dimanche 9 août 2020

Exposition "Le monde fond" : Achille Adonon, intraitable et profondément humain

Dans le cadre de son exposition au "Centre" de Godomey

La galerie du "Centre" de Godomey a accueilli le vernissage de l'exposition intitulée "Le monde fond" de l'artiste plasticien, Achille Adonon, le vendredi 7 août 2020. Cette présentation du fruit de plusieurs mois de production est ouverte depuis le 8 août et suscite l'intérêt, vu l'abondance et la profondeur des oeuvres que le jeune créateur fait découvrir, dans un état d'esprit de fidélité à lui et d'empathie.


"Le chaos"

Achille Adonon est une sérénité couvant tristesse séculaire et amour de l'humain. Ce qui explose à travers 47 pièces réparties en 4 catégories et par une magistrale installation, un ensemble varié qu'il est important d'aller découvrir dans les quatre compartiments de la galerie du "Centre", sis quartier de Lobozounkpa, à Atropocodji, dans la commune d'Abomey-Calavi, depuis la soirée du vendredi 7 août 2020 où a eu lieu le vernissage de l'exposition, "Le monde fond", réalisée par l'artiste plasticien de la nouvelle génération, Achille Adonon.


" "Le monde fond" est l'histoire d'un petit village appelé le temps", explique-t-il, dès qu'il lui est donné de dire un mot sur la séance de présentation d'un nombre impressionnant d'oeuvres relevant d'une inspiration dans laquelle il a commencé à puiser depuis novembre 2019. 


Le village concerné est traversé par un grande rivière calme mais au fond tumultueux, une rivière à travers laquelle l'on navigue pour s'ouvrir à une lecture peu flatteuse ni reluisante du fonctionnement du monde frappé par des bouleversements apocalyptiques trouvant leur source dans la perversion de la mentalité humaine qui a laissé le temps lézardé de calamités, d'épidémies, de bouleversements et, entte autres, d'actes de grande immoralité.


Ceci n'a pas de quoi réjouir ni épanouir Achille Adonon, d'où la matérialisation de son sentiment de compassion par des couleurs discrètes. 


Afin de riposter contre les abus de l'homme sur la nature, l'artiste se saisit d'une entité aussi fondamentale qu'irrépressible et intemporelle, l'enfant, qu'il travaille à sauver, surtout que, particulièrement, cet être fragile est délaissé, "abandonné" et qu'il mérite qu'on lui redonne "vie et espoir".


Ce genre d'être humain, Achille Adonon le symbolise par la chaussure entière ou en "rebut" qu'il récupère, qu'il retravaille ou qu'il assemble à d'autres, qu'il peint, selon ce qui lui dicte son inspiration. 


Sans doute, l'enfant manifeste une grande proximité avec l'énergie qui l'habite, qui le motive et qui le fait se mouvoir à des actes de vie, cette force que l'artiste récupérateur localise opportunément au niveau des membres inférieurs : "La force de l'homme vient des pieds", explique-t-il, précisant le fondement de l' "assemblage" de chaussures ou de leurs rebuts : la conjonction, la fusion des énergies.


Et, dans une logique de rappel aux humains de leur petitesse essentielle, Achille Adonon projette la pérennisation de l'esprit de l'enfant : "Quel que soit son âge, l'être humain reste un enfant pour ses parents". 


Et, avec l'omniprésence de la chaussure dans l'exposition, c'est un orphelinat spirituel que l'artiste bâtit pour l'enfant en appelant à de l'amour et à de la protection de l'enfant, c'est un appel discret et vibrant qu'il lance à l'homme et à la femme, comme à en revenir à la dimension salvatrice de l'enfant en gérant la planète et en exploitant ses potentialités, ses richesses, avec une innocence qui préserve la terre, qui lui donne les moyens de se regénérer. 

Achille Adonon, au cours du vernissage ...

Par conséquent, Achille Adonon, inspiré, produit un Achille Adonon protecteur de l'enfant, un Achille Adonon, récupérateur, un autre, peintre, un autre encore, sculpteur, et, enfin, un Achille Adonon, magistral installateur, à travers l'oeuvre, "Le chaos", qu'il faudrait tout sacrifier aux fins d'une découverte, d'un décryptage et d'une auto-instruction sur les observations d'un jeune artiste contemporain béninois, profondément imprégné des défis de son époque, ceux-ci se centrant autour du retour de l'homme à sa vraie nature, autour de la conservation de l'environnement. Il est souhaitable, en outre, pour le public, d'aller voir "Le chaos" afin de comprendre de quelle manière elle conquiert en elle toute l'exposition.


Voilà le résultat d'une laborieuse et, apparemment, éprouvante aventure spirituelle, intellectuelle, psychologique et physique d'un Achille Adonon qui, pourtant, au vernissage, était d'une telle fraîcheur, pour un accouchement digne d'intérêt, pour une création d'une abondance respectable, pour une exposition diversifiée, riche et irrésistible qui se tient jusqu'au 31 octobre 2020. 


Marcel Kpogodo

lundi 27 juillet 2020

Porto-Novo, 8ème ville du Bénin sensibilisée par les artistes sur les règles barrière contre le coronavirus

Dans le cadre des activités de l’Enakpami 2

Organisée par la 2ème Expérience nouvelle d’Assistance kyrielle aux plasticiens pour leur ascension via le multimédia et l’internet (Enakpami 2), une exposition mobile vient d’atterrir à Porto-Novo depuis le dimanche 26 juillet 2020. En effet, la place ’’Toffa 1er’’ abrite la présentation de près de 200 œuvres réalisées par des artistes en devenir, dans le but d’une sensibilisation à grande échelle de la population à l’observation des règles barrière de lutte contre le coronavirus.

Aperçu de la présentation des oeuvres artistiques à la place "Toffa 1er" à Porto-Novo

38 artistes, pour une réalisation de 144 œuvres. La grande moisson des productions qui ont été conçues, sous le couvert de la 2ème Expérience nouvelle d’Assistance kyrielle aux plasticiens pour leur ascension via le multimédia et l’internet (Enakpami 2), aux fins de sensibiliser les populations béninoises à respecter les règles barrière contre le coronavirus, et qui sont dévoilées aux habitants de Porto-Novo, la Cité aux trois noms, depuis le dimanche 26 juillet 2020. 


Ce sont alors 21 artistes plasticiens de sexe masculin, 8, de sexe féminin et 9 en situation de handicap, des créateurs en puissance d’œuvres de l’esprit, des jeunes, qui ont l’occasion de faire découvrir le fruit de leur inspiration. Tout se déroule à la place ’’Toffa 1er’’, selon un projet bien précis : « Exposition itinérante de photographies et de vidéos d’art dans 10 villes du Bénin ».


Etaient présents au lancement de l’opération dans la ville-capitale Wilfried Romaric Boko, président de la Fédération des Associations professionnelles des artistes plasticiens de l’Ouémé et du Plateau (Fapapiop) et, notamment, Franciscain Laurent d’Oliveira, président de la Fédération des Associations d’artistes plasticiens du Bénin (Faap). 


Les Portonoviens et les habitants de passage dans la Cité des ’’Aïnonvi’’ disposent jusqu’au mardi 28 juillet 2020 afin de visiter l’exposition, co-financée par ’’Culture at Work Africa’’ et l’Union européenne, avant qu’elle n’aille dans ses deux dernières villes de destination, Cotonou et Allada.


Marcel Kpogodo