vendredi 20 février 2026

Rafiy Okéfolahan avait dialogué avec des enfants

Par sa résidence à L’Espace Culturel Le Centre

Rafiy Okéfolahan est un artiste peintre béninois. Il avait effectué une résidence de création à l’Espace Culturel Le Centre. Il a accueilli, à cette occasion, le public du quartier de Lobozounkpa, à Abomey-Calavi. C’était pour une rencontre-discussion. Elle a eu lieu le mercredi 7 janvier 2026. L’artiste en avait profité pour échanger avec des enfants. Il leur a parlé de son processus de création.


Rafiy Okéfolahan, devant, dans ses explications à ses jeunes auditeurs

« Avant de peindre, il faut choisir le support. Sans support, il n’y a pas de peinture. Ici, moi, j’utilise des toiles ». Les premiers mots de la présentation de sa démarche créative par Rafiy Okéfolahan à ses tout premiers visiteurs, des enfants venus découvrir, le mercredi 7 janvier 2026, l’atelier de l’artiste en résidence de création, à l’Espace Culturel Le Centre, sis quartier de Lobozounkpa, dans l’arrondissement de Godomey, de la commune d’Abomey-Calavi.

L’artiste a adopté une méthode pédagogique afin de faciliter la compréhension de son message. « Ensuite, il faut préparer le support », a-t-il poursuivi. Il a donné des précisions sur le matériel de création de ses œuvres. Il a évoqué l’acrylique, la peinture à huile et la peinture à eau. Il a aussi montré les variantes et le rôle des couleurs qu’il utilise. Il est, alors, passé à une autre étape.

« Sur la toile apprêtée, je dessine, selon ce que je veux obtenir, la silhouette ». Il a continué, par ces propos, montrant à ses auditeurs un fusain. De manière interactive et illustrative, il a fini par la coloration du dessin. Puis, il s’est à nouveau exprimé. « Je choisis des pinceaux en fonction de leur taille, selon le dessin à colorier », a-t-il repris. « Et je sélectionne différentes couleurs pour colorier le dessin », Il a abordé, en outre, le sens de ses créations. « L’artiste exprime toujours quelque chose à travers sa création ». Rafiy Okéfolahan donnait ces détails, se tenant devant l’un de ses tableaux. Il en a dévoilé le sens. « J’ai peint cette toile pour parler des offrandes ». Après qu’il a parlé, les jeunes visiteurs lui ont posé des questions. Ses réponses lui ont permis de parler du fixage des toiles et de leur séchage.

Par ailleurs, il est intervenu sur la place du numérique dans sa démarche. « En plus de nos cultures et des faits de société, je m’inspire d’Internet ». Il a ajouté un conseil à l’endroit des jeunes curieux. « Utilisez Internet de façon consciente. C’est comme un couteau », a commencé l’artiste. « On peut utiliser le couteau pour cuisiner de bons plats. À l’inverse, il peut vous blesser ». Son avertissement a bien résonné chez les jeunes visiteurs. « Je trouve que le conseil de l’artiste concernant Internet est un enseignement. Il nous informe sur les bonnes conduites », a confié Alvyne Dagbozoun. Selon Nurath Salako, 10 ans : « J’ai aimé la manière dont l’artiste dessine les animaux et les boissons ».



Sens d’une résidence


La résidence artistique de Rafiy Okéfolahan s’inscrivait dans le cadre de son projet, ’’Origines’’. Il y était soutenu, dans sa réalisation, par le Fonds de Développement des arts et de la culture (Fdac). Cet appui fut opérationnalisé par l’Agence de Développement des arts et de la culture (Adac). Il s'agit d'une institution exerçant sous la tutelle du ministère du Tourisme, de la culture et des Arts (Mtca) du Bénin. Ce soutien a permis à l’artiste de mener des recherches, d’expérimenter et de produire des œuvres sur une certaine durée. Le projet avait abouti à l’exposition, ’’D’artificielles Origines’’. L’Espace Culturel Le Centre était l’un des partenaires de l’événement.



Rafiy se révèle ...


Les enfants ont fini de découvrir l’atelier et la démarche de Rafiy Okéfolahan. L’Espace Culturel Le Centre s’est métamorphosé. Les enfants étaient partis. La soirée s’était installée. Il a fallu changer de décor. Un autre public a pris place. Voilà la rencontre-discussion. Rafiy Okéfolahan devait répondre aux questions d’une personne. Il s’agissait de Mora Gaba, chargé de communication de l’Espace.


Rafiy Okéfolahan, au cours des échanges ayant permis de mieux de le faire connaître du public adulte

L’artiste a expliqué avoir débuté sa carrière en 2005 à Cotonou. Il a participé, pour la première fois, au festival, ’’Boulev’art’’. Il avait été organisé par l’artiste contemporain, Dominique Zinkpè. En classe terminale, il a intégré un collectif de rappeurs. Sa passion pour l’art l’a amené à Dakar, au Sénégal, en 2006. Il y a participé à la Biennale de Dak’art. Cet événement s’est révélé une étape déterminante dans son parcours. Son séjour avait aussi été marqué par une expérience académique. Il a passé une année à l’École nationale des Arts de Dakar. Elle a nourri sa pratique et son regard. Il s’est rendu compte d’une réalité importante dans la capitale sénégalaise. Il y existait plusieurs programmes et des infrastructures permettant aux artistes de développer leurs compétences. Trois années après, il est revenu au Bénin. Il s’était trouvé enrichi d’un nouveau rapport à la création et à l’environnement artistique.

Dans ses œuvres, Rafiy Okéfolahan traite des réalités socio-économiques. Il les exprime par une abondance de couleurs vives. En 2019, il a créé la galerie, ’’La grande place’’. Il l’a installée à Porto-Novo, sa ville natale. Aujourd’hui, il vit et travaille entre le Bénin et la France.

Il est revenu sur son projet du début de l’année, 2026. Au bout de six semaines de travail, il a exposé ses œuvres, comme prévu, à travers l'exposition, ’’D’artificielles origines’’. Le vernissage en avait eu lieu le 16 janvier 2026 à l’Espace Culturel Le Centre. La monstration a servi d’une opportunité remarquable au public. Il y a découvert le fruit de plusieurs mois de recherches, de dialogues et de création. Ils ont pris corps sur le même lieu de la résidence de création de Rafiy Okéfolahan.

Léandre Houan / Marcel Kpogodo

mercredi 24 décembre 2025

Les premiers petits finalistes bientôt connus

Pour la deuxième édition de ’’Hwénouxo’’


L’association artistique et culturelle béninoise, “Déwui”, a mis en place le festival, ’’Hwénouxo’’. Il s’agit d’une compétition destinée aux écoliers conteurs. Sa deuxième édition aura lieu en 2026. Il a donc été organisé une séance de présélection. Elle s’est tenue le samedi 20 décembre 2025. L’école primaire publique de Cadjèhoun, à Cotonou, a abrité l’événement. Les membres du jury détermineront les premiers candidats qualifiés pour la finale.   


Photo de famille de la présélection de Cotonou

Ils seront moins d’une dizaine à franchir le cap. Ce qui ressort du principe de déroulement de la deuxième édition du festival, ’’Hwénouxo’’, une compétition de diction de contes par des écoliers, dont la présélection, pour une grande finale très attendue, s’est effectuée le samedi 20 décembre 2025, en matinée et en après-midi, à l’école primaire publique de Cadjèhoun, à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

24 écoliers étaient candidats. Ils représentaient des établissements primaires du public et du privé. Ils devaient dire un conte de leur choix. Ceci devait être extrait d’un recueil de 7 contes. Il est intitulé ’’Les plus beaux contes de mon enfance’’. Ce livre en est le tome II. Le Franco-béninois, Aymar Nani, en est l’auteur.

Plusieurs critères devaient permettre de départager les enfants conteurs.

De gauche à droite, Côme Kpakpo et Souléman Laly

Il y avait, d’abord, la maîtrise du texte, le regard et la posture. Ensuite, la gestuelle, la confiance en soi et la capacité à accrocher le public comptaient. Les candidats devaient aussi démontrer qu’ils comprenaient la morale de l’histoire.

Souléman Laly et Côme Kpakpo constituaient le jury évaluateur des candidats. Le premier en est le président. Il exerce comme comédien-conteur. Il est aussi formateur de la Caravane des Enfants conteurs du Bénin. La seconde personnalité est directeur d’école et conseiller pédagogique. A la grande finale annoncée, d’autres critères s’appliqueront. Le jury vérifiera la diction dans la langue maternelle. Il contrôlera aussi la bonne maîtrise de la chanson porteuse du conte. Il se préoccupera enfin de la bonne connaissance de ’’Déwui’’. Elle est l’association artistique et culturelle organisatrice du festival, ’’Hwénouxo’’.



Profonde inculturation


’’Hwénouxo’’ et ’’Déwui’’ sont un système. Ils signifient, respectivement, ’’Conte’’ et ’’Mère universelle’’, ’’Femme bienfaitrice’’. Ces mots caractérisant l’événement culturel sont dits en langue du fon. Elle est majoritairement parlée au Bénin. Le festival et l’association l’organisant s’enracinent en terroir béninois. Aymar Nani, le géniteur du projet, le veut ainsi. L’exercice de l’art du conte ne constitue pas un simple divertissement. Le festival est un moyen pour diffuser et immortaliser les valeurs morales. Celles-ci proviennent authentiquement du Bénin dans ses repères traditionnels universels. L’acteur culturel l’a clairement fait comprendre. C’était au cours de la cérémonie d’ouverture de la compétition. Pour lui, cela est remarquable. « L’Association artistique et culturelle, ’’Déwui’’, promeut l’identité et les valeurs endogènes béninoises ». Il en est venu à une préoccupation fondamentale. « Sans nous connaître, comment voudrions-nous que les autres nous connaissent ? ».


Aymar Nani, au cours de son intervention

L’engagement d’Aymar Nani se fonde sur son évolution personnelle. « J’ai longtemps vécu en Europe », s’est-il ouvert. Il a poursuivi : « Bi-national, je ne serai jamais comme un Français d’origine ». Réaliste, il recourt au conte pour un objectif déterminé d’avance. Il en fait un canal pour réactiver les principes éthiques en perdition. Elles sont relatives, notamment, au respect et à l’honnêteté. « Aucune nation n’a évolué sans des valeurs fondamentales », a-t-il conclu.



Objectif : Institut français de Cotonou !


Deux autres activités de présélection se dérouleront, les mois prochains, en 2026. Elles concerneront, respectivement, les communes de l’Atlantique et de l’Ouémé. Au total, un peu plus de trois cents candidats auront connu un parcours ardu. Deux mini-phases, dans leur établissement d’origine, les auront qualifiés pour la présélection générale. Les écoliers conteurs élus connaîtront une phase de formation plus exigeante. Elle abordera la prononciation, les chansons et le récit en langue maternelle. Dix concurrents, en fin de tamis, vivront la grande finale. Ils s’affronteront, le 30 août 2026, à l’Institut français de Cotonou.

Léandre Houan / Marcel Kpogodo