dessinée.

Elle est une forme d’expression qui globalise ce type d’art venant de plusieurs pays parfois, c'est-à-dire qu’elle est de diverses origines. Donc, la Bande dessinée africaine, c'est cette expression de la bande dessinée qu'on fait en Afrique. Nous autres, dessinateurs africains, nous avons cette manière-là de raconter nos histoires à travers la bande dessinée ; elle est bien africaine, elle raconte les histoires de l'Afrique.

Lorsque la bande dessinée vient de l'Europe, on peut parler de la bande dessinée franco-belge parce que c'est davantage les Français et les Belges, les Belges, en premier, donc, qui en ont développé vraiment la technique et le style puis qui ont fait connaître cette Bd sur l'Afrique. Ce sont eux qui nous ont envahis, du fait de la colonisation, et qui nous ont apporté cette forme d'expression-là et nous avons commencé à l'appliquer chez nous. C'est bien connu, aujourd'hui. Et, nous-mêmes, nous avons développé notre manière de faire cette bande dessinée qu'on appelle la Bande dessinée africaine. Elle se particularise, donc, de la bande dessinée européenne.

Cette même forme d'expression venant du Japon s'appelle les ’’Mangas’’. Lorsque cette forme d'expression vient des États-Unis, on parle de ’’Comix’’ ou de ’’Disney’’. Donc, en fonction des origines de la bande dessinée, elle porte un nom qu'il faut bien particulariser.

En observant le fait, je me suis dit qu'il nous faut créer le sigle à partir de  l’expression, « Bande dessinée africaine », ce qui donne la ’’Bandafre’’. Cela permettra d'avoir un petit mot rapide à utiliser, facile à manipuler et plus vendable que d’utiliser, à chaque fois, toute l’expression, « Bande dessinée africaine », plus lourde à dire.

C'est surtout pour cette raison que je me suis penché sur la situation, après analyse. Et, j'ai jugé bon d’expliquer et d’exprimer la Bande dessinée africaine sous le vocable de ’’Bandafre’’.

 


Il y a, donc, un besoin que vous avez pensé à combler en mettant en place la Bandafre …

 

Cela m'est venu du fait que j'ai réfléchi un peu sur la situation parce que, la plupart du temps, j'ai constaté qu’on ne se retrouve pas souvent, entre hommes du métier, pour échanger et penser.

En réalité, notre métier, on l'exécute comme on nous l’a toujours montré. On ne se pose pas souvent des questions, on le fait comme ça. Mais, quand on en vient à la question, on constate très bien que la bande dessinée africaine existe parce que les gens la pratiquent en Afrique. On ne peut donc pas dire que les Africains font de la bande dessinée franco-belge puisqu’ils ne sont ni français ni belges. Du coup, ils font de la bande dessinée africaine bien qu'ayant appris la technique de la bande dessinée dans les livres ou dans les écoles franco-belges à travers ’’Tintin’’, ’’Spirou’’ et ’’Astérix’’, notamment, et par d’autres bandes dessinées italiennes, ’’Akim’’, ’’Zembla’’, entre autres. De même, ce n’est pas parce qu’un Africain est champion en karaté qu’il est chinois.

Pour illustrer mes propos, nous avons beau dessiner des Bd ’’Mangas’’ des Japonais, nous restons des Africains. Pour être explicite, nous demeurons des Africains exerçant la bande dessinée africaine dans un style de ’’Mangas’’. Nous sommes donc des « bandafristes ».

 


La Bandafre est-elle aussi un canal pour faire découvrir aux lecteurs les réalités que vivent, au quotidien, les habitants des pays d'Afrique ?

 

Il faut que nous recherchions, en tant qu'Africains, une certaine souveraineté en réfléchissant sur les concepts parce qu’on ne va pas toujours laisser les Européens venir penser à notre place. On est des hommes du métier, du domaine. On doit se poser des questions parce qu’on devait avoir constaté que, depuis un temps, la bande dessinée qui vient des États-Unis s'appelle d’un nom, celle qui vient du Japon s'appelle d’un nom et, celle qui vient de l'Afrique, on l'appelle de façon vague, « bande dessinée africaine »

Cela est vraiment vu de façon péjorative ; c'est une bande dessinée qui se fait en Afrique comme si cela n'existait pas. Pourtant, cela existe bel et bien : on y fabrique des histoires et plusieurs pays la pratiquent, en l’occurrence, la Côte d'Ivoire qui est très connue, en matière d'humour, ou Madagascar qui a connu une période de la floraison de la bande dessinée.

Dans ce second pays, les artistes faisaient des livres semblables, dans leur format, à la bande dessinée italienne, un peu dans le genre d’ ’’Akim’’ et de ’’Zembla’’. Ils y étaient très spécialisés et les bandes dessinées se vendaient bien, dans presque toutes les rues dans les villes de Madagascar. C'était incroyable. Ces dessinateurs-là gagnaient de l'argent par la bande dessinée ; ils fabriquaient des histoires de Madagascar. On a parlé, en ce moment-là, de l’âge d’or de la Bd malgache.

On peut dire que cette bande dessinée africaine existe bel et bien puisqu’elle est dissimulée à l'intérieur de chaque pays, de chaque enclos colonial. Cette Bd existe mais, seulement, elle est confinée dans le système francophone. Comme l’on y parle français, on l'appelle la Bande dessinée africaine. On peut simplement la mettre sous un nom plus restreint, la Bandafre !

 


Vous avez choisi de créer la Bandafre alors que les Africains ont leur regard, fasciné, tourné vers les réalités occidentales plutôt que vers leur culture d'origine …

 

Oui, la Bandafre, c'est, au fait, un mot pour pouvoir faciliter la compréhension que la Bande dessinée africaine existe. Mais, déjà, la bande dessinée africaine raconte naturellement les histoires des Africains. J'ai souvent l'habitude de dire que quand, par exemple, un bédéiste, un dessinateur de bande dessinée africaine la fait dans un style de ’’Mangas’’, il utilise les ’’Mangas’’ comme un style d'expression ; il ne peut pas dire qu'il est Japonais parce qu'il a beau dessiner comme le Japonais. Il n'est qu'un Africain et il doit pouvoir se reconnaître en tant qu'Africain.

Un Africain qui produit de la bande dessinée fait, forcément, une bande dessinée africaine donc il fait de la Bandafre.

Donc, au fait, la Bandafre est le mot générique que je donne à la Bande dessinée africaine qui relate les histoires africaines. Mais, déjà que la Bande dessinée africaine existe systématiquement, elle relate les histoires africaines ; elle peut relater les histoires de l'Europe mais si tant est que c'est un Africain qui a pris sa plume et qui dessine, il fait de la Bandafre.

 


Pourriez-vous nous parler des moyens d'action de la Bandafre pour atteindre ses objectifs ?

 

C'est pour une quête de souveraineté. On doit pouvoir être souverains. À un moment, il faut pouvoir rechercher une certaine part de fierté. Les gens ont beau se tourner vers l'extérieur, au fait, l'Afrique n'a pas choisi. L'Afrique s'est retrouvée, un beau matin, envahie ; ce n'est pas comme au Japon qui a pu fonctionner en vase clos et développer une approche de la bande dessinée qu'on appelle « héroïque fantaisie » parce qu’elle raconte des histoires d’héroïques fantaisies que les ’’Mangas’’ véhiculent. Les bédéistes japonais racontent des histoires parfois complètement détachées de toute l'histoire de leur passé, c'est-à-dire qu’ils fabriquent un personnage, de toutes pièces, et le font évoluer dans un monde complètement fantasmé. C’est cela, les ’’Mangas’’ qu'on voit.

Mais, l'Afrique n'a pas eu cette opportunité. Elle s'est retrouvée envahie depuis les grandes invasions qui ont imposé les religions telles que l’Islam, puis par la colonisation. L’Afrique n'a pas été lâchée depuis. C'est l'Europe toujours qui nous a appris à consommer ce qu'elle transforme ; on est devenus, de fait, un vivier de consommateurs.

Donc, on n'a pas eu le temps de réfléchir. On a absorbé tout ce que l’Occident et l’Orient nous ont apporté. Même la démocratie nous a été apportée. Les ’’Mangas’’ nous sont tombés dessus, de même que les ’’Comix’’ américains. 


Aperçu de planches de la Bandafre - Crédit photo ; Hodall Béo


On constate donc que la Bande dessinée africaine puise ses repères dans l’ensemble de ces styles importés puisque, de toute évidence, la Bd africaine s’est forgée et continue de se fonder sur ces Bd-là. Elle a phagocyté tout cela en elle. Du coup, vous pouvez voir des bédéistes africains qui dessinent dans le style des ’’Mangas’’ ou dans celui des ’’Comix’’. Ces styles sont venus de partout. On doit les considérer comme étant des styles au cœur de la Bandafre.

 


Un concept suppose des défenseurs, des partisans. Avez-vous des bédéistes au Bénin et ailleurs qui acceptent de vous suivre dans votre projet, qui acceptent de défendre et d'illustrer la Bandafre ?

 

Les bédéistes africains sont en train de faire déjà de la bande dessinée africaine. Cela existe bel et bien. On n'est pas en train d'inventer quelque chose de nouveau. Seulement, on est en train de mettre en place un nom qui puisse faciliter la distinction entre les Bd du monde et celles de l’Afrique.

Maintenant, l'objectif, c'est l'avenir qui nous le dira. Pour peu que les enfants africains aiment saisir leur crayon et dessiner en racontant leurs histoires, ils donneront une chance à la Bandafre d'exister.

 


Où en êtes-vous dans l'atteinte de vos objectifs depuis que la Bandafre est née et quels projets avez-vous pour la Bandafre en 2023?


Les bédéistes ne manquent pas, ils sont déjà dans le métier, Ils le font seulement. Leur souci n’est pas souvent de réfléchir sur le concept, en tant que tel. Donc, pour certains, cela devient souvent un peu dérangeant d'en parler parce que celui qui fait sa pratique de la Bd est plus dans une dynamique de création et de gagne-pain. Commencer à soulever des concepts, cela lui importe peu. Cela ne change pas non plus son quotidien.

Or, la Bandafre nous donne une certaine capacité de comprendre mieux ce qu'on fait et de nous faire comprendre des autres. Dès lors, le jour où des bédéistes sont appelés pour pouvoir parler de leur métier, ils sauront parler avec des mots plus précis et sauront mieux expliciter les concepts. C'est pour cela que c'est mieux d'y penser, de développer toute une réflexion autour de la Bandafre, pour en faire un concept de fond.

Nous allons discuter entre collègues, que ce soit les collègues de mon pays, ou d'autres pays. Nous allons échanger et faire en sorte que, petit à petit, nous puissions tous converger vers ce mot, la Bandafre, pour pouvoir, au fait, formaliser, en quelque sorte, notre métier et nous octroyer, vraiment, cette part de souveraineté qui nous fait cruellement défaut.

Propos recueillis par Herman Sonon

jeudi 16 juillet 2015

Hodall Béo sort le ’’Carica show’’ 2 et le met en projection en salle

A partir du samedi 18 juillet 2015


Après 5 ans de silence, l’artiste béninois Hervé Alladayè, alias Hodall Béo, met sur le marché le ’’Carica show’’ 2, l’humoristique dessin animé s’illustrant par une satire des mœurs socio-politiques. Mais, la particularité de cette édition reste que le nouvel album n’est exploitable par le public que par des projections en salle démarrant le samedi 18 juillet prochain à Cotonou. Voilà l’information primordiale qui ressort de cette interview qu’il a accepté de nous accorder.  

La pochette du ''Carica show '' 2
Stars du Bénin : C’est brûlant, c’est tout chaud, tu viens de sortir le 2ème album de la bande dessinée humoristique ’’, Carica show’’, après 5 années de silence. A ce que nous avons appris, tu entrevois des conditions innovantes de diffusion du ’’Carica show’’ 2. Qu’en est-il réellement ?
Hodall Béo : Le ’’Carica show’’ 2 reste dans la même logique que le 1, mais, seulement, c’est un peu différent, parce que ce ’’Carica show’’ a la particularité d’être un film qui ne sera pas disponible facilement sur Cd, il sera plutôt projeté en salle, pour vraiment permettre aux gens de venir dans l’ambiance d’une salle. C’est pour recréer l’univers de ces cinémas qui sont fermés, aujourd’hui, au Bénin ; on essaie donc de recréer cette atmosphère où les gens pourront s’amuser, rire ensemble autour de faits socio-politiques qui minent notre pays. C’est vraiment un ’’Carica show’’ de rassemblement, pour retrouver une ambiance perdue, une ambiance de salle sombre dans laquelle on s’émeut, on joue, on rit et on partage une émotion.


Le samedi 18 juillet prochain est le jour prévu pour la première projection de ce film. Où l’événement se déroulera-t-il ?
Cet événement se déroulera dans l’enceinte du bâtiment de ’’La Maison de l’entreprise’’, situé derrière le Stade de l’Amitié de Kouhounou. En venant du quartier Vèdoko, comme si vous alliez à Zogbo, vous bifurquez à gauche et vous vous retrouvez sur la voie pavée passant derrière le Stade, et vous empruntez la 1ère rue à votre droite. Au fond de celle-ci, toujours à droite, vous trouvez l’immeuble à façade bleue de ’’La Maison de l’entreprise’’. C’est au 2ème étage de ce bâtiment qu’est installée la salle de cinéma de ’’Reliefs entertainment’’, qui propose le ’’Carica show’’ 2.


Sur la pochette du nouvel album, on voit une caricature qui semble être celle du Chef de l’Etat, Boni Yayi et, c’est un Président en larmes. En outre, en bas de la pochette du Cd, on lit quelques mots : « Coton, courant, lépi, même galère ». Que supposent ces éléments par rapport au contenu du ’’Carica show’’ 2 ?
Le ’’Carica show’’ 2 est un court métrage d’au plus 25 minutes, qui permet de camper une certaine actualité ; il s’agit de notre réalité, avec le personnage du ’’Buffle’’ qu’on connaît très bien, qui est en larmes parce qu’il connaît toujours des sévices, des difficultés, l’Opposition ne le lâchant pas et, lui-même étant aux abois, surtout que, bientôt, c’est la fin du mandat. Tout cela, mis ensemble, lui fait un bilan qui le met en émotion et qui lui fait peur.

Hervé Alladayè, alias Hodall Béo
Selon ce que tu nous as confié, cette projection sera faite à 500 Francs par personne, mais le choix de faire connaître le nouvel album du ’’Carica show’’ par les projections en salle serait lié aux difficultés que tu as connues, lors de l’édition du ’’Carica show’’ 1 …
Oui, lors de la publication du ’’Carica show’’ 1, sous forme de Cd, il s’est fait qu’il fallait rester dans une certaine dynamique commerciale, ce qui nécessitait sa distribution sur toute l’étendue du territoire national. Cela ne s’est pas réalisé parce que le dessin animé n’est pas du tout connu chez nous comme un genre cinématographique à part entière.
Entre autres, il y a aussi le désir de pouvoir mieux capitaliser des ressources afin que le distributeur ne s’accapare pas la part belle du produit, de façon à ce que le concepteur et les acteurs puissent profiter un peu mieux des revenus de la vente de ce produit. Ainsi, nous centralisons la distribution à notre niveau, sous forme de projection ; avec un distributeur, on n’a pas toujours le feed-back du public, on ne sait pas s’il a aimé le film, comment il le trouve, ce qu’il aimerait voir, …
En fait, concernant cette relation directe avec les gens, on peut toutefois capter tout ce qu’ils veulent. Autre chose : le ’’Carica show’’ 1 a été victime de la piraterie ; aujourd’hui, il est présent sur tous les petits téléphones, on peut le visualiser quand on veut. Donc, la piraterie a tellement pris le devant que nous ne sommes pas rassurés que le produit ne retournera pas à elle, si on l’éditait sur Cd. Le mieux est d’endiguer, d’empêcher le phénomène de la piraterie de nous rattraper et de nous empêcher de pouvoir exister. Chaque produit commercial ayant sa stratégie de distribution, selon les exigences que cela demande. Nous prenons ainsi des dispositions pour être encore plus capables de produire continuellement le ’’Carica show’’ et de ne pas nous arrêter, comme on l’a fait, pendant 5 ans, avant de pouvoir encore avoir l’énergie de sortir un nouvel album.
Si les Béninois peuvent nous faire confiance, s’ils peuvent adopter le fait de se déplacer pour aller voir le film, ce sera bon ; venir partager avec nous ces instants de distraction serait nous accompagner et nous soutenir. Nous leur en serons reconnaissants, en produisant régulièrement du contenu.  


Pour une soirée de projection comme celle qui aura lieu le samedi 18 juillet prochain, il y aura plusieurs séances de visualisation. Comment cela va-t-il se passer ?
Les séances commencent à 15h et s’achèvent à 20h ; Toutes les 30 minutes, il y aura une nouvelle projection de l’album. Donc, ceux qui ne seront pas à l’heure pourront se rattraper, 30 minutes plus tard, avec un autre groupe de personnes qui entreront en salle. De façon continue, les groupes vont se relayer et tout le monde sera satisfait, avec un peu de patience, les temps que les précédents sortent pour qu’on puisse accueillir les nouveaux entrants. Ce sera donc une sorte de projections alternées, les samedis après-midi et les dimanches, au même moment. Il en sera ainsi durant tout le mois de juillet. Mais, dans la semaine ouvrable, il n’y aura pas de projection. Ce sera plutôt le cas, les weekends, parce que les gens veulent bien s’amuser, sortir, se distraire ; à ces occasions, ce serait bon de pouvoir les accueillir et leur permettre de se détendre un peu, avec le ’’Carica show’’.  


Quel appel as-tu donc à lancer au public ?
Nous demandons au public de se déplacer, de ne pas tenir compte de la pluie, et de venir constater que le travail a progressé et que les réalités socio-politiques sont toujours en évolution et que le contenu du ’’Carica show’’ relaie ces réalités. Ils pourront vraiment beaucoup rire, se détendre, parce que le rire est très important. Comme le dit le ’’Carica show lui-même, « faut pas fâcher, nous s’amuser ». Donc, c’est juste pour s’amuser que nous sommes là.



Propos recueillis par Marcel Kpogodo

vendredi 29 août 2014

Consécration de Hodall Béo à l’international

A travers sa nouvelle bande dessinée publiée en France

Le caricaturiste, bédéiste béninois, Hervé Alladayè, de son nom d’artiste Hodall Béo, vient d’être honoré à l’extérieur par l’édition d’une planche de bandes dessinées par une maison d’édition française. Cet événement s’est produit depuis l’année 2013. Caricaturiste du Quotidien ’’Le Mutateur’’, il a accepté d’échanger avec nous, pour nous permettre d’en savoir plus sur ce fait de réussite.
Hervé Alladayè, alias Hodall Béo
« Moto-taxi ». Le titre de la bande dessinée du caricaturiste béninois, Hervé Alladayè, de son pseudonyme, Hodall Béo, éditée en France aux Editions ’’L’Harmattan’’, au cours de l’année 2013. Ce document de longueur d’une feuille A4, tout en couleurs, comporte trente-huit (38) planches, pour un total de 42 pages. Très humoristique, détendant et peignant le quotidien des conducteurs de taxi-moto, apprivoisé par un regard amusé d’artiste, cette bande dessinée relève, selon l’artiste, de l’ensemble des œuvres du même genre, mais qu’il avait publiées, plusieurs années auparavant, à compte d’auteur, ce qui lui avait permis de fourbir un certain crayonné caricaturiste et, aussi, de développer cet art qui, aujourd’hui, l’a fait reconnaître par une maison d’édition française dont le caractère résolu à promouvoir la qualité du travail, ne fait aucun doute. 

La bande dessinée
Du haut de son piédestal, cet artiste peut désormais développer ses rêves : rester attaché à la restitution de la réalité béninoise, à travers ses dessins, ses caricatures, de manière « à la faire appréhender complètement », précise-t-il. Si, dans le sillage de l’art caricatural, il s’est impliqué dans la réalisation d’un projet éducatif de grande envergure dénommé « J’apprends avec Donami », en faveur des tout-petits apprenants, il entend faire progresser le concept. En outre, ce caricaturiste a fait valoir le souhait que « Moto-taxi » fasse son chemin, surtout qu’il doit en créer une prochaine bande dessinée. Enfin, son élément d’épanouissement serait de produire un impact certain sur ses compatriotes béninois.

Marcel Kpogodo

jeudi 8 mars 2012

Hodall Béo 2012

L'interface du site de Hodall Béo


Pour la promotion de ses productions artistiques


Hervé Alladayè lance bientôt Africaviz.com


Les tout prochains jours verront s'agrandir l'univers des sites Internet Béninois spécialisés. Ce sera avec la mise en ligne par l'artiste multidimensionnel béninois, Hervé Alladayè, alias Hodall Béo, d'une plate-forme novatrice d'information sur les productions de tous genres de ce créateur d'oeuvres de l'esprit.



Africaviz.com. Voici le nom du site Internet auquel les Béninois, les Africains et le monde entier devront s'habituer sous peu. Hervé Alladayè, de son nom d'artiste, Hodall Béo, en est le promoteur.

De sources proches de son espace professionnel de travail, il s'agit pour lui de diffuser toutes les productions à son actif, notamment, des bandes dessinées, des dessins animés, des carnets de caricature, des ouvrages pédagogiques, des livres électroniques.

En effet, à notre époque du développement des technologies de l'information et de la communication, il est impérieux, selon l'artiste, que les difficultés d'édition et de promotion des oeuvres artistiques soient vaincues par un accès incontournable à la toile, celle-ci qui, de plus en plus, s'impose comme un espace où personne n'est de trop pour exposer au monde ce qu'il sait faire, promouvoir ses produits et les proposer à l'achat de tout internaute dans le besoin, où qu'il soit à travers le monde. Vivement donc la concrétisation par Hervé Alladayè de cette vision qui donne un cours nouveau à ses activités artistiques et promotionnelles.

Marcel Kpogodo

jeudi 26 janvier 2012

"J'apprends avec Donami", Nouvelle parution

Révolution audiovisuelle dans l'éducation maternelle au Bénin


Parution de J'apprends avec Donami, le dessin animé éducatif


Depuis quelques jours, "J'apprends avec Donami", la version rénovée du Cd éducatif créé par Hervé Alladayè, en direction des écoliers de la Maternelle, est dans les kiosques. L'auteur nous confie tout concernant ce produit.


Marcel Kpogodo : Hervé Alladayè, le numéro 2 du Cd de vidéo éducative pour la maternelle, Donami, vient de paraître ....


Hervé Alladayè : Ce Cd est paru dans le contexte du Saed qui est un concept assez novateur dans notre sous-région et, particulièrement au Bénin ; c'est un Support audiovisuel d'appui éducatif qui permet, par la vidéo, d'apprendre et d'améliorer son savoir.
Le Cd qui vient de paraître est J'apprends avec Donami ; c'est, en quelque sorte, une refonte du Cd qui est précédemment sorti. Actuellement, nous avons J'apprends avec Donami, Maternelle 1 et 2.


Hervé Alladayè


Donc, le contenu repose entièrement sur le programme scolaire développé aujourd'hui dans les classes de la maternelle. Nous projetons de réaliser d'autres Cd pour chaque classe, jusqu'en classe de Cm2 ; c'est en cours de travail actuellement, ce sera bientôt prêt.



Combien coûte ce nouveau Cd, J'apprends avec Donami, Maternelle 1 et 2 ?

Il est à la portée de toutes les bourses et le prix a été revisité de façon à être accessible à tout le monde ; le Cd est à 1500 F Cfa et est disponible un peu partout sur toute l'étendue du territoire béninois.


Le Cd, "J'apprends avec Donami" ...



Et la cible ?

Le Cd est destiné aux enfants de la maternelle ; les enfants du Ci qui ont un niveau assez bas peuvent aussi le suivre afin de rehausser leur niveau, d'améliorer leurs connaissances.
Mais, la cible primordiale, c'est vraiment les parents qui doivent faire attention à la progression de leurs enfants dans ces petites classes ; ils doivent acquérir ce Cd pour leurs enfants parce qu'aujourd'hui, il faut le souligner, la chicotte n'est plus d'actualité, on ne peut plus frapper l'enfant pour l'amener à apprendre, on ne peut que motiver l'enfant.
Et, cette motivation, c'est déjà de lui offrir ce qu'il étudie en classe, c'est de le lui offrir sous forme audiovisuelle, donc, de manière assez ludique, pour qu'il puisse s'amuser en apprenant.


Si un parent achète J'apprends avec Donami, que peut-il espérer y trouver pour la formation intellectuelle de nos petits bouts de chou ?

Comme je le disais tout à l'heure, c'est l'ensemble du programme de la Maternelle. Par exemple, nous avons l'alphabet complet A-B-C-D- ...., qu'il apprend, ensuite, il apprend à reconnaître et à lire 1-2-3-4- .... jusqu'à 10 et, il apprends à écrire jusqu'à 5.
On trouve aussi dans ce Cd le graphisme des formes, des bâtonnets, des tirets, des colimaçons, ... C'est donc la petite fille du nom de Donami qui apprend tout cela aux enfants. Du coup, l'enfant est plus à même de suivre ce que la petite fille lui donne comme indications.
Au-delà de cela, il apprend à découvrir les animaux sauvages, les animaux domestiques, les animaux de son milieu, parce que, il y a la basse-cour, par exemple, dans laquelle il y a la poule, le coq, ... ; il arrive à reconnaître ces différents animaux-là, ceux de son entourage immédiat. Globalement, c'est cela.


Quels sont les éléments d'innovation par rapport au premier Cd ?

Le premier Cd était resté fixé seulement sur l'apprentissage à l'alphabet, et sur le compte de 0 à 10 ; on a constaté que beaucoup de gens se sont plaints en disant que ce serait bon qu'on étoffe cela davantage et qu'on y apporte des notions que le tout-petit rencontre à l'école, c'est-à-dire la différenciation au niveau des nombres, notamment.
Donc, on a dû réorienter nos ambitions vers cette forme de scolarisation de nos contenus ; c'est l'école qui est en priorité aujourd'hui dans nos contenus : c'est exactement ce qu'ils apprennent à l'école qu'on rend de façon ludique.



Un appel à nos lecteurs ?

Je voudrais lancer cet appel aux lecteurs et aussi aux vidéastes. En fait, ce Cd a été produit pour créer un certain engouement chez l'enfant.
Donc, je demanderais aux parents de faire le détour et d'acheter ce Cd afin de susciter un certain éveil chez l'enfant très tôt, parce qu'à force de regarder et de répéter, l'enfant apprend, un peu comme dans une forme d'hypnose et il retient très facilement, il n'a pas besoin de faire un effort particulier ; tout est intégré en lui, ce que le maître lui dira à l'école sera juste un rappel.
En outre, pendant les vacances, alors qu'ils sont distraits, c'est toujours bien de leur faire voir ce Cd, de temps à autre, afin qu'ils recommencent l'année scolaire avec, encore fraîches dans la tête, les notions qu'ils auraient eues, l'année écoulée ; ils seront alors performants à l'école.


Tout sur "J'apprends avec Donami" d'Hervé Alladayè ...



Et les points de vente du Cd ?

Les points de vente sont un peu partout sur le territoire national du Bénin : dans les librairies à Cotonou, telles que Notre-Dame, Buffalo, Le Bon Berger, dans les feux tricolores, dans certaines écoles qui ont déjà aimé et adopté le produit, et qui le distribuent directement aux parents d'élèves qui sont avec eux, c'est aussi à Bohicon, à Parakou, dans les kiosques de vidéo, à la Librairie Saint-Paul, et aussi à Natitingou, à la Librairie Dipada. C'est donc sur toute l'étendue du territoire national.

Réalisation : Marcel Kpogodo

mercredi 1 décembre 2010

Dessin animée au Bénin

L'interface du Carica show





Pour décrisper l'atmosphère politique






Hodall Béo sort le Carica show

Hervé Alladayè, Caricaturiste béninois




Hervé Alladayè, alis Hodall Béo, est l'un des caricaturistes les plus en vue de la presse écrite au Bénin. Après plusieurs années d'expérience, il vient de produire Carica show. Vendue à 1500 Francs Cfa, cette oeuvre audiovisuelle porte à l'écran des caricatures des hommes politiques béninois. Carica show nous offre, en outre, 45 minutes d'un ton débridé, sracastique, et met enexergue la situation politique actuelle du Bénin avec, en ligne de mire, les élections de mars 2011. Chaque camp politique en prend pour son grade et, ce, toujours dans une ambiance bon enfant. Carica show présente une revue de presse avec beaucoup de dérision, de même que ''Carica actu'' et le ''Gros dossier'', entre autres. Hervé Alladayè, qui vient ainsi de signer son premier film d'animation, a reçu, en 2009, le premier Prix du Concours du dessin de presse, décerné par l'Ambassade la République fédérale d'Allemagne près le Bénin.Il également l'auteur, depuis logtemps, des caricatures publiées dans l'Agenda de la presse du Bénin.



Bernado Houenoussi

samedi 10 avril 2010

Culture et politique au Bénin

Galiou Soglo, Ministre béninois de la Culture




Bilan de quatre ans de pouvoir de Boni Yayi


Des artistes donnent leur opinion

Si tous les domaines ont été, d'une certaine manière, investis par le régime du Changement, celui de la culture manifeste une grande particularité en ce qui concerne l'intérêt du pouvoir pour ce secteur. Ainsi, quelques artistes donnent leur opinion de l'impact qu'aurait pu produire le Changement sur le secteur de la culture.

Erick-Hector Hounkpè,artiste-poète, déclamateur, homme de théâtre :

On doit reconnaître que quelque chose a bougé. Disons que Boni Yayi est venu après que tout a été par terre pratiquement et, donc, le peu qu’il fasse, c’est déjà grand. Dans ce sens, on doit reconnaître que c’est avec lui que les artistes et les créateurs ont bénéficié du milliard culturel, même s’il reste à épiloguer à propos de la gestion de cet argent-là ; ça reste un acquis. Aussi, on doit reconnaître que, sous ce gouvernement, on a subventionné et offert au public des spectacles, ce qui a fait travailler les artistes, ce qui leur a fait gagner de l’argent, même si on doit réfuter l’aspect que ce ne soit les musiciens souvent ; ce ne sont pas que les musiciens qui soient des artistes, il y a des plasticiens, des hommes de théâtre, des écrivains, des poètes, ainsi de suite. Par exemple, on aurait pu aussi subventionner des créations, des pièces de théâtre qu’on fasse circuler et qui aillent rencontrer les populations dans les localités. Ces choses ne se sont pas vues. Donc, on peut reconnaître que, même si on n’a pas eu les changements escomptés, on est – c’est déjà beaucoup dans ce secteur – dans cette illusion de changement ; on est dans des acquis qui permettent d’espérer un lendemain plus ou moins costaud, plus ou moins heureux. Cela dit, on aurait aimé mieux, parce qu’on estime que le Chef de l’Etat, c’est quand même un Docteur, c’est quand même quelqu’un qui a de la stature, vous voyez, comme au Sénégal, comme en Côte d’Ivoire, comme ailleurs où, dans une délégation officielle en déplacement, on voie un artiste ; c’est important : cela donne des clins d’œil aux créateurs, cela donne des clins d’œil en ce sens qu’ils se disent qu’ils sont considérés dans leur pays. De toute façon, on ne peut pas asseoir la diplomatie d’une nation à l’exclusion des créateurs, parce que ce sont eux qui, d’abord, donnent un rayonnement international à une nation et, on doit profiter de ce qu’ils génèrent pour améliorer l’image de marque de notre pays.


Je reconnais qu’il y a des changements positifs dans le secteur des arts. Autre chose : même si le Programme de soutien aux initiatives décentralisées (Psicd), désormais défunt, n’a pas été conçu sous le règne du Président Boni Yayi, c’est sous lui qu’on é exécuté ce premier mandat et, c’est quand même quelque chose d’important, c’est quand même un financement assez conséquent et lourd dont ont bénéficié des créateurs locaux, des Béninois et qui ont mis en route des projets immenses çà et là, que ce soit des festivals, que ce soit du hip-hop et autres, que ce soit des expositions pour donner de la lisibilité à ce qui se crée de meilleur dans le pays. Aujourd’hui, c’est vrai, on a reformulé ce programme sous la vaste enveloppe de ’’société civile et créateurs’’ ; je dis : c’est dommage, parce que le fait de mettre les créateurs à part nous donnait une certaine identité. Autre chose : je pense que c’est quand même sous son règne que les créateurs sont de plus en plus reçus à part ; ce n’est pas le magma de la société civile. C’est des gestes simples mais qui donnent le signal aux artistes, aux hommes de culture qu’ils existent. Et, je pense que nous devons, à l’avenir, veiller à approfondir ces genres d’acquis, qu’il y ait des artistes dans les délégations officielles, que les prix du Président de la République fleurissent, que ce soit en littérature, au théâtre, en musique, ainsi de suite, que des événements importants soient portés et subventionnés par le Gouvernement, qui permettent non seulement la révélation des talents, mais la démarche à l’exportation de ce que nous avons, parce que, croyez-moi, rien que pour ce que j’observe, ce pays dispose d’énormément de talents en matière de création, de couturiers, de stylistes, des artisans, des musiciens, d’immenses talents que les pays nous envieraient si on le mettait en valeur ; les autres n’ont pas mieux qu’ils chantent, qu’ils valorisent et autour desquels ils ameutent le monde en terme de tourisme. Il nous faut entrer dans cette logique, encore que nous en ayons beaucoup nous autres, il nous faut faire en sorte que les hommes de théâtre aillent jouer à la Présidence de la République des spectacles qui critiquent le Gouvernement, pour que le Gouvernement, tout assis, suive, que ce ne soit pas dans la rue qu’on le critique, que ce soit les créateurs qui le critiquent.


Je dois aussi reconnaître que, même si la tendance a commencé depuis les gouvernements antérieurs, l’insertion des animations culturelles au cœur des séminaires, est devenue systématique dans les ministères et les institutions, c’est quand même un atout ; moi, je suis créateur, ça me fait vivre. En même temps que ça me fait vivre, ça redéfinit mon profil aux yeux de mes compatriotes, j’exerce, j’ai l’espace pour exercer, je suis sollicité.


Je crois que le Gouvernement actuel, en matière de culture, fait un peu mais, nous le savons, tant qu’il reste à faire, eh bien, on ne peut pas gloser, chanter ce qui est fait ; je crois que c’est acceptable.

Hervé Gigot, artiste-plasticien béninois :

Le Changement ? Moi, je ne peux pas parler de changement, parce que je vais parler de ce que je sais, de ce que je maîtrise, c’est le monde des artistes-plasticiens. Je ne pense pas qu’il y ait un changement ; je pense peut-être qu’on a appelé quelques-uns, qu’on a parlé à quelques-uns et puis, les autres sont restés à l’arrière. Mais, le jour où je parlerai de changement par rapport au statut de l’artriste-plasticien que je suis, c’est lorsqu’un président viendra et qu’il dira : « Je vais construire quelque chose, un siège où les artistes-plasticiens vont se retrouver », comme on a fait, je pense, pour les hommes de théâtre ; ils arrivent à se retrouver à un endroit, ils font du théâtre, tout ça ; si on pouvait avoir un siège où on pourra dire qu’on a eu ce siège, qu’on a bâti ce siège pour les artistes, où on pourra se retrouver, où on pourra dire que c’est là que les artistes-peintres se retrouvent, le jour où on aura un endroit comme ça, on pourra dire que quelqu’un est arrivé pour changer quelque chose à notre niveau. Si c’est au niveau de la culture en générale, sûrement, on a fait quelque chose pour les ballets, le théâtre, les musiciens mais, pour l’art plastique, je ne crois pas que quelqu’un, depuis Kérékou, ait fait quelque chose.

Le changement ? Je ne crois pas qu’à notre niveau, il y ait eu changement et, c’est toujours le personnel, chacun travaille de son côté, on n’a pas d’association, on a essayé de faire une association qui n’a pas tenu parce que ceux pour qui on a voté n’ont pas tenu parole, ils n’ont pas fait ce qu’ils ont à faire ; je pense qu’il n’y a pas de changement. Déjà, c’est qu’on puisse faire notre métier convenablement, qu’on se retrouve bien dans notre peau, parce qu’on fait notre métier avec amour ; le reste, je laisse ça aux politiciens.


En réalité, quand je vois autour de moi, ça bouge, il y a des travaux ; nos routes et nos quartiers changent, des efforts se font, nous avons un Président qui a des idées. Est-il bien entouré ? Le conseille-t-on bien ? Existe t-il un homme en ce monde qui n’écoute personne, comme on le dit de lui ? Cela n’existe pas.


Au début, nous avons tous épousé l’idée du changement proposée par Yayi Boni, mais nous avons oublié les efforts et les sacrifices qui vont avec. Peut-on bâtir sur du vieux ou raser et faire du neuf ? Qu’est-ce qui est plus solide ? Soyons honnête et reconnaissons qu’il y a du changement, minime soit-il ; tout le reste n’est que politique, triste politique, égoïsme politique. Ne nous laissons pas manipulés par ces politiques qui ne pensent qu’à leur petite personne. On va nous faire croire qu’un autre candidat sera meilleur et fera mieux que Yayi. Erreur ! Il ne fera que ce qu’il pourra et, ceci, sous la pression de ceux-là qui l’ont fait venir et ils n’attendront de lui qu’une part de gâteau. Un cercle vicieux. Et, ce sera ainsi tous les 5 ans si nous nous endormons et laissons ces politiques décider pour nous.


Le Président n’est pas le messie, il a ses défauts, ses qualités, c’est juste un homme comme nous ; laissons-le bosser, collons-lui la paix ! Qui n’a jamais détourné, lui jette la première pierre ! Je ne fais pas la politique et aucun politicien de ce pays ne me donne envie d’en faire ; ils me donnent tous envie de vomir ! Des menteurs et des lâches qui ne sont pas un exemple pour les jeunes.


Je voudrais passer un message : la culture, ce n’est pas seulement le théâtre, le ballet national, la musique, c’est aussi l’art plastique. Mais, il y a une certitude : si nous sommes ignorés, c’est de notre faute ; pas d’organisation, pas d’unité, éparpillés. Donc inexistants dans le monde culturel. Pourtant, nous faisons partie des plus grands ambassadeurs de ce pays.


Hodall Béo, caricaturiste et bédéiste :

Le Changement de Yayi Boni, je ne sais pas ce que ça donne aujourd’hui et, je crois qu’il va devoir faire plus attention et moins improviser. Dans le domaine culturel, je crois quand qu’il y a une certaine avancée ; on a parlé du milliard culturel, mais est-ce que les personnes qui sont tenues d’exécuter ces projets-là sont les bonnes personnes ? Le problème, c’est en fait les personnes qui doivent travailler à faire exécuter les projets, ce qui amène la question de la bonne personne à la bonne place. Donc, si tant est qu’on condamne souvent les anciennes méthodes et qu’on n’a pas changé les personnes, les méthodes ne changeront pas non plus, puisque les mêmes personnes sont toujours en place. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de changer les mentaux qui sont à ces niveaux décisionnels, pour que le Changement soit visible, au niveau de la culture, par exemple.



Propos recueillis par Marcel Kpogodo