lundi 11 juillet 2016

Edwige Chekpo, une randonnée poétique au pays natal

Dans le cadre d’une conférence tenue à l’Institut français de Cotonou


L’auditorium de l’Institut français de Cotonou a abrité une conférence publique, à l’initiative de la poétesse franco-béninoise, Edwige Chekpo. C’était le mardi 5 juillet 2016. Une occasion pour celle-ci de présenter ses ouvrages au public et de faire valoir sa vision de la création poétique.

Edwige Chèkpo, déclamant un poème, au cours de la conférence
’’La création poétique au service de la vie’’, dans ses 3 tomes. Les ouvrages qu’a présentés l’auteure poétesse franco-béninoise, Edwige Chekpo, à l’auditorium de l’Institut français de Cotonou, dans l'après-midi du mardi 5 juillet dernier, sous le couvert d’une conférence publique portant, justement, sur le thème : « La création poétique au service de la vie : genèse, mouvance et orientations ». Parus, en cette année 2016, à la maison d’édition canadienne, ’’Fondation littéraire Fleur de lys’’, ces livres lancent, dans un premier temps, une pratique poétique essentielle, avant de procéder à une théorisation du processus de production.
C’est ainsi que, selon les propos d’Edwige Chekpo, le tome I de la trilogie, paru le 15 janvier dernier et intitulé, ’’La création poétique au service de la vie’’, s’articule sur 41 poèmes relevant du cru de sa propre inspiration, subdivisé qu’il est en 4 parties. Le fondement de cet accouchement artistique reste, selon l’auteur, le « processus du papillon », ce qui suppose 3 aspects différents et complémentaires : le point de vue physique, avec le processus lent et progressif de la chenille qui devient papillon, la dimension spirituelle de ce papillon, ce qui laisse entendre le symbole de la liberté et, enfin, la dimension esthétique se rapportant à la grâce, à la beauté et à la diversité.  

Les livres de la trilogie, ''La création poétique au service de la vie''
Dans la suite de ses explications, ce professeur de Français vivant en France et y capitalisant, en 2016, 21 ans d’exercice professionnel, a montré que le deuxième ouvrage de la trilogie indiquée porte un titre spécifique : ’’La verdure de la vie’’. Il est paru en mars 2016. Egalement découpé en 4 parties, il est constitué de 61 textes poétiques. En outre, dans ce recueil, l'auteure aborde la théorie des « 4 Vers et Vert de Soi (4VVS) », qui repose sur les 4 questions suivantes : « Ecriture vers Soi? Ou Envers Soi? Ou Revers de Soi? Ou encore Travers de Soi? ». En réalité, www.creationpoetique.comwordpress.com est le site Internet de la poétesse sur lequel peuvent en être obtenus plus d'éclaircissements.  

Un aperçu du public
Enfin, portée par la vocation naturelle de transmettre, Edwige Chekpo a conçu « Méthode des Vagues Mouvantes en Soi  (MVMS) », du titre du troisième tome de la trilogie, ’’La création poétique au service de la vie’’. Ce livre a été publié en mai dernier. « C’est une méthodologie créative permettant de comprendre comment apprendre à écrire des poèmes en s’amusant », a-t-elle expliqué au public venu l’écouter. A en croire ses réflexions, elle y expose 6 techniques donnant lieu à une expérimentation du « pouvoir miraculeux de l’écriture », celle-ci possédant la « vertu spirituelle » de « rendre vivants des mots ». Par ailleurs, le procédé proposé conduit à l'exploration de ce qu'en soi le lecteur peut aussi expérimenter la « MMVS », pour en comprendre, avec exactitude, la portée. Elément original du livre : la possibilité pour ce lecteur de se comporter en poète, de façon à produire ses propres textes, dans le livre, en suivant les indications données par l'auteure. « On ne reste pas toujours dans le même état de conscience, ce qui fait de la création poétique un moyen de sortir de soi », conclura-t-elle, édifiant le public sur le concept de la « mouvance » des « vagues en soi ».



Une réelle force symbolique

35 ans après avoir quitté son pays natal, Edwige Chekpo revient à lui, l’honorant de la primeur de la présentation de ses trois premiers ouvrages consacrés au genre poétique. Dans certains textes dont elle a partagé le contenu avec le public, par une ardente déclamation, au cours de la conférence qu’elle a animée, certains ont été respectivement consacrés à son feu père, André Chekpo, aussi Professeur de Français, aux villes de Montréal, d’Abomey, au roi Béhanzin et à Michel Aïkpé. Dans une atmosphère de performance artistique, la poétesse franco-béninoise n’a pas manqué d’initier la création instantanée, en 5 minutes, d’un poème par le public, ceci ayant porté sur "la beauté de la femme béninoise", sans oublier qu’une certaine jeune pousse a été invitée à dire des textes émanant d’une très précoce inspiration. Une bonne fête de la poésie béninoise de la diaspora, inventée par Edwige Chekpo qui entrevoit, en outre, de retrouver des apprenants du Collège d’enseignement général (Ceg) Sègbèya, un établissement scolaire de ses premiers moments d’enseignement bénévole au Bénin, et de revenir plus forte, cette fois-ci, des romans en mains.


Marcel Kpogodo     

vendredi 1 juillet 2016

Les réseaux Gsm dans le collimateur du ’’Mercredi rouge des artistes’’

Au cours d’une nouvelle manifestation de ce Mouvement


Le mercredi 29 juin 2016 s’est tenu un point de presse à l’initiative du Mouvement, ’’Mercredi rouge des artistes’’. L’événement se produisait à la salle de conférences du Bureau béninois des droits d’auteur et des droits voisins (Bubédra), sis quartier Vodjè à Cotonou. Etait à l’ordre du jour une certaine « escroquerie » dont les artistes béninois seraient victimes de la part des réseaux de téléphonie mobile.
Au centre, Patrice Adandédjan, au cours de son intervention
« Aujourd’hui, nous savons tous que les réseaux Gsm au Bénin ont des millions d’abonnés, et quand nous constatons, par un simple calcul, que ces réseaux nous grugent et nous escroquent en versant une somme minable de cinq millions (5.000.000 F) de Francs Cfa par an, sur des milliards que leur procurent les œuvres des artistes béninois, ça fait révolter ». Un extrait assez éloquent des accusations du ’’Mercredi rouge des artistes’’, à l’endroit des réseaux Gsm, le mercredi 29 juin, au cours du point de presse que ce Mouvement a animé, à la salle de conférence du Bureau béninois des droits d’auteur et des droits voisins (Bubédra), devant un nombre impressionnant de membres de cette organisation. Restant fidèle à cette ligne dénonciatrice, Patrice Adandédjan, Coordonnateur du ’’Mercredi rouge des artistes’’, assurant la parole au nom des membres du Mouvement, n’a pas manqué de continuer dans ses estimations : « Si, sur 3 millions d’abonnés, seulement 1 million d’abonnés téléchargeaient une seule chanson par an, nous avons un chiffre d’affaires, pour un seul morceau, d’un seul artiste, de 200 F x 1.000.000 d’abonnés, ce qui donne simplement une somme de 200.000.000 F Cfa, en un mois, et fait un total de 2 milliards 400 millions de nos francs, pour une année et, ceci va d’un réseau Gsm à un autre ». « Imaginez donc le nombre de morceaux que les consommateurs ont téléchargé et continuent, pour en faire leur sonnerie. Et ça, ce n’est qu’un simple calcul pour un seul morceau téléchargé par an, que vous venez d’entendre. Nous vous laissons faire votre propre calcul et vous laissons observer la vaste escroquerie dont font preuve ces réseaux Gsm », a ardemment continué l’orateur.

Les artistes ont fait un grand déplacement ...
Devant une telle situation, Patrice Adandédjan a adressé, avec une véhémence bien circonstancielle, une grosse mise en garde aux responsables de ces réseaux de téléphonie mobile, à qui il a réitéré l’accusation de faire un « usage abusif et anarchique » des œuvres des artistes, sans une « contrepartie équivalente et proportionnelle à leur exploitation ». Puis, il les a appelés à « revoir leur copie ».
En outre, le Coordonnateur Patrice Adandédjan a considéré le point de presse de ce 29 juin 2016 comme le moyen officiel pour le ’’Mercredi rouge des artistes’’ de porter à la connaissance du Chef de l’Etat, Patrice Talon, et du peuple béninois le problème de ce traitement économique fait par les opérateurs Gsm aux artistes, « afin que tous sachent que le non épanouissement des artistes béninois vient en partie de ces réseaux Gsm qui les exploitent et les grugent ».

... Occupant les moindres compartiments disponibles
Conséquence de cette évocation : l’invitation du Mouvement à tous les artistes béninois de toutes les catégories « à se tenir prêts pour toutes les actions publiques qu’il entend mener, dans les prochains jours, afin que cesse l’escroquerie abusive et destructrice des réseaux Gsm au Bénin ».
En marge de la nouvelle colossale dénonciation, Patrice Adandédjan, au nom des membres du Mouvement, portait un autre grief non moins épais contre les réseaux Gsm ; à cet effet, il n’a pas fait usage d’une langue de bois : « Comment peut-on comprendre que, dans un pays où ce sont les Béninois qui payent les recharges et enrichissent les réseaux Gsm, et quand il s’agit d’organiser des manifestations publiques, dans le cadre de la promotion de leurs produits et l’impression de leurs cartes de recharge, c’est surtout et, en grande partie, des artistes étrangers qui sont privilégiés et mieux traités ? ». « C’est inconcevable ! C’est inadmissible ! », s’est révolté le Coordonnateur, closant définitivement son propos sur les réseaux Gsm, entouré qu’il était de toute son équipe de travail, notamment, Ibrahim Padonou, le Coordonnateur adjoint du Mouvement, Yaovi Tossou, alias Nana Yao, le Secrétaire général, Blaise-Parfait Antonio, alias Bless Antonio, le Secrétaire à l’information et à la communication, Olga Nobre Vigouroux, alias Da Yovo, la Trésorière, Léon Hounyè, alias Sakpata Zogbo, le 3ème Organisateur, les 1er et 2ème étant, respectivement, David Houétchénou, alias ’’Vieux Caïman’’ et Hermann Quenum, alias ’’Fologozo’’.

Plusieurs membres du Bureau du Mouvement étaient aussi présents
Des applaudissements nourris, de la part des dizaines d’artistes présents parmi lesquels se trouvait le célèbre ’’Sweet Glory’’, ont accueilli ce fait pour le ’’Mercredi rouge des artistes’’ de mettre à nouveau le doigt sur une grosse plaie béante et puante. Le fort risque, un de ces matins, l’administration, dans notre pays, étant longue, lourde et inefficace : un gros tintamarre de concert bruyant, tonitruant et perturbateur devant le siège de l’une ou l’autre de ces sociétés de téléphonie mobile …

Marcel Kpogodo  

vendredi 24 juin 2016

Le Facto 2016, 6 catégories de participants pour une bonne programmation

A partir de la présentation de Gontran Jordy Mègnigbèto


Le mercredi 22 juin dernier a donné l’occasion de faire découvrir les grandes lignes de la tenue prochaine du Festival des arts, des cultures et du tourisme (Facto), par le biais d’une conférence de presse. C’était à l’initiative de Gontran Jordy Mègnigbèto, le Directeur de l’événement, à la petite salle de spectacle du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), à l’ex-Ciné Vog, à Cotonou.

A gauche, ci-contre, Gontran Jordy Mègnigbèto, au cours de la présentation de la programmation du Facto 2016 aux journalistes
10 groupes folkoriques, 10 compagnies de théâtre et de conte, 4 groupes de ballet, 1 groupe de musique, 10 exposants forains et plus d’une cinquantaine de touristes. La statistique révélée du déroulement inévitable du Festival des arts, des cultures et du tourisme (Facto), à travers la conférence de presse tenue par le premier responsable de cette manifestation annuelle, Gontran Jordy Mègnigbèto, le mercredi 22 juin 2016, dans l’une des salles de spectacle du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb). Selon lui, le Facto se déroulera du 4 au 10 août 2016, dans la Commune de Toffo, du Département de l’Atlantique.
Avec un objectif global restant de « faire des arts, de la culture et du tourisme un puissant outil de développement, en mettant l’accent sur l’économie de la culture », l’événement est organisé par l’Association culturelle, ’’Actions plurielles’’. Il connaît sa 3ème édition, en 2016, et se fondera sur 2 thèmes, l’un, artistique et, l’autre, purement social. Ce sont, respectivement, « L’économie de la culture dans le développement des nations », et « la prévention des fièvres hémorragiques à virus ébola et lassa ».
La programmation du Facto 2016
Concernant les participants à ce Festival, ils sont prévus pour être, d’une part et, de manière prévisionnelle, les habitants des 10 arrondissements de Toffo, parmi lesquels se trouveront piochés pas moins de 550 festivaliers qui seront des artistes, des artisans, des producteurs agricoles, des opérateurs économiques et des apprenants, entre autres. D’autre part, 200 invités sont attendus au Facto 2016 ; ils viendront de pays tels que le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Nigéria, le Togo, la France et le Canada.
A en croire toujours, Gontran Jordy Mègnogbèto, le Festival entend produire 5 niveaux d’impact, que ce soit au niveau des organisateurs de l’événement, des institutions, en général, de la commune d’accueil, des professionnels artistes et artisans, et, enfin, des sponsors qui se seraient manifestés. Pour un événement qui s’illustrera dans des domaines aussi divers que la formation, le théâtre, le ballet, le folklore, la foire artisanale et vivrière, la musique et le tourisme, notamment, il ne reste qu’à son Comité d’organisation à relever le défi d’un déroulement exemplaire.   


Marcel Kpogodo

jeudi 23 juin 2016

’’Africa sound city’’ : la nouvelle programmation trimestrielle disponible

Selon une information apportée par Jah Baba, le promoteur de l’Espace


Depuis quelques jours est rendue publique la nouvelle programmation d’ ’’Africa sound city’’, le Centre culturel mis en place par l’artiste musicien béninois, Jah Baba. Elle s’étend de juillet à septembre 2016.

La programmation de juillet à septembre 2016 de l' ''Africa sound city''
18 concerts de musique, 5 spectacles de fou-rire, 1 master class, 1 spectacle de ’’création musicale’’, 1 concert de lancement d’album et, enfin, 1 concert surprise. La substance des 28 dates que propose un trimestre d’une bien consistante programmation, celle du Centre culturel ’’Africa sound city’’, situé dans la rue en face de la ''Pharmacie Kindonou'', et administré par l’artiste béninois de la musique, Jah Baba. Elle court du 2 juillet au 30 septembre 2016 et, ce sont des noms bien confirmés de la musique béninoise, qui se voient offrir l’occasion d’une production sur scène : Nel Oliver, Zeynab, Rico’s Campos, Richard Flash, Norberka, Don Métok, Kalamoulaye, Max Sèdégan, Wily Mignon et Johnny Sourou, notamment.Jo
Ainsi, plusieurs sous-secteurs se trouveront exploités, de la musique traditionnelle à celle moderne à l’état pur, d’une part, et de la musique moderne d’inspiration traditionnelle, d’autre part, sans oublier l’afro-jazz, l’afro-beat, le gospel, le slam et, entre autres, la musique urbaine.
Selon Jah Baba qui a bien voulu se confier à nous, seuls les spectacles de fin de semaine, sont payants, à destination d’un public, le plus large possible. « Ma programmation est adressée à tout le monde, en général, et aux mélomanes, en particulier », nous a-t-il confié ; c’est un moyen de vendre ma culture et de contribuer au développement de ma nation », s’est-il préoccupé de commenter. En outre, à la question de savoir si cette nouvelle programmation s’était trouvée circonstanciellement adaptée à des vacances scolaires dont le caractère nettement palpable ne fait plus l’ombre d’aucun doute, Jah Baba a confié s’être inscrit dans une logique de travail purement ordinaire : « Il s’agit d’une programmation normale d’ ’’Africa sound city’’, car on la fait toujours sur 3 mois », a-t-il précisé. Ainsi, son appel au public ne s’est pas fait attendre : « J’invite les Béninois à sortir tous et à montrer qu’ils aiment leur chose ».



Jah Baba, un engagement intrinsèque à l’utilité


Si depuis 8 mois, l’Espace culturel, ’’Africa sound city’’ a été créé et laisse se succéder sur sa scène des créateurs musiciens, notamment, cette initiative relève de deux fondements cardinaux. D’abord, à en croire son initiateur et son promoteur, Jah Baba, il fallait combler un vide existant concernant la mise à disposition des artistes béninois d’un cadre d’expression de leur talent. « J’avais un souci, en tant que musicien et en tant que patriote : quand le musicien béninois travaille, il n’y a nulle part où il peut s’exprimer », s’ouvrira-t-il.  
Jah Baba
Deuxièmement, dans une vision purement altruiste, il était question de faire profiter à ses compatriotes aussi des fruits financiers de ses concerts à travers le monde : « Quand je vais en tournée et que je trouve de l’argent, je me pose la question de savoir ce que je peux faire pour que je ne sois pas le seul à en bénéficier ; c’est suite à cela que j’ai décidé de monter un cadre de rencontres, d’expression et d’échanges entre les artistes de toutes les catégories, qui font du vrai et du bon ».
Voilà le résultat de la projection de Jah Baba, un esprit aussi bien généreux que sélectif : l’ ’’Africa sound city’’. Un bijou de cadre d’exposition du talent des artistes qui s’y produisent. Un espace qui construit, au jour le jour, inexorablement, résolument, son efficacité pragmatiquement artistique, sa pertinence d’ordre logistique, que les grands noms du pays, dans le secteur musical, honorent de leur passage, validant que les musiciens béninois n’auraient été mieux servis que par un des leurs, par un Jah Baba à l’esprit de lumière. Aucun doute alors que, chemin faisant, la crème de la musique sous-régionale et internationale se fera un chemin à l’ ’’Africa sound city’’, l’immortalisant, par conséquent, dans la sphère des facteurs ayant contribué à faire de la musique béninoise une musique toujours plus demandée, à travers le monde.


Marcel Kpogodo      

Le ’’Mercredi rouge des artistes’’ fait valoir 6 exigences

Dans le cadre d’un point de presse tenu le mercredi 22 juin


Le mouvement dénommé ’’Mercredi rouge des artistes’’ a organisé un point de presse au Centre culturel chinois de Cotonou, dans l’après-midi du mercredi 22 juin 2016, le but en étant de rendre publiques 6 principales exigences d’un type complètement nouveau. Elles sont liées à la lutte contre la piraterie.

De gauche à droite, Gratien Yaovi Tossou, Patrice Adandédjan et Anicet Adanzounon
La majoration des fonds alloués à la Commission nationale de lutte contre la piraterie (Cnlp), la mise en exploitation de cet argent en faveur de la structure concernée, la création de ’’cellules de base’’ de lutte contre la piraterie dans les Départements du Bénin, la mise en place d’une ’’police artistique et culturelle’’ aux fins de ce combat, la matérialisation par le Ministre de la Culture du protocole d’accord de prélèvement de taxes, au cordon douanier, sur tout support amovible entrant sur le territoire national et, enfin, la concrétisation du principe de la hausse par les entreprises de téléphonie mobile des redevances sur les œuvres musicales. Ce sont les 6 revendications qu’ont fait valoir les membres du mouvement ’’Mercredi rouge des artistes’’, ce mercredi 22 juin 2016, au Centre culturel chinois de Cotonou, au cours d’un point de presse auquel ils ont conviés les professionnels des médias. L'intervention ayant permis d'évoquer ces préoccupations se déroulait en présence d'un bon nombre d'artistes.
Le thème au centre de la présentation n’a pas manqué de surprendre plus d’un journaliste présent, au souvenir des deux précédentes tonitruantes sorties de ce Mouvement pour se faire entendre par le Ministre de la Culture, Ange N’Koué, sur la nécessité d’associer les artistes à la base au débat sur les réformes en cours dans le secteur des arts et de la culture. Mais, anticipant sur ce sentiment des professionnels des médias, Gratien Yaovi Tossou, alias Nana Yao, Secrétaire du ’’Mercredi rouge des artistes’’, et unique intervenant de ce point de presse, a, en introduction à son propos, situé les choses, manifestant l’ancrage de cette structure dans la revendication, pour de meilleures conditions de vie de travail des artistes, ce qui l’a amené à préciser que les sit-in, les marches et les points de presse constituent les outils dont l’organisation usera pour garantir la veille citoyenne. Selon lui, par ailleurs, le ’’Mercredi rouge des artistes’’ ne se substitue pas aux associations, aux fédérations ni aux confédérations liées à l’univers des artistes. En dehors de Nana Yao, d'autres personnalités du Mouvement étaient présents au podium : Patrice Adandédjan, son Coordonnateur, notamment.

Une vue du public d'artistes ayant pris part au point de presse
Devant un tel nouveau cahier de charges, il ne reste qu’aux membres du ’’Mercredi rouge des artistes’’ à s’armer d’endurance et de stratégies novatrices, vu que des figures de proue de la musique béninoise se sont déjà attaquées au phénomène de la piraterie, sans parvenir à son éradication.


Marcel Kpogodo         

mercredi 22 juin 2016

« […] on n’a aucun intérêt à rater ce rendez-vous unique de la poésie », dixit Jérôme Tossavi

Dans le cadre de l’organisation de l'édition 2016 de la ’’Nuit poétique’’


La ’’Nuit poétique’’, un événement annuel dédié à la poésie, s’est véritablement imposé, dès sa première édition, en 2015. Jérôme Tossavi, le jeune dramaturge et poète béninois, qui en est le concepteur, aborde la tenue de la 2è, dès juillet prochain, à travers cette interview qu’il a accepté de nous accorder.  

Jérôme Tossavi
Journal ''Le Mutateur'' : Bonjour Jérôme Tossavi. Vous êtes le Directeur du Festival, ’’Nuit poétique’’, prévu pour avoir lieu le 9 juillet prochain, à l’Institut français de Cotonou. Qu’avons-nous au menu des artistes poètes ?

Jérôme Tossavi : La ’’Nuit Poétique’’ est une nuit de grande révélation poétique qui donnera la parole aux artistes poètes de tous les cabanons. Nuit de grande fièvre poétique à nulle autre pareille, cette soirée offrira au public qui fera le déplacement un panel de menus faits de musique, de paroles chantées et portées au dos de la poésie d’engagement, qui sera à l’honneur. Ainsi dit, une quinzaine de poètes confirmés sont attendus sur la grande scène de la ’’Nuit’’, pour porter leur parole silencieuse, dans le creux de la fontaine nuptiale. A cette foire de la poésie sont attendus aussi des musiciens de renom pour tailler la pierre dans la verve poétique des poètes qui arpenteront la scène de la ’’Nuit Poétique’’. Cette soirée de performance poétique redorera ses lettres de noblesse à l’événement, à travers le grand spectacle vivant autour des corps-poèmes concoctés, depuis la première génération de poètes jusqu’à la dernière, dans notre pays. Ce spectacle, d’une durée de 20 minutes, nous fera voyager dans la prairie de la poésie béninoise, engagée depuis Paulin Joachim (le père-ancêtre de la poésie d’ici) jusqu’à Daté Atavito Barnabé-Akayi, en passant par les grandes voix telles que Kakpo Mahougnon, Jean-Marc-Aurèle Afoutou, Fernando d’Almeida, Louis-Mesmin Glèlè, pour ne citer que celles-là. La scène sera ensuite ouverte aux poètes confirmés qui passeront, à tour de rôle, dans la fontaine de la ’’Nuit’’, pour déclamer leurs propres textes, sur des notes musicales assurées par le plus grand flûtiste au Bénin, Meschac Adjaho, en compagnie de sa bande. En somme, on n’a aucun intérêt à rater ce rendez-vous unique de la poésie, vu le plat de résistance qui y sera servi.



Quels éléments d’originalité voyez-vous par rapport à la 1ère édition de la manifestation qui a eu lieu en 2015 ?

Déjà, cette deuxième édition gagne en beauté et en originalité par rapport à la première édition qui n’était qu’une édition-test, pour jauger la sensibilité poétique du peuple béninois. Fort heureusement, le public a répondu très favorablement à cet appel et a même émis le vœu que ce rendez-vous soit trimestriel. La première marque d’originalité, pour cette deuxième édition, repose sur l’aspect théâtral de la soirée dont la direction artistique est confiée au metteur en scène professionnel, Patrice Toton, qui proposera des plans de scènes, aussi bien pour la troupe de comédiens qui jouera les morceaux choisis, que pour les poètes qui porteront eux-mêmes leurs poèmes. La deuxième marque d’originalité de la soirée repose sur la forte participation de poètes d’horizons. Une forte participation qui a découlé de l’appel à textes lancé par nos soins pour recueillir des poèmes et des poètes pour la ’’Nuit’’. Nous sommes étonnés de la forte masse de textes poétiques que les poètes du monde entier nous envoient et des demandes des poètes à participer à cette ’’Nuit’’ de tous les rêves. A ce jour, la France, le Sénégal, le Togo, le Cameroun et même la Chine frappent à notre porte pour ne pas rater ce rendez-vous, ce qui nous donne l’élan de ne jamais abandonner ce projet qui prend l’allure d’un grand festival international.  La troisième et dernière marque d’originalité de cette édition est l’aspect thématique imprimé à toute la soirée. En effet, cette édition est placée sous le signe de la Poésie et de l’engagement. Tous les textes qui seront lus, chantés, déclamés au cours de la soirée tourneront autour de ce thème unique. Les poètes invités y travaillent fortement, pour ne pas quitter cette gamme exigée par le Festival.



Comment vous battez-vous pour le financement de l’événement?

Un événement de cette envergure a besoin forcement d’un gros budget pour sa parfaite réussite. Mais, le pays étant ce qu’il est, nous n’avons pas pu totaliser de grands moyens pour porter ce rêve. Nous nous sommes battus pour attirer le regard de l’exécutif vers ce projet salvateur à travers le Fonds d’aide à la culture qui nous a alloué une cagnotte minimale pour la réalisation de ce projet qui nécessite néanmoins un budget conséquent. Nous remercions nos partenaires, l’Institut Français du Bénin, qui a accepté de mettre son cadre à notre disposition pour abriter la ‘’Nuit’’, l’Association Katoulati, pour l’accompagnement artistique, les poètes de tous les cabanons, pour l’acceptation d’exploitation de leurs œuvres, à des fins de promotion. 

L'affiche de l'événement
Selon vous, comment se porte la poésie béninoise, à l’heure actuelle ?

La poésie béninoise s’essouffle en dépit des talents fertiles qui pointent à l’horizon. Le pays compte beaucoup de jeunes poètes de forte fièvre poétique mais qui abandonnent le combat d’édition de recueils trop sportifs. Aucun éditeur n’est prêt à mettre de l’argent dans ce projet audacieux qui n’est aucunement rentable. Des recueils de poèmes de grande défaillance naissent rarement à compte d’auteurs pour enterrer la poésie. Une fois que ces recueils sont publiés, il n’y a pas de canaux de diffusion et de promotion, si bien que le poète se déguise en vendeur ambulant de sa poésie qui n’intéresse personne, car, il faut l’avouer, la poésie est d’ailleurs une affaire personnelle et est vite taxée d’hermétique par la masse laborieuse qui lit tout sauf ce genre littéraire. Cet essoufflement est dû, à notre avis, au manque criard d’événements et de canaux devant assurer sa vulgarisation. La fibre poétique déserte le forum au grand désarroi du slam, mal défriché par la plupart des jeunes qui s’y adonnent. Preuve palpable de l’échec de notre système scolaire qui ne donne plus le goût de la poésie aux apprenants, à travers ces séances de récitation poétique qui égayaient les cœurs et suscitaient des vocations, dans un passé récent.



En matière de poésie au Bénin, quels sont vos faits d’armes ?

Je travaille à redonner à la poésie béninoise toutes ses lettres de noblesse. Je sais que j’y parviendrai après de lourds moments de sacrifices et de critiques, vu que les voix ne sont jamais unanimes lorsqu’il s’agit de discuter de la littérature, dans notre pays. ’’La Nuit poétique’’ que j’organise, par le biais de l’Association dont j’assure la direction, ’’Mignon-Tourbillon’’, répond à ce vœu de redimensionner la poésie d’ici et d’ailleurs sur les rails de la grande émotion et de la grande passion. Mon  rêve, en initiant ce projet, c’est de faire du Bénin la capitale de la poésie mondiale. Et, à cette deuxième édition, je suis pleinement satisfait de mes objectifs, vu la forte pression des demandes de participation qui fusent de toutes parts. 



Un appel au public ?

Nous invitons toutes les bonnes volontés à soutenir l’événement ’’Nuit Poétique’’, qui est un patrimoine national, au même titre que le Fitheb (Festival international de théâtre du Bénin, Ndlr) et d’autres événements qui repositionnent le Bénin sur l’échiquier mondial. J’invite le public à ne pas manquer le rendez-vous du 09 juillet 2016 qui fera de la ’’Nuit’’, la soirée de tous les rêves.

Propos recueillis par Marcel Kpogodo

jeudi 9 juin 2016

Le Ministre Ange N’Koué échappe aux artistes à la base

Au cours d’une manifestation en deux temps
(Les manifestants menacent de revenir très vite à la charge)


Ce petit matin du mercredi 8 juin 2016 a vu, notamment, se dérouler, au Ministère du Tourisme et de la culture, une manifestation de la part de plusieurs artistes béninois. Il s’agissait pour eux de revendiquer une implication des acteurs culturels dans les réformes en cours dans ce Département ministériel. Mais, Ange N’Koué n’a pas accédé à la volonté des manifestants de descendre écouter leurs revendications.

Patrice Adandédjan, devant la presse, après l'étape de la Présidence
« Oui aux réformes, mais sans les acteurs culturels, non », « Ma culture, je me dois de la protéger contre les vautours ». Le message fortement suggestif, en lettres blanches, vertes et jaunes, lisible sur deux bâches d’un fond rouge frappant, présenté avec, derrière elles, des dizaines de manifestants réunis sur une cour dallée, en biais gauche à la façade intérieure du Ministère du Tourisme et de la culture, à Cotonou, en cette fraîche matinée du mercredi 8 juin 2016, pour une revendication pure et simple : rencontrer le locataire des lieux, le Ministre Ange N’Koué, pour lui dire, de vive voix, leur exigence de le voir faire entrer les acteurs culturels dans le système de conception des réformes, concernant le secteur des arts et de la culture. Mais, celui-ci n’a pas cédé à cette attente puisque, pendant que les manifestants se faisaient remarquer bruyamment, il s’est tranquillement infiltré dans sa 4x4 noire de fonction et a quitté les lieux, pour se rendre en Conseil des Ministres.  

Les représentants des manifestants face à la délégation ministérielle
Les manifestants en question étaient des artistes, tous secteurs confondus, et sans étiquette organisationnelle : des artistes à la base. Ils ont réalisé leur présence dans ce lieu public par un tintamarre musical fait de chants révolutionnaires et de danses, rythmés par des sons de fanfare, de tam-tam et d’un morceau de rail faisant office d’un gong que quelqu’un battait de manière très stridente. Tout d’un coup, stratégique interruption du vacarme profondément perturbateur des activités des fonctionnaires dont un certain nombre était juché aux vitres des fenêtres de leur bureau. En effet, un peu avant le départ d’Ange N’Koué, vient de faire son apparition Richard Sogan, Secrétaire général du Ministère (Sgm), qui portait la tête d’une petite délégation de 3 personnalités dont Francis Zogo, le Directeur du Fonds d’aide à la culture (Fac). « On ne peut pas faire des réformes dans le coton sans les cotonculteurs ; nous demandons juste deux minutes au Ministre pour écouter nos revendications et nous repartons », s’est alors écrié Patrice Adandédjan, artiste de la musique traditionnelle et l’un des meneurs du mouvement. Face au représentant du Ministre exigeant une orthodoxie dans la méthode de revendication des manifestants, et sollicitant qu’ils montent pour discuter en salle de conférence, leur porte-parole se montre négativement preneur, évoquant les humiliations antérieures faites par Ange N’Koué, dans des circonstances où ils avaient accepté de se soumettre à la même demande.

Les manifestants, au Ministère de la Culture
Devant cette fin de non recevoir, le Sgm et sa petite équipe quittent les lieux, ce qui fait reprendre le tintamarre musical mais, plus fortement, jusqu’à ce que, de manière plus ou moins remarquable, le Ministre de la Culture quitte son lieu de travail. Face à l’évidence de ce départ, cessation de la musique, concertation rapide des têtes de pont et, diffusion rapide de la nouvelle stratégie : aller rattraper Ange N’Koué à la Marina, quitte à même rencontrer Patrice Guillaume Athanase Talon, le Chef de l’Etat, pour se plaindre à lui du fait que son Ministre les exclue des réformes en cours.

L'atmosphère, bien que tendue, était très festive
Dissolution donc de la masse des manifestants, qui, au fil des minutes, avait considérablement grossi.
En un tournemain, les artistes en colère, qui avaient, en majorité, des engins, s’auto-transportent et, les voilà à la Présidence de la République. Cette fois-ci, pas de bruit, ni de musique ni de chants ; les lieux, même à leur devanture, imposent une véritable solennité que les manifestants, flairant le signe, décident de ne pas troubler. Nous sommes à la façade extérieure droite de la Marina, quelques petits mètres avant le premier poste de filtrage des entrants ; la barrière dressée des gardes ferme une entrée étroitement contrôlée.

A la Présidence de la République
Des négociations sont lancées entre les représentants des manifestants et un des soldats, très affable, réitérant à ses vis-à-vis la nécessité de suivre une procédure avant de se pointer sur ce genre de lieu. Comme alerté très discrètement, un des responsables des militaires, en tenue de sport, fait son apparition. D’une grande jovialité, il rassure les représentants des artistes en colère et leur tient le même langage, en contrepartie de quoi il reçoit l’évocation de l’inertie des procédures administratives pendant qu’Ange N’Koué cuisine ses réformes dans son bureau, ce que, notamment, Patrice Adandédjan juge inacceptable, et l’adrénaline semble vouloir remonter à la surface quand la sérénité du militaire en tenue de sport calme et rassure. Par ailleurs, les négociations continuent pour donner la chance aux manifestants d’entrevoir le très célèbre Sieur Patrice Guillaume Athanase Talon que ceux-ci considèrent comme le dernier recours. Sur ces entrefaites survient, d’une voiture banalisée dont il bondit comme un chat, Tétédé Idjouola, le Chef de la Garde républicaine, taille modeste, carrure solide, sourire aux lèvres, semblant bien connaître Patrice Adandédjan. Visiblement, cet artiste n’est pas un intrus dans la maison Marina. Nouveaux propos de manifestation de l’impossibilité pour les artistes de rencontrer le Chef de l’Etat. La concertation restreinte des porte-parole avec le patron de la sécurité présidentielle accouche d’un fin de non recevoir distillée dans le sourire par le militaire. Le rassemblement est donné et l’annonce est faite d’une rencontre, dans l’après-midi, entre ceux-ci et Tétédé Idjouola, pour harmoniser les points de vue, d’où la levée du siège de la devanture extérieure de la Marina. Et, on promet avec véhémence de revenir à la charge, tant qu’Ange N’Koué n’aura pas montré son engagement à associer les artistes à la construction des réformes au Ministère du Tourisme et de la culture.

Marcel Kpogodo




Le film d’une manifestation particulière



7h30 - 8h10 : Rassemblement progressif des manifestants sur la façade intérieure du Ministère de la Culture

8h10 : Début du jeu d’un orchestre bruyant alliant instruments modernes et traditionnels : fanfare, tam-tam, gong, notamment. Chansons révolutionnaires. Certains manifestants sont habillés de rouge, d’autres ont leur tricot, exprès, à l’envers. Etant artistes, ceux-ci utilisent leurs moyens de travail que sont l’orchestration, les chants et les danses, pour se faire entendre. Perturbation littérale de l’atmosphère sonore des lieux.

8h26 : Apparition du Sgm, Richard Sogan, en compagnie, notamment, de Francis Zogo, Directeur du Fonds d’aide à la culture. Négociations chaudes avec Patrice Adandédjan, très intraitable : « Le Ministre ou rien … ». Menaces d’aller chez le Chef de l’Etat, à la Marina.

8h30 : Départ de la délégation ministérielle.

8h32 : Compte-rendu bref aux manifestants et reprise du tintamarre, avec des pas de danse plus endiablés et une musique plus forte, comme pour marquer une certaine exaspération. Le groupe des manifestants s’élargit de dizaines de nouveaux arrivants.

8h36 : Départ d’un véhicule officiel 4x4 noir de plaque bleue, vraisemblablement celui du Ministre de la Tourisme et de la culture. Tintamarre plus intense, vacarme musical de plus en plus assourdissant.

8h44 : Cessation de la musique et des chants, pour une concertation rapide. Prise de la décision du départ pour la Présidence de la République, sans bruit aucun et avec les moyens de bord dont dispose chacun, pieds ou engin : consigne des organisateurs.

8h46 : Départ effectif, vidage de la cour intérieure.

9h02 : Positionnement des manifestants sur l’espace latéral droit de la devanture de la Marina, l’Institut français de Cotonou leur faisant face. Discrétion absolue. Calme. Discipline. Discussions entre les meneurs du mouvement et un militaire ayant pris le devant des négociations. Incompréhensions, de part et d’autre, exprimées dans une courtoisie et une sérénité hors du commun.

9h21 : Arrivée de Tétédé Idjouola. Discussions avec Patrice Adandédjan ; les deux hommes se connaissent. Réaffirmation par le cadre militaire de la fin de non recevoir, il faudra prendre d’autres dispositions plus traçables pour rencontrer le Chef de l’Etat.

9h26 : Rassemblement général des manifestants par leurs représentants. Apport de l’information aux artistes. Prévision d’une rencontre des responsables avec Tétédé Idjouola, à 15h.

9h30 : Démobilisation officielle de la manifestation, repli ordonné vers le Stade de l’Amitié, pour une plus grande liberté de concertation.

9h33 : Débriefing sur le parking de l’Institut français de Cotonou.

9h34 : Interview des meneurs à la presse : soupçons évoqués par Patrice Adandédjan de corruption nocturne de certains aînés et de têtes de pont de la famille des artistes, ce qui justifierait leur absence à la manifestation. Motivation de la manifestation du mercredi 8 juin par des correspondances vaines envoyées au Ministre Ange N’Koué. Demande du limogeage par l’intervenant de cette personnalité pour la remplacer par un acteur du secteur des arts et de la culture. Disparition progressive et totale des manifestants.

10h10 : Arrivée et entrée dans le Palais du discret mais impressionnant cortège de Son Excellence Patrice Guillaume Athanase Talon, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.

10h15 : Arrivée de l’artiste Eléphant Mouillé sur un terrain dégarni de la plupart des manifestants ; il va aux nouvelles.


M. K.

lundi 6 juin 2016

8 énormes griefs de la Cbaac contre Ange N’Koué, Ministre béninois de la Culture

Dans le cadre d’un point de presse tenu par cette institution faîtière des acteurs culturels béninois
(Entre autres, Patrice Talon a été vivement interpellé)


La Médiathèque des diasporas de Cotonou, sis Place du Souvenir, a abrité un très retentissant point de presse, organisé par la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture (Cbaac). C’était dans la matinée du dimanche 5 juin 2016. Cette sortie médiatique a permis aux responsables de cette institution de faire ressortir 8 colossaux éléments de colère contre Ange N’Koué, Ministre béninois de la Culture, sur un fond de 3 appels pressants.

De gauche à droite, Philippe Abayi et Pascal Wanou, au cours du point de presse
Avoir contribué à bloquer complètement les échanges entre les acteurs culturels et, lui, Ange N’Koué, Ministre béninois de la Culture, avoir coupé toute communication entre son Département et ces types d’acteurs, avoir manqué d’installer la Commission chargée de l’élaboration des nouvelles réformes au Ministère du Tourisme et de la culture, avoir mis en place « une atmosphère de confusion, de dédain et de mépris » vis-à-vis des « organisations faîtières (des artistes, Ndlr) légalement constituées et de leurs responsables », avoir instauré un « système de caporalisation de la gestion des ressources du Fonds d’aide à la culture (Fac), avoir brisé le « partenariat acteurs culturels-administration ministérielle », au vu de la « mise à l’écart totale des acteurs culturels dans la définition des réformes par le Ministère », avoir choisi de faire régner de l’opacité dans « la gestion de la crise en n’associant pas les acteurs culturels à sa résolution » et, enfin, avoir fait le choix du « pourrissement de la situation » en assistant passivement à l’achèvement du mandat des administrateurs du Fonds d’aide à la culture, laissant ainsi aboutir à un « vide juridique favorable à un fait accompli savamment préparé à l’avance », ce qui fait conclure par la Cbaac à la décision d’Ange N’Koué de créer un ’’Comité de gestion’’ pour remplacer le Fac, afin de disposer à sa guide de la « cagnotte » de 5 milliards, gérée annuellement par ce Fonds. La liste des 8 fondements de la profonde indignation des acteurs culturels béninois, exposés, hier, dimanche 5 juin 2016, à la Médiathèque des diasporas, par les responsables de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture (Cbaac), au cours d’un point de presse auxquels ont participé beaucoup d’artistes et de responsables d’associations et de fédérations d’artistes, parmi lesquels Alèkpéhanhou, Gaston Eguédji, Jac’Oho, Dimitri Fadonougbo, le Professeur Codo, Richard Adossou, Léon Hounyè et bon nombre de ses collègues du G113, Setge Yéou, Simplice Béhanzin, Bienvenu Abaï, sans oublier la plupart des responsables de la Cbaac tels que son Président, Philippe Abayi, Pascal Wanou, et le 1er Vice-président de cette institution faîtière des fédérations des artistes de tous les secteurs.
Dans un ton acerbe, Pascal Wanou qui, justement, portait la parole des acteurs culturels béninois, a martelé, au comble de la colère : « Nous ne sommes pas des badauds, nous ne sommes pas des idiots, nous ne sommes pas des mendiants … ». Avant cette lancée, celui que l’on reconnaît comme un ancien Directeur du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a montré que des actions musclées seraient mises en œuvre, quelques heures seulement après le point de presse, concluant d’une manière très ferme : « Nous n’allons pas nous laisser faire ! ».
Par ailleurs, à en croire Pascal Wanou, les acteurs culturels, en dépit de l’affront qui leur est fait par Ange N’Koué, restent « ouverts au dialogue », ce qui les amène à adresser 3 types d’appel.



Les appels des acteurs culturels

En premier lieu, les acteurs culturels interpellent le Chef de l’Etat, le Président Patrice Guillaume Athanase Talon, afin que, selon les termes de Pascal Wanou, « il se préoccupe personnellement du développement culturel du Bénin et de l’épanouissement réel des acteurs culturels ». Puis, le porte-parole l’a appelé à la nomination d’un Ministre de la Culture, qui soit issu du rang des artistes, ce qui, selon lui, serait la matérialisation de la vraie ’’Rupture’’.
En direction d’Ange N’Koué, les acteurs culturels proposent, en substance, la prolongation du mandat des Administrateurs du Fonds d’aide à la culture jusqu’au 31 décembre 2016, une action salutaire qui devrait amener à la « préparation et à la mise en œuvre des réformes, en étroite collaboration avec les acteurs culturels ». Selon ceux-ci, ce résultat ne pourrait être atteint sans la concrétisation par le Ministre de quelques qualités essentielles auxquelles ils l’appellent : « l’esprit de discernement, d’ouverture et de dialogue, le respect des textes et l’arrêt de toute ingérence dans la gestion quotidienne du Fac ».
Enfin, closant son propos, Pascal Wanou a suscité chez les siens, acteurs culturels, « l’union dans la diversité et l’unité d’action », le sens de la « discussion, du travail » et « l’arrêt de toutes sortes de stigmatisation, de dénigrement », avant de leur demander deux choses : l’apaisement et la mobilisation totale pour, bientôt, « livrer bataille », au cas où l’autorité les y contraindrait.   
Le régime de la Rupture et du Nouveau départ étant désormais à l’épreuve de la gestion des affaires publiques, il faudrait que les divers niveaux de prise de décisions, indexés par les acteurs culturels puissent ne pas faire la sourde oreille face à l’exaspération et à la colère, visibles chez ceux-ci, à ce point de presse du dimanche dernier, un entêtement, délétère, qui se révélerait nuisible à la corporation des arts et de la culture, en particulier, et au Bénin, en général.

Marcel Kpogodo