vendredi 22 août 2025

Le vieux caïman divertit la population de Lobozounkpa

Dans le cadre d’un spectacle à l’Espace Culturel Le Centre


David Houétchénou est un artiste humoriste originaire du Bénin. Son pseudonyme est Le vieux caïman. Il a animé un spectacle de fou-rire. L’événement s’est tenu dans la soirée du samedi 26 juillet 2025. L’Espace Culturel Le Centre en était le lieu de déroulement. La population du quartier de Lobozounkpa et de ses environs y a massivement participé. Les sketchs de l’humoriste, tous thèmes confondus, ont amusé le public.


Aperçu du public, au cours du spectacle du Vieux caïman

Une chanson, à la gloire de l’alcool, dans une langue nationale du Bénin. Le préambule qu’a offert David Houétchénou, alias Le vieux caïman, humoriste béninois, lors du spectacle de fou-rire, qu’il a donné dans la soirée du samedi 26 juillet 2025 sur la terrasse lui servant de scène, à la devanture du ’’Musée de la Récade’’, situé au sein de L’Espace Culturel Le Centre, du quartier de Lobozounkpa, dans l’arrondissement de Godomey, de la commune d’Abomey-Calavi, au Bénin.

Il est debout, les cheveux et la moustache teints, les pieds nus. Il mène la chorale circonstancielle. Le public tape des mains, rit déjà et la soirée débute vraiment. L’artiste partage la scène avec six de ses collègues, dynamiques. Ce sont Biscotino, Général Barboza, Ipupa Capacité Zéro, Papisac 17, Tanti Hokloho et Adonest Tina la marquise. A l’état-civil, il y a, respectivement, Biscotin Raphaël Azon, d’abord. Ensuite, Abdel Bassith Barboza, Alexandre Hounga, Isac Tossiafodji, Germaine Akpovo et Ernestine Adomou incarnent des rôles. Le premier tableau s’inspire de l’ivresse et de ses situations extraordinaires.

« Y a-t-il des soulards ici ce soir ? », demande-t-il. « Non ! », répond la foule, amusée mais prudente dans ses réponses. « Y a-t-il des personnes qui aiment s’enivrer ici ? », insiste-t-il. Il s’approche d’une spectatrice : « Grande sœur, aimez-vous vous soûler ? ». Elle répond par la négative. « Merci », reprend-il. Un autre avoue timidement : « Je consomme de l’alcool modérément ».

Le vieux caïman conclut : « Il faut avoir suivi une formation pour se soûler ». Il raconte ensuite : « Un jour, j’ai tellement bu que j’ai perdu mon portable. Je l’ai cherché pendant deux heures avec sa propre lampe-torche ». Rires immédiats. Il reprend : « Après neuf bières, on m’a aidé à monter sur ma moto. Arrivé chez moi, je croyais la pousser mais je restais immobile. Ma femme dormait quand la moto est tombée sur moi. Les voisins sont venus m’aider après qu’elle les a appelés. En titubant, j’ai dit à mes enfants que la mort venait. Le lendemain, plus lucide, … j’ai recommencé. » Fou rire général. « Les ivrognes sont très intelligents … Du moins, ils le croient », poursuit-il.

Il parle ensuite de son frère, « professeur d’alcoolisme », dans le quartier. Ses motos ont un nom insolite. La première s’appelle ’’Akpô yé ton’’. Cela signifie « La souffrance des envieux », en langue du fon. La deuxième porte le nom, ’’Agbon nan kpéyéé’’. Cela signifie, dans la même langue béninoise, « Ils seront fatigués ». Les deux engins ont été volés. La troisième se nomme ’’Migbô’’. Cela veut dire « Cessez ! », dans la même langue évoquée précédemment. Elle est restée intacte à son domicile. L’artiste établit ainsi un lien entre le banditisme et l’ivrognerie chez les jeunes . Ces scènes montrent, avec humour, les conséquences inattendues de l’alcoolisme. Le vieux caïman se retire après des plaisanteries sur la foi et les prénoms. Il revient ensuite et joue une pièce en quatre actes.



Une grande leçon


La soirée continue avec une pièce de théâtre. Le vieux caïman la joue avec quatre de ses acolytes. Ce sont Adonest Tina la marquise, Papisac 17 et Tanti Hokloho. La scène s’ouvre sur des éclats de voix hors champ : « Si on ne réagit pas à vos commérages, vous manquez de respect ! ». La dispute se poursuit : « Continuez et je vous lancerai des cailloux dans cette maison ! ». Il entre du côté droit, vêtu d’un pantalon local et d’un T-shirt gris. À ses côtés se trouve son ami, Papisac 17, témoin des événements qui vont suivre. L’intrigue met en scène un mari autoritaire mais dominé par son épouse. Celle-ci, paresseuse, capricieuse, maltraite sa domestique. La servante, rusée et belle, séduit le mari pour se venger. Mensonges, manipulations et attitudes suggestives détruisent rapidement le couple. « Mesdames, vous êtes les maîtresses de votre foyer », prévient l’humoriste. « N’en laissez pas la gestion aux domestiques, elles peuvent prendre votre place ».

La pièce concernée a une histoire particulière. « Je l’ai écrite en 2008 et elle a remporté le premier prix au Festival ’’Ayessi’’, le 10 octobre 2010, au Hall des Arts, à Cotonou », précise-t-il.



’’Nukiko kèdè’’, rire pour se guérir

Pour Berthold Hinkati, directeur de l’Espace Culturel Le Centre, le spectacle d’humour répondait à un besoin. « Il vise les professionnels stressés et tous ceux qui veulent se détendre ». Il s’agit de l’initiative, ’’Nukiko kèdè’’. Elle a vu le jour en 2024.


En blanc, Berthold Hinkati, entouré par Le vieux caïman, à sa gauche, et ses acteurs 

Elle s’organise régulièrement et appartient à la programmation de l'Espace. Le spectacle dure d’une heure trente à deux, selon les artistes invités. Certains, bien connus, y sont passés. Il s’agit de Chromozom, Dragomir et d’Éléphant mouillé. L’annonce de la date du rendez-vous se fait souvent sur la page ’’Facebook’’ de l'institution. Le vieux caïman apprécie particulièrement cette initiative. « Avant, il y avait des salles de spectacles », justifie-t-il. « Aujourd’hui, beaucoup d’événements se tiennent dans des bars », continue-t-il. « Cela encourage l’alcoolisme. Ici, nous avons un divertissement sain », conclut-il. Il quitte sereinement la scène.

Léandre Houan / Marcel Kpogodo

mardi 12 août 2025

«’’Le mariage, le prototype du Salut’’, s’adresse à quatre profils », affirme Adjé Henri Morgan

Dans le cadre de la parution de son essai


Adjé Henri Morgan est un journaliste artistique et culturel béninois. Il exerce aussi son appel ministériel de Pasteur-Enseignant. Il vient de faire paraître un essai sur le mariage. Il s’intitule : ’’Le mariage, le prototype du Salut’’. Son lancement officiel aura lieu le 28 août 2025 à Cotonou. L’auteur a accepté d’en accorder une interview à notre rédaction. Il y dévoile les quatre profils liés au mariage, auxquels est destiné l’ouvrage. 


Adjé Henri Morgan


Stars du Bénin : Bonjour, Adjé Henri Morgan. A l’origine, journaliste artistique et culturel béninois, vous exercez aussi comme pasteur et vous êtes l’auteur d’un ouvrage intitulé ’’Le mariage, le prototype du Salut’’ dont le lancement aura lieu le jeudi 28 août 2025 au Centre culturel ’’Artisttik Africa’’ de Cotonou.

Quel impact espérez-vous produire chez vos lecteurs ?


Adjé Henri Morgan : Bonjour à vous. Permettez-moi d’exprimer ma gratitude pour cette opportunité que vous m’offrez.

J’attends plusieurs impacts car le livre s’adresse à quatre profils.

Le premier est celui des célibataires qui sont souvent confus ou apeurés par les échecs conjugaux autour d’eux. Ce livre les éclairera et leur donnera la sagesse pour faire des choix solides.

Le deuxième est celui des mariés frustrés, ceux qui se sentent piégés dans un système vide de sens. Ils découvriront une vision nouvelle du mariage qui transformera leur perception, leurs pensées, leurs paroles et leurs actes.

Le troisième profil est celui des blessés de l’amour : divorcés, veufs, veuves ou parents célibataires désabusés. Ce livre pansera leurs blessures émotionnelles et rallumera en eux l’espérance et la foi en l'Amour.

Le dernier profil est celui des accompagnants : hommes de Dieu, coachs et thérapeutes conjugaux en quête de clés spirituelles pour aider les familles en détresse.

J'ai la conviction que même un lecteur non-croyant, s’il s’aventure dans ces pages, rencontrera Jésus-Christ, « le chemin, la vérité et la vie ». 



Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour cet ouvrage ?


Ma source première et ultime est la Parole de Dieu. Entre les deux, il y a mes expériences personnelles - joies et épreuves - et les témoignages, heureux ou douloureux, de ceux qui ont osé s’ouvrir avec humilité. Cela m’a conduit à une conviction : nous sommes tous ignorants de certaines vérités qui peuvent nous libérer. Et cette vérité n’est pas une idée ni un concept mais une personne : Jésus-Christ.



Si vous devriez résumer le message central du livre en une phrase, quelle serait-elle ?


Que Jésus-Christ soit la fondation, le centre et le sommet de votre relation de couple ; voilà le secret d’un mariage bâti sur le roc.


La couverture de l'ouvrage indiqué


Pouvez-vous expliquer, en quelques mots, ce que vous entendez par l’expression, ’’ Le mariage, le prototype du Salut’’  ?


Je considère le Salut comme l’union éternelle entre l’Humanité et la Divinité, entre l’Homme imparfait et le Dieu parfait. Lorsque je parle du mariage comme le « prototype du Salut », je veux souligner que l’union entre un homme et une femme, ici-bas, doit être perçue et vécue comme une image, un modèle, un reflet de cette alliance céleste. Le Salut, tel que je le comprends, est cette union indestructible où, en Jésus-Christ, Dieu a ôté le péché et abattu, une fois pour toutes, le mur de séparation. Le mariage terrestre est donc appelé à illustrer cette réalité divine.



Quelle a été la principale motivation qui vous a poussé à écrire ce livre ?


Au début de ma formation pastorale, en décembre 2020, Dieu m’a ouvert les yeux sur une compréhension du Salut qui exalte l’union entre le Dieu sans péché et l’Homme pécheur. J’ai contemplé l’immensité de Son amour inconditionnel. Alors, j’ai pensé : « Si chaque famille comprenait et vivait cet amour, le monde irait tellement mieux ».

Depuis, le désir d’écrire sur ce sujet m’a habité mais je n’avais encore aucune matière concrète. Dans le secret, Dieu m’a formé, a déconstruit mes fausses croyances, mes tabous et mes idées reçues, pour restaurer Sa vérité. C’est au cours d’une étude biblique que j’ai entendu dans mon cœur : « Commence à écrire le livre ». Pas à pas, Il a insufflé vie à cet ouvrage.



En quoi votre ministère et votre vie de couple nourrissent-ils votre vision du mariage ?


Je tiens à préciser que mon ministère ni mon couple ne sont des modèles parfaits ; seul Christ l’est.

Cependant, dans mon ministère, je vois chaque jour combien l’ignorance de la grâce et de la pensée de Dieu sur le mariage détruit des vies. Dans mon couple, le mariage est un terrain où l’on apprend la patience, le pardon, la soumission mutuelle et le service désintéressé. Avec mon épouse, nous marchons ensemble dans un appel qui nous dépasse : refléter Christ. Ce n’est pas facile mais c’est possible … par Sa grâce.



Même si, vous sachant pasteur, votre réponse est prévisible sur la question, quel regard portez-vous sur le mariage polygamique ? Pourquoi ? 


(Sourire). Là, vous m’obligez à faire un bref enseignement sur la question.

Notons déjà que ceux qui défendent la polygamie, surtout dans le corps de Christ, s’appuient souvent sur la vie matrimoniale de certains prophètes de l’Ancien Testament. Cependant, j’ai bien l’impression qu’ils omettent volontairement de citer l’exemple d’Isaac, fils d’Abraham, et de Joseph, fils de Jacob. Or, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’Isaac et Joseph sont des figures de Christ et que, bien que la polygamie ait été culturelle à leur époque, ils ont choisi de vivre dans la monogamie.

Vous pensez que c’est un détail ? Non.

Au commencement, Dieu déclara dans Genèse 2:24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». 

Cette déclaration est reprise dans Éphésiens 5:31, avec un approfondissement au verset 32 : « Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église ». 

C’est une preuve claire que le mariage terrestre est le prototype du Salut.

Est-ce à dire qu’un polygame qui reçoit Jésus devrait divorcer d’avec toutes ses autres épouses pour n’en garder qu’une afin d’ « entrer dans les normes » ? Non. Ce serait de l’hypocrisie, surtout qu’ « il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1).

L’apôtre Paul rappelle dans 1 Corinthiens 7:20 et 25 : « Que chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé ».

Il n’est donc pas nécessaire de jouer pour paraître spirituel devant les hommes. Ce qui compte, c’est de laisser Christ transformer le cœur et de marcher dans la vérité et l’amour.



Avez-vous, dans la Bible, un verset précis qui, expressément, interdit la polygamie ?


Je ne prêche pas la loi mais la grâce de Jésus-Christ. Il n’existe pas un verset disant textuellement : « Il est interdit d’être polygame ». Cependant, la Parole recommande clairement la monogamie. En 1 Timothée 3:2, Paul écrit : « Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme … ».



1 Timothée 3 : 2 ne laisse-t-il pas croire qu'on exige la monogamie des responsables d'église, tels que les évêques, et non des croyants ordinaires ?


Avant d’être établi évêque, il faut d’abord être un croyant. né de nouveau. Cela implique donc que tout chrétien est appelé à vivre le plan originel de Dieu : un homme, une femme, une seule chair. Deux en un. Pas trois ni quatre en un.



Pasteur Adjé Henri Morgan, pourrions-nous en savoir plus sur votre ministère, sa dénomination et la mission qu'il choisit de remplir ?


Je suis diplômé de ’’Grace Bible school’’, depuis décembre 2022. Cette école est une branche de ’’Grace impact ministries'' (Gim), un ministère d’enseignement non dénominationnel dont la mission est de prêcher l’Évangile pur et non dilué de notre Seigneur Jésus-Christ, au Bénin, en Afrique et dans le monde entier, de former les croyants à être solidement établis dans leur identité, leur autorité et leur responsabilité en Christ et d'équiper les hommes de Dieu afin qu’ils exercent leur ministère de manière juste, fidèle et efficace.

Ce ministère a été fondé par l'Apôtre Moses Vitègni, lui-même diplomé de ’’Charis Bible college’’, du Pasteur américain, Andrew Wommack.


Affiche officielle du lancement de l'ouvrage

Quel message souhaitez-vous adresser aux couples et aux célibataires qui liront votre livre ?


Ce livre est plus qu’une lecture : c’est une formation christocentrique.

Je prie que chaque lecteur prenne la résolution ferme d’appliquer les clés et les principes spirituels qu’il contient, en commençant par sa relation avec Dieu, puis avec son partenaire, les yeux fixés sur Jésus-Christ comme fondation, centre et sommet de leur union. Que leurs décisions soient soutenues par la discipline et la prière, afin que leur présent ou futur mariage devienne un véritable reflet du Salut.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo

samedi 5 juillet 2025

Six prix ouverts à tous

Pour un concours d’affiches sur la Chine


Le Centre culturel chinois de Cotonou (Ccc) a lancé un concours d’affiches. Il est en cours depuis le mois de mai 2025. La production à soumettre peut prendre plusieurs formes artistiques. Six prix sont en jeu pour des concurrents sans aucune limite restrictive.


L'affiche officielle du concours indiqué

1 premier prix, 2 deuxièmes prix et 3 troisièmes prix sans aucune restriction de type de concurrent. Les six récompenses qui attendent les lauréats à un concours de réalisation d’une affiche sur la Chine, qu’a lancé le Centre culturel chinois, depuis le mois de mai 2025, et que pilote l’artiste contemporain béninois, coordonnateur de la compétition, Elon-m Amèvi Catilina Tossou, sur le thème, « Comment imaginez-vous la Chine ? Comment vous la représentez-vous ? ».

Pour le concerné, le concours se clôt le 1er août 2025. Un jury consacrera le reste du mois à évaluer les productions recueillies. Il s’est refusé à préciser l’identité des membres du jury, deux « artistes aînés ». Il proclamera les résultats en septembre 2025. Chaque concurrent peut compétir avec deux affiches. Chacune d’elle doit avoir une fiche qui la décrit. La proposition peut être un croquis, un manga ou une aquarelle. Le compétiteur peut en adopter le style artistique qui lui convient. Il n’y a pas de limite d’âge ni de génération de participant. Le concours reste largement ouvert à tous. Chaque concurrent doit rendre son affiche avec son identité complète. Celle-ci doit suivre l’ordre de sa pièce valide. L’adresse de messagerie électonique d’envoi du dossier de candidature est : telonm@yahoo.fr. 01 96 43 06 09 est le numéro de téléphone à appeler en cas de besoin pour plus de renseignements. Le premier des six prix en jeu est une moto flambant neuve.

Le coordonnateur, Elon-m Tossou, s’ouvre sur des motivations du concours. Il s’agit de « l’encouragement des jeunes ». Il sélectionne ceux ayant « l’envie, le courage et le talent en eux ». Il évoque, d’abord, « ceux qui ont ce talent caché en eux ». Ensuite, il parle de « ceux qui n’arrivent pas à le développer ». Enfin, il aborde « ceux qui peinent à le révéler au grand public ». Toutes ces catégories à identifier justifient la démultiplication des deuxième et troisième prix.

Elon-m Tossou explique aussi le choix de la Chine, pays d’inspiration du concours. « On doit s’inspirer de celui qui est devant pour construire notre environnement, un avenir meilleur », commence-t-il. Il poursuit : « Notre vie quotidienne, aujourd’hui, est basée sur la Chine ».


Elon-m Amèvi Catilina Tossou

Selon lui, ce pays se rend incontournable dans plusieurs domaines faisant sa réussite. Ce sont la technologie, l’art, le développement du tourisme et l’art culinaire, notamment. Puis, il confie une idée fondamentale. « Nos lacunes, nos faiblesses et nos points d’ombre peuvent se réduire », débute-t-il. Il est question de « s’inspirer des modèles, des références devant nous pour construire notre vie », poursuit-il. Il approfondit sa réflexion en des termes percutants. « Il faut valoriser l’autre avant de se valoriser ; il faut s’inspirer de l’autre pour se construire ».

Puis, il conclut. « Pour y arriver, il faut se donner au travail ». Il insiste et chute. « Il faut qu’on exprime ce qu’on pense de l’autre pour qu’il sente votre engagement ». Pour Elon-m Tossou, des perspectives existent pour une deuxième édition du concours. Le Bénin pourra servir de thème. Dans un autre cas, il y aurait une fusion entre la Chine et le Bénin. Il s’en adresse aux Béninois et aux Africains. « Jeunesse béninoise, jeunesse africaine, ouvre les yeux, regarde le lever du soleil, sache que le meilleur reste à venir ». Il se fait visionnaire. « L’avenir de demain, c’est en Afrique, c’est le peuple africain, c’est la jeunesse africaine », finit-il.

Marcel Kpogodo

vendredi 27 juin 2025

Aston, un certain regard des fléaux contemporains

Dans le cadre d’une exposition à l’Espace Culturel Le Centre


“Sources” est une exposition d’art se déroulant à l’Espace Culturel Le Centre. Le vernissage en a eu lieu le vendredi 20 juin 2025. Le Béninois, Serge Mikpon, alias Aston, est l’artiste exposant. Ses œuvres sont un canal de dénonciation de phénomènes de l’époque actuelle.


Aston, expliquant un de ses tableaux

Tabagisme, immigration, exploitation de l’homme, conflits géopolitiques. Ce qu’aborde “Sources”, de l’artiste plasticien béninois, Aston, à l’état-civil, Serge Mikpon, une exposition dont le vernissage s’est tenu le vendredi 20 juin 2025 à l’Espace Culturel Le Centre, sis quartier de Lobozounkpa, à Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi.

Des invités de marque étaient du public ayant fait le déplacement de l’événement. Il y avait, notamment, le ministre de la culture, Jean-Michel Abimbola. Etait aussi de la partie Dominique Zinkpè, ancien Directeur et Président d’Honneur de L'Espace Culturel Le Centre.

“Fumer tue” est la première installation marquante parmi les douze œuvres montrées au public. Elle mesure trois mètres de long sur deux mètres de large. L’artiste y restitue un corps humain fait de mégots de cigarettes. Il repose dans un cercueil fabriqué d’une manière originale. Boîtes de cigarettes, briquets et bûchettes d’allumettes en sont les matériaux. Le socle du personnage est également conçu en boîtes de cigarettes. L’installation symbolise la fin tragique réservée aux fumeurs. L’artiste interpelle ainsi la conscience des jeunes accrochés à la cigarette.

“Sources”, l’installation éponyme, approfondit la philosophie de l’artiste. Elle rassemble du sable provenant de vingt-quatre pays différents. Elle se constitue aussi du liquide provenant de quarante-huit sources diverses. Il y a, entre autres des larmes, de l’urine et de la salive. L’artiste les a recueillies dans de petits bocaux. Cette œuvre artistique exprime l’universalité des problématiques qu’il aborde.

’’Death train’’, une autre installation, porte également un message à portée sociale. Elle se compose de petits trains aux wagons fabriqués de boîtes de cigarettes. Ils sont posés sur des rails constitués d’allumettes. D’autres objets récupérés viennent compléter l’ensemble. Ils créent un environnement riche en matériaux de récupération. L’artiste y évoque le tristement célèbre ’’Train de la Mort’’ de 1944. Il transpose cette réalité historique aux conséquences du tabagisme chez les jeunes. Pour lui, fumer consiste à s’inhumer progressivement, sans bruit.

D’autres œuvres frappent l’attention. “Immigration” illustre les épreuves que traversent les immigrés dans le monde. L’artiste dénonce cette condition difficile et interpelle la responsabilité politique des États. “L’exploitation de l’homme par l’homme” suscite une réflexion sur les droits bafoués de l’homme. L’artiste y exprime la violence qu’exercent les hommes sur d’autres pour leurs intérêts.

Aston, sur le fondement de son exposition, rappelle que rien ne naît du néant. « Derrière chaque problème, chaque injustice, chaque transformation, il y a une origine », commençait-il. « Dieu est la première source. Il a tout créé », soulignait-il. L’homme, produit de cette source divine, en a engendré d’autres. « Il est la source de ces problèmes ou encore de leur aggravation », a précisé l’artiste. Il évoque ainsi l’interconnexion de toutes les sources. Les matériaux de récupération qu’il utilise ont une portée. Chaque pièce devient un puzzle de déchets ayant un sens. Ils sont nombreux : capsules, chaussures, cadenas, bouteilles, seringues, cassettes, perles, sable.



L’art pour éduquer


’’Sources’’ intègre un aspect didactique à destination du jeune public. Berthold Hinkati, Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, l’a souligné au vernissage. 75 enfants ont, en effet, assisté l’artiste dans la création de l’œuvre, “Death train’’. « Ce n’est pas anodin. C’est une manière d’éduquer les enfants, de les motiver à s’intéresser à l’art », a-t-il justifié. Les parents ont été invités à venir découvrir le fruit de ce travail collectif. Le directeur a rappelé le bien-fondé de cette démarche. « À la maison, quand les enfants s’amusent avec des objets désuets, on pense qu’ils perdent leur temps », a-t-il rappelé. Il a poursuivi : « Les objets que nous avons l’habitude de jeter ont été récupérés par Aston pour créer ses œuvres » Il souhaite que les parents comprennent que cet art peut nourrir son homme. « Ces créations nourrissent l’artiste Aston. Il vit de son art », a-t-il conclu.



Un grand nom de l’art contemporain


Pour le ministre Jean-Michel Abimbola, Aston est une figure majeure de l’art contemporain au Bénin. Il fait partie des artistes montrés au Bénin et à l’international, à l’exposition, ’’Arts Contemporain du Bénin’’.

Aston, face à Jean-Michel Abimbola, dans ses précisions liées à une installation 



« Dans ses œuvres, il dénonce les injustices, les conflits, les dérives sociétales », a-t-il commenté. « Le monde est ainsi fait mais chacun doit jouer sa partition. L’artiste joue la sienne », finissait-il. Il a encouragé l’artiste à continuer son combat.



Un parcours expressif


“Sources” est le fruit d’un mois de résidence de l’artiste à l’Espace Culturel Le Centre. L’exposition constitue l’aboutissement de plusieurs années de recherche de l’artiste. Elle s’inscrit également dans une continuité de la Journée de l’Environnement, célébrée chaque 8 juin. Plusieurs œuvres, à part celles évoquées, valent la visite du public. Il s’agit de “Conférence de merde”, “Le voilier des temps”, “Stupide et inutile”, “Shango”, “Hêvioso”, “Ombre, son, couleur, lumière” et d’ “Aston Formule One”. Symboles forts et techniques surprenantes attendent un public curieux de découvrir leur richesse. L’exposition se poursuit jusqu’au 17 août 2025.


Léandre Houan / Marcel Kpogodo

dimanche 15 juin 2025

’’À jamais les premiers !’’, nouveau single de Myster Ezin

Un clin d’œil tout en nuances à la vie


Depuis le 21 mai 2025, Myster Ezin, slameur béninois installé en France depuis une douzaine d’années et également premier Béninois à obtenir le titre de docteur en musicologie, a mis en ligne sur les principales plateformes musicales un single intitulé ’’À jamais les premiers !’’. Depuis une quinzaine de jours, les internautes savourent ce délice musical qui offre, au-delà de la musique, une résonance sportive ainsi qu’un hommage à des valeurs essentielles.



Myster Ezin



Arrivé en France en juillet 2013, Myster Ezin, de son vrai nom, Ezin Pierre Dognon, réside dans le sud du pays, à Aix-en-Provence, depuis près de dix ans. ’’À jamais les premiers !’’, titre écouté plus de 70000 fois depuis sa sortie, parle aux passionnés de football, notamment à Marseille, bastion de l’Olympique de Marseille. Ce club, sacré champion d’Europe le 26 mai 1993, est devenu le premier club français à remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes de football. De cet exploit est née la phrase emblématique, ’’À jamais les premiers !’’, qui se trouve être aujourd'hui le titre du single. Pour Myster Ezin, ce titre ne traduit pas nécessairement un soutien indéfectible à l’OM. En effet dans une interview accordée le 29 mai dernier à la blogueuse Mathilde Bluedesk, il a exprimé son « profond respect pour l’histoire glorieuse de l’OM, comme pour ce que représente aujourd’hui le PSG sur la scène européenne», tout en avouant que son «cœur, en tant qu’artiste africain francophone, penche aujourd’hui davantage vers le Paris Saint-Germain, pour ses symboles et les joueurs africains qui y ont brillé notamment son compatriote, Stéphane Sessègnon ». Il conclut en affirmant qu' ''À jamais les premiers !'' restera «une vérité gravée dans le marbre de l’histoire».



La vie, et rien que la vie


Membre discret de la diaspora béninoise en France, Myster Ezin porte en lui l’héritage éducatif reçu à Dassa-Zounmè dans le département des Collines au Bénin, notamment dans la localité de Magoumi, son village natal. Cet héritage a été marqué par une valeur essentielle : le respect pour les aînés. Dans les paroles du single, ’’À jamais les premiers !’’, la phrase «respect aux aînés» revient comme un mantra pédagogique. Avec nuance et simplicité, le slameur béninois rappelle que les aînés sont « à jamais les premiers » et qu'ils méritent, à ce titre, le respect. Du Bénin à la France, Myster Ezin, bien qu’attaché à ces valeurs, n’est pas à cataloguer parmi les conservateurs radicaux. Amoureux de la vie, il en reçoit autant en retour. Ses projets, passés comme futurs, porteront toujours l’empreinte d’une vie racontée avec à la fois brutalité et tendresse.


Bernado Mariano Houenoussi

jeudi 29 mai 2025

9 esprits engagés pour l’environnement

Dans le cadre d’une exposition collective à Cotonou


La galerie, ’’Les ateliers Coffi’’, accueille une exposition significative à Cotonou. Le vernissage en a eu lieu le jeudi 1ᵉʳ mai 2025. Elle s’intitule ’’Ilê wa, notre patrimoine commun’’. Les associations, ’’Ilé ya Africa culture’’ et ''Déwui'' l’organisent. Neuf artistes contemporains y participent, sensibilisant le public à la défense de l’environnement.

Aperçu des artistes contemporains exposants, défenseurs de l'environnement - Crédit photo : Association ''Ilé ya Africa culture''

Le Togolais, Kelly Adédiha, les Béninois, Verckys Ahomagnitché, Erick Ahouansou, Aris Francel Dagbéto et Charly Djikou, les Français, Frédéric Cadoux, Fabien de Cugnac, Bénédicte Roques et Sophie Négrier dont la dernière vit au Bénin. Les neuf artistes contemporains qui prennent part à l’exposition, ’’Ilê wa, notre patrimoine commun’’, organisée par les associations, ’’Ilé ya Africa culture’’ et ''Déwui'', dont le vernissage a eu lieu le jeudi 1er mai 2025 à la galerie, ’’Les ateliers Coffi’’, sis quartier de Fidjrossè, à la rue de l’ ’’Atlantic beach hôtel’’, à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

Les créateurs concernés se servent de peintures, de sculptures et d’installations. Godson Ukaégbu, curateur de l’exposition, en précise le fonctionnement des médiums et des matériaux. Il évoque « des sculptures en granit », « des installations introspectives », « des impressions numériques » et des « compositions métaphysiques ». Ce serait la manière des artistes d’amener l’humain à s’auto-interpeller sur la dégradation de l’environnement. Leur objectif est de montrer la nécessité de le sauvegarder. Ils pensent que l’acteur humain devrait être au centre de cette obligation.


Le public a massivement fait le déplacement du vernissage ...

Une préoccupation se précise face à une telle situation. Elle est fondamentale : « Mère Terre, es-tu mon père ? ». Elle laisse les artistes confronter maternité et paternité. Ils y expriment aussi l’interdépendance vitale entre l’homme et son environnement. Leurs œuvres permettent de dévoiler un drame écologique engageant l’humain et sa société. Ils doivent s’impliquer dans sa résolution.


... pour des oeuvres ...

’’Ilê wa, notre patrimoine commun’’ propose la contemplation et le dialogue. Elle pousse à reconsidérer le rapport de l'humanité à la Terre. Elle voudrait voir les humains repenser aux évolutions climatiques passées et à leurs conséquences durables. Elle ouvre la voie à des échanges entre toutes les nations. Elles doivent entretenir un dialogue autour de la sauvegarde du patrimoine environnemental commun.


... d'intérêt. - Crédit des photos : Association ''Ilé ya Africa culture''


L’exposition concernée reste ouverte au public jusqu’au vendredi 30 mai 2025. Le visiteur y découvrira des œuvres fortes. Il y a, entre autres, ’’Agbadjènou’’, ’’L’appel’’, ’’Après l’orage’’, ’’Gardien invisible’’, ’’Ismaël’’ et ’’Portrait of the inner child’’.

Léandre Houan / Marcel Kpogodo

lundi 28 avril 2025

Eric Médéda peint les silences maternels

Dans le cadre d’une exposition à Cotonou


L’artiste plasticien béninois, Eric Médéda, est, de nouveau, en exposition. Elle a connu son vernissage le mercredi 9 avril 2025. Le lieu de déroulement en était l’Institut français de Cotonou. Elle s’intéresse à la mère. L’exposition traite de ces moments préoccupants où elle se tait.


Eric Médéda, barbu, expliquant une œuvre à des visiteurs ...

Lorsque la mère s’abstient de paroles. Le sens d' ’’Éïtò tî inã’’, le titre de la nouvelle exposition de l’artiste plasticien béninois, Eric Médéda, dont le vernissage s’est tenu le mercredi 9 avril 2025, à la galerie ’’Joseph Kpobly’’, de l’Institut français de Cotonou.

Elle laisse voir, par le public, seize toiles peintes, aux formats variés. L’objectif en est d’exprimer des histoires humaines. Ce sont celles que les femmes africaines n’ont jamais racontées. Leur réserve se justifie par le silence que la société leur a imposé. « Nous avons une tradition très orale », commence à expliquer Eric Médéda. « Plus on avance vers la connaissance, plus on nous dit de nous taire ». Ainsi, il continue puis il détaille. « Plus tu sais, plus tu te tais ». Il insiste sur les victimes de la situation. Ce sont « surtout les femmes, qui semblent être privées de liberté d’expression ». En outre, le moment pour l’artiste de s’interroger. « Si la connaissance impose le silence, quel héritage pour la génération suivante ? ». Il précise le fondement de sa démarche de travail. « Cette question m’a profondément traversé ; je donne corps à ces mots, à ces propos interdits ». Alors, il conclut. « Je tisse cette matière pour raconter les histoires longtemps tues ».

Ces histoires, ces vérités maternelles, pour l’artiste, sont le parcours de nombreuses mères. Les canaux en sont multiples. Ce sont la cuisine, les rites, les cultures traditionnelles et l’éducation initiale. Plusieurs œuvres portent un tel message. Ce sont, notamment, ’’Initiation muette’’, ’’Hounsi danse encore’’, ’’Hohoo’’, ’’Atchô inam’’ et ’’Transmission’’.

Les œuvres qu’expose Eric Médéda mêlent trois matériaux de travail. Il s’agit de la peinture acrylique et de la combustion de matières naturelles. Il y a, aussi, des incrustations symboliques de tamis tissés par l’artiste.

Chacune des seize toiles met en valeur cet outil symbolique, le tamis. Celle, éponyme, présente une particularité de traitement. Elle est dénommée ’’Éïtò tî inã’’.


L'oeuvre éponyme, ''Éïtò tî inã''


Ce titre signifie ’’Vérités maternelles’’, dans la langue d’idaatcha, parlée au Bénin. L’artiste la représente plus grande, brûlée, incrustée dans un dialogue entre ombres et couleurs. Eric Médéda en donne l’explication. « La manière dont je brûle cette matière est personnelle », commence-t-il. « Elle est issue d’une communication spirituelle », dit-il, poursuivant. « Les ombres que je représente sont des humains que j’invente ou qui ont existé dans des histoires que je raconte ». « C’est comme un cliché photographique qui disparaît à l’ère du numérique », dit-il. « Je tente de lui redonner vie pour tuer les stéréotypes entre humains », achève-t-il.

Eric Médéda exerce une telle démarche depuis le début de sa carrière. Il fallait retracer l’histoire des peuples par la mémoire et la transmission. Le fil rouge de l’actuelle exposition s’est révélé en approfondissant la question. « Quand on écoute dix femmes, on retrouve un point commun dans leurs récits », reprend-il. Selon lui, au contraire, « chez dix hommes, on entend dix histoires différentes ». Il en déduit : « La femme détient notre histoire ». L’artiste en détermine un creuset unique de l’histoire longtemps tue. Elle est contenue dans des objets du quotidien, plus précisément, le tamis.

L’autre aspect de la démarche de l’artiste est l’inculturation linguistique. Il pense que titrer une œuvre, dans sa langue maternelle, est significatif. Cet acte lui sert à montrer l’abondance de ressources d’expression. Elles se trouvent dans son environnement immédiat. Elles lui servent à parler, à créer et à s’exprimer. Il s’en explique plus largement. « Aujourd’hui, en tant qu’artiste africain, nous ne pouvons pas peindre comme des Asiatiques », partage-t-il. « Moi, je parle de l’histoire de l’humain, de mon environnement, de mes réalités », continue-t-il. « Il faut que [...] nous fassions émerger un homme [...] capable de se défendre », finit-il.


De gauche à droite, Eric Médéda, en compagnie d'Anne-Marie Akplogan et d'Achille Adonon, deux artistes contemporains venus le soutenir, lors du vernissage de son exposition

’’Éïtò tî inã’’ est une exposition particulière. Elle ne se contentera pas de montrer. Elle fondera l’animation de trois ateliers à destination du jeune public. Cette activité se déroulera les 16, 22 et 30 avril 2025. Ce sera à l’Institut français de Cotonou. Eric Médéda se produira aussi à travers deux performances artistiques. Elles sont prévues pour les 8 et 14 mai. L’exposition connaîtra sa clôture le 17 mai. .

Léandre Houan / Marcel Kpogodo

vendredi 18 avril 2025

da Silveira et Toninfo, la synergie de la lumière-nature

A une exposition collective aux Ateliers ’’Sika’’


Sika da Silveira et Mazoclet Toninfo sont deux artistes contemporains béninois. Ils ont participé à une exposition collective. Elle était intitulée ’’Ayi hon do zandji’’. Le vernissage en a eu lieu le vendredi 21 décembre 2024 aux Ateliers ’’Sika’’. Cet espace est sis quartier d’Akogbato, à Cotonou, dans le département du Littoral, au Bénin. Les deux artistes avaient un commun leur intérêt pour la lumière. 


Mazoclet Toninfo


L’humanité exposée, dans sa nature, grâce à la lumière. La substance de l’exposition collective, ’’Ayi hon do zandji’’, qui s’est ouverte le samedi 21 décembre 2024 aux Ateliers ’’Sika’’, du quartier d’Akogbato, à Cotonou, dans le département du Littoral, au Bénin, engageant les artistes contemporains, Sika da Silveira et Mazoclet Toninfo.


Ils manifestaient une réelle fusion, par les œuvres qu’ils ont présentées. Un système se précisait, néanmoins, au sein de la symbiose indiquée. Il s’agit d’une profonde opposition de démarche, entre les deux artistes. Elle laissait s’exprimer de la complémentarité.


Le premier facteur d’entente est le sujet qui les a unis pour l’exposition, « Ayi hon do zandji ». Ce thème signifie, en langue du fon, du Bénin, « L’aurore a dissipé les ténèbres » . Ainsi, deuxièmement, les deux créateurs manifestaient une appréhension de la lumière, bafouant les sentiers battus. Elle n’est pas, pour eux, un simple moyen mais un véritable processus. Troisièmement, ils ont exploité l’invisible pour l’expression des réalités visibles. Quatrièmement, ils ont proposé au public, au cours de l’exposition, des tableaux, d’une part.



D’autre part, les points d’opposition s’ouvrent ...


Mazoclet Toninfo a fait découvrir des pièces de sculpture. Il s’est rendu audacieux, par elles. Il y a utilisé la mort comme le facteur de transition vers la lumière. da Silveira, elle, a exploité un canal différent, au même effet : la nature, son authenticité, son caractère originel.


Ces éléments de divergence, entre les artistes, étaient un trompe-l’oeil. La lumière, par la mort, et, par la nature, ont fait chorus pour donner une valeur de choix à l’humanité. da Silveira, dans cette harmonie trouvée, avec son collègue, a laissé contempler ses oeuvres. Ce sont : ’’L'aurore’’, ’’Le don du soleil’’, ’’L’échange’’, ’’Houé do té’’, ’’Ayi hon’’ et ’’Houé dji to’’. Les trois dernières, évoquées, avaient un sens expressif. Elles signifiaient, respectivement, traduites, du fon, ’’Le soleil au zénith’’, ’’Le jour s’est levé’’ et ’’Porteuse de lumière’’.


Toninfo, en écho, avait affiché des pièces de sculpture. Il les a réalisées avec du plastique, du fer et des bouts de tissus. Il a récupéré tous ces matériaux. Ces œuvres s’intitulaient ’’Kékéli’’, ’’Igbese ti aïri’’ et ’’Xoxo fo’’. Il y avait, aussi, une installation : ’’Klutohoun’’. Respectivement, ces œuvres signifient, du fon, ’’Présence de lumière’’ et ’’ Le pied de l’invisible’’, notamment.


« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Telle est la célèbre pensée de Lavoisier. Elle a servi de fondement à l’inspiration de Mazoclet Toninfo. Il avait, comme préoccupation, la matérialisation du lien entre les êtres humains et le cosmos. da Silveira était si proche d’une telle projection.


L’objectif, concernant Toninfo, en est l’appropriation par les vivants du legs culturel que les anciens ont laissé. Sa consoeur, dans sa proximité, a relayé la communion que développent la création naturelle universelle et l’être humain. Les deux artistes contemporains, par leur exposition, avaient tenu en haleine le public jusqu’au lundi 31 mars 2025.


Herman Sonon / Marcel Kpogodo


lundi 31 mars 2025

Visitez le Maca pour découvrir « [...] des objets originaux, de belles sculptures en bois, des masques uniques [...], des statues de bronze et [...] des tableaux épiques sur le Dahomey », appelle Régis Hounkpè

Dans le cadre d’une interview qu’il a accordée à notre rédaction


Le Béninois, Régis Hounkpè, est analyste senior et enseignant en communication stratégique, géopolitique et en relations internationales. Le 20 mars 2025, il a été reçu en audience à Cotonou, au Bénin. C'était de la part d'Ayibatin Jonas Hantan. Celui-ci est Ministre-conseiller à la Culture, aux arts, au tourisme et au sport, à la présidence de la République du Bénin. Le premier a échangé avec la personnalité en tant qu'Administrateur général du Musée Adankpo de la Culture et de l'art (Maca). Cette institution, de création familiale, se situe à Abomey-Calavi, au Bénin. L'audience indiquée a permis d'attirer l'attention sur elle. Régis Hounkpè a accepté de nous décrire, notamment, ce qu'est le Maca, dans les trésors à découvrir qu'il recèle. Il a effectué l'exercice à travers l'interview qu'il a bien voulu accorder à notre rédaction ...    


Aperçu des pièces à découvrir au Maca ...


Stars du Bénin : Bonjour, Régis Hounkpè. Vous êtes Administrateur général du Musée Adankpo de la Culture et de l'art (Maca), une institution familiale qui se situe au Bénin, en Afrique de l'Ouest. Pouvons-nous connaître les pièces qu'un visiteur peut espérer aller découvrir au Maca et le nombre total qu'elles font ?


Régis Hounkpè : Merci infiniment, pour votre coup de projecteur sur le Musée Adankpo de la Culture et de l'Art (Maca) qui est effectivement situé à Abomey-Calavi et, précisément, dans le village d'Agamadin.

Agamadin est mon village natal et celui de mes ascendants paternels ; il est un haut-lieu des cultes ancestraux et des cultures traditionnelles de la Cité de Fofo Djaka, fondateur de la Cité d'Abomey-Calavi.

C'est vous dire la concentration de l'histoire, à la fois ancestrale et contemporaine, des pièces rares que vous pouvez retrouver au Maca, des objets originaux, de belles sculptures en bois, des masques uniques dont le plus ancien a plus de 150 ans, des statues de bronze et, entre autres, des tableaux épiques sur le Dahomey.


Régis Hounkpè, Administrateur du Maca

Le Maca fait également la part belle à l'Afrique et au monde. Vous pouvez y admirer au moins une cinquantaine de pièces ayant, chacune, son histoire fascinante, et projetant des enseignements en faveur de la culture, de la fraternité, de la solidarité, de la justice, du panafricanisme et de la paix dans le monde. J'ai le privilège de gérer, avec ma famille, ce lieu d'inspirations, créé par mon père, le professeur émérite, Célestin Yédénou Hounkpè.


Justement, nous voulons mieux connaître la personnalité à l'initiative de la création du Maca et comprendre la manière dont elle a réussi à réunir toutes ces collections de pièces d’art ...


Je vous le disais, à l’instant ; cette personnalité, c'est mon père, le professeur de médecine, Hounkpè, qui a toujours été passionné de culture et d'histoire et qui a patiemment assemblé des pièces et des œuvres depuis 1973.

Pendant son internat de médecine, dans le sud de la France, ses voyages en Afrique et dans le monde et, grâce à des rencontres déterminantes, dans son parcours universitaire et professionnel, il a toujours eu à cœur de réunir, en un lieu consacré, toutes ses pièces, ses cadeaux, ses acquisitions et ses inspirations. C'est comme cela que l'idée du Maca a germé dans son esprit et est devenue effective, il y a presque six ans.


Quel intérêt irrésistible y a-t-il à aller visiter le Maca ?

Tous ceux et toutes celles qui viennent au Musée sont émerveillés par la quantité et par la qualité des pièces. Ils nous posent de multiples questions d'intérêt culturel et intellectuel.

Mon père a dédié une aile du musée à son grand-père maternel, le patriarche David Godonou-Dossou Akplogan qui était un notable porto-novien et un riche commerçant dahoméen. Aujourd'hui, on parlerait aisément d'entrepreneur en multiples réussites ou d'homme d'affaires. Cependant, David Godonou-Dossou Akplogan était surtout un self-made-man qui est parti de rien du tout et qui a obtenu tout ce qui était possible pour une personnalité de son temps et, parfois même, au-delà de ce qui était espéré.


Des visiteurs au Maca



Je veux également ajouter que les enfants et les jeunes trouveront, au Musée, des éléments de satisfaction puisque nous avons déjà accueilli des fratries et des étudiants béninois, nigérians, africains et internationaux.


Où se situe le Maca, au Bénin, et quels sont les jours et les horaires selon lesquels on peut le visiter ?


Nous sommes situés à Agamadin, au cœur même du village, à moins de cinq minutes du centre-ville d'Abomey-Calavi. Nous sommes ouverts tous les jours de la semaine de 9h30 à 18h30. Néanmoins, nous pouvons ouvrir au-delà car nous sommes très flexibles et ouverts à la découverte pour les autres. Tant qu'il s'agit de découvrir la culture et l'art, nous sommes disponibles.


Que signifie "Adankpo", le nom que votre père a donné au Musée qu’il a créé, et pour quel message ?


Adankpo est le nom de famille de mon arrière-grand-père et Hounkpè était le prénom d'initié au culte local de mon grand-père. C'est un concours de circonstances qui nous fait porter Hounkpè. Le fondateur a souhaité redonner sa place au nom originel en baptisant le Maca. Même si nous sommes un musée familial ou une résidence-musée, nous souhaitons, au-delà des Adankpo-Hounkpè et des Godonou-Dossou Akplogan, partager ce temple de la culture et des arts avec tout le monde. Les amoureux de la culture, de la littérature, de la bande dessinée, du cinéma, du théâtre y sont chez eux. Nous organiserons pour eux des résidences d'artistes et des événements pour valoriser leurs expressions.


Très récemment, Ayibatin Jonas Hantan, Ministre-conseiller à la Culture, aux arts, au tourisme et aux sports, à la présidence de la République du Bénin, vous a reçu en audience. Vous vous battez déjà bien pour une reconnaissance par le gouvernement béninois de l'importance du Maca ...


J'ai effectivement été reçu en audience au cabinet du Ministre-conseiller, Jonas Hantan. Il s'est montré disponible et à l'écoute de nos projets et des activités du Maca. Il m'a confirmé que le gouvernement béninois, sous l'impulsion du président Patrice Talon, a fait de la culture une priorité. Selon le Ministre-conseiller, le musée doit être encouragé, comme toutes les initiatives privées qui valorisent l'identité du Bénin et de l'Afrique.


De gauche à droite, Ayibatin Jonas Hantan, après l'audience qu'il a accordée à Régis Hounkpè


Il m'a également donné des conseils pertinents et a promis de poursuivre nos échanges. Je le remercie pour la qualité de nos entretiens. Je sais que je peux compter sur son dynamisme pour nous aider à faire du Maca une étape remarquable et incontournable de la culture, des arts et du tourisme au Bénin et en Afrique.


En guise de mot de fin à cette interview, veuillez nous dire si l'on peut lire, à travers cette audience que vous a accordée le Ministre-conseiller Hantan, une stratégie, de votre part, pour intégrer le Maca dans l'un des circuits touristiques porteurs dont le Bénin dispose à l'heure actuelle.


C'est tout l'objectif. En créant ce Musée, mon père nourrit l'ambition de partager et de transmettre la culture au plus grand nombre et, surtout, aux jeunes générations. En plus de faire figurer le Maca comme un site essentiel des circuits touristiques à l’aller et au retour de Ganvié, par exemple, nous entrevoyons de faire du Musée la maison des artistes pour y tenir des vernissages, des expositions, des master class, des spectacles et même des concerts.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo