jeudi 4 mars 2021

Le Directeur de l’Ensemble artistique national, Marcel Zounon, rend compte de sa mission

Dans le cadre de sa tournée de collecte des éléments du patrimoine culturel immatériel


Marcel Zounon, Directeur de l’Ensemble artistique national (Dean), a tenu une conférence de presse le mercredi 3 mars 2021 au siège de l’institution à Cotonou. Il a entretenu les journalistes culturels des résultats de sa tournée nationale de collecte de nouveaux rythmes et de danses afin de diversifier les créations ultérieures du Ballet national. En outre, sa présentation a été complétée par la proclamation des résultats du casting de recrutement des nouveaux membres de l’orchestre national de musique traditionnelle, qui pratiquent les nouveaux rythmes répertoriés.

Marcel Zounon, au cours de ses explications, lors de la conférence de presse

24 rythmes traditionnels inédits recueillis à travers le territoire national béninois pourvus de 24 danseurs de ces rythmes désormais membres du Ballet national. Le résultat de la tournée qu’ont effectuée à travers le Bénin Marcel Zounon et son équipe technique, ce dont la personnalité a rendu compte aux hommes de médias lors de la conférence de presse, qu’elle a animée dans le milieu de la matinée du mercredi 3 mars 2021 à la Direction de l’Ensemble artistique national sis quartier de Kindonou à Cotonou.


Pour l’orateur, les 24 rythmes concernés émanent des 12 départements béninois à raison de 2 pour chacun d’eux. Afin d’atteindre cet objectif, il a fallu parcourir tous ces départements du 9 novembre au 13 décembre 2021, sillonnant les communes les abritant, identifiant les communautés détentrices, dialoguant avec elles, négociant le partage et, en cas de besoin, sacrifiant à des rituels appropriés.


Pour Marcel Zounon, cette tournée relève d’une mission qu’a confiée le Ministre de la Culture, Jean-Michel Abimbola, à l’Ensemble artistique national (Ean), suite au remaniement du Plan de Travail annuel (Pta) du département ministériel concerné. Les trois objectifs de cette mission étaient d’identifier les chants, les danses et les musiques aux fins de la captation de leur pratique au sein de leurs milieux respectifs d’extraction, de remplir les fiches d’identification liée à la liste provisoire de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel, un inventaire sur lequel est commise pour travailler l’Ecole du Patrimoine africain (Epa), et, enfin, de recruter 24 nouveaux danseurs du Ballet national, à raison d’1 pour chacun des rythmes retenus pour appartenir au nouveau répertoire de l’Ean.


A en croire le conférencier, le cahier de charges a été bien rempli par des missionnaires qu’étaient des membres de la Direction du Patrimoine culturel (Dpc), les Directeurs départementaux spécifiques de la Culture par les anciens couples de Départements, Coffi Adolphe Alladé, Chorégraphe en Chef du Ballet national, Claude Balogoun, Président-Directeur général de ’’Gangan prod’’, pour les captations, sans oublier Marcel Zounon, lui-même.


« Je rêve, je rêve de la mise en place de toutes ces danses pour mon pays ! », n’a pas manqué de s’enthousiasmer l’intervenant, expliquant que les 24 nouveaux rythmes élus aux fins de la diversification des danses de l’Ean devraient faire l’objet d’une formation des membres du Ballet national par les 24 nouveaux danseurs sélectionnés à l’issue du casting mentionné, sans oublier que ces nouveaux entrants aussi sont prévus pour être initiés aux normes du professionnalisme en matière de danse traditionnelle.


En outre, selon les précisions qu’a apportées Marcel Zounon, les groupes privés de musique traditionnelle pourront s’inspirer des nouvelles danses mises à jour après la tournée de l’Ean afin de lancer leurs créations artistiques dans une nouvelle dimension.

Marcel Kpogodo Gangbè


 

Les 24 rythmes choisis


En plus des explications qu’a apportées Marcel Zounon, au cours de la conférence de presse, il lui est revenu de rendre publique la liste des 24 rythmes qui ont été recueillis à l’issue de la mission effectuée.


Rythmes - Départements - Lieux de captation

1.      Gogooré - Alibori - Kandi

2.      Haraka - Alibori - Gogounou

3.      Wourou - Borgou - Gammian / Bembèrèkè

4.      Kiarou - Borgou - Pèrèrè Sonon

5.      Fayinfè / Féyinfè - Atacora - Koronthière (Bouncombé / Cobli)

6.      Kounya - Atacora - Kantchakountamou / Natitingou

7.      Assassa - Donga - Ouaké

8.      Zolaari - Donga - Djougou Centre

9.      Ogou - Collines - Savè et environs

10.  Azahoun - Collines - Ouèdèmè, Aclahounkpa et Savalou

11.  Gblo - Zou - Sinhoué / Abomey

12.  Gô - Zou - Covè ou Zangnanado

13.  Kpoka - Mono - Zougamè / Lokossa

M- Zandro - Mono - Akodéha, Zounhoué (Athiémé)

15.  Achikpé - Couffo  - Kissamè (Aplahoué)

16.  Adja Zinli - Couffo - Toviklin, Klouékanmè, Azovè et Dogbo

17.  Bata - Plateau - Pobè

18.  Iwé - Plateau - Kétou

19.  Akôhoun - Ouémé - Adjarra

20.  Agogbé - Ouémé  - Aguégué

21.  Avivi - Atlantique - Avakpa

22.  Akitihoun - Atlantique - Savi (Ouidah)

23.  Kôdranhoun - Littoral - Agbondjèdo

24.  Tonoukon - Littoral - Ahouansori Agué.


M.K.G.

 


Les 24 artistes retenus


La conférence de presse s’est achevée avec la proclamation par Marcel Zounon des résultats du casting organisé par l’Ean afin de recruter les danseurs pratiquant, respectivement, les nouvelles danses retenues pour enrichir les prochaines créations de l’orchestre national de musique traditionnelle. Coffi Adolphe Alladé, Président du Jury ayant délibéré, a été assisté par Claude Balogoun, par le Directeur départemental afférent et, enfin, par Marcel Zounon.


Titulaires - Départements - Suppléants

1.      KOTO Chérifa - Alibori - TOUNON Yô Christine

2.      DJOULDE Soumanou - Alibori - DJOULDE Djobo

 

1.      CHABI DAKARA Mohamed - Borgou - SIO Imorou

2.      ABOUDOU Moussa - Borgou - BATIA Mama Midou

 

1.      KASSA Chantal - Atacora - YOGOU Yollande

2.      N’WEMOU Clément - Atacora - KOUAGOU N’Tcha Christian

 

1.      YAYA Alassane - Donga - BASSAOU Latifa

2.      MAYABA K. Aziz - Donga - LASISI Mutiatu Arikè

 

1.      ABISSI Kossi Benoît - Collines - HOUNGLA Simplice

2.      AHISSOU Prisca - Collines - YAMANTCHE Hyacinthe

 

1.      LEGBA Estelle - Zou - AGBOKONI Joséphine

2.      GANSINTOHOUN Daniel - Zou - AGBIDINOUKOUN Délice

 

1.      AKOGNINOU Natacha - Ouémé - GOVOEVI Y. Léon

2.      HOUNHOUI Amandine - Ouémé - VODOUNNON Hélène

 

1.       OKPA O. Julien - Plateau - ADETOKOUNA A. Fabrice

2.      AKIELE Rachad - Plateau - FASHESSI O. Adjima

 

1.      TOSSOU Kocou Gilbert - Mono - HOUNGBIOGBE Lazare

2.      KOFFI Christophe - Mono - TOSSOU Coffi Florent

 

1.      GAKOU Benoît José - Couffo - MOMBOU Betin Victorien

2.      KOMMANDAN Cécile - Couffo - TOHOUN Colette

 

1.      GOUTON Amandine - Atlantique - AKPADJEVO Patrice

2.      GAMBO Mathurin - Atlantique - DJEGO Eugène

 

1.      NIEDJO Guillaume - Littoral - AVALANN Rolland C.

2.      AFFOKPE T. Pierre - Littoral - AGBOZEHOUE Charles

 

M.K.G. 

dimanche 28 février 2021

Fonds de Bonification : toute la clarification du Directeur général Gilbert Déou Malè

Dans le cadre d’une conférence de presse qu’a animée la personnalité à Cotonou


Le Directeur général du Fonds des Arts et de la culture (Fac), Gilbert Déou Malè, a animé une conférence de presse le jeudi 25 février 2021 à ’’La flamme d’amour’, l’esplanade ’’Baflora’’ situé au quartier d’Agla à Cotonou. Le Fonds de Bonification était au centre des échanges de la personnalité avec les journalistes culturels. Il ressort des informations apportées par l’autorité que le Fonds indiqué, désormais rendu opérationnel, concerne un type particulier d’acteurs culturels.

De gauche à droite, Séfou Alidou et Gilbert Déou Malè


Les détenteurs d’espaces culturels, les promoteurs culturels, les producteurs, les entrepreneurs culturels. Ce sont les catégories d’acteurs du secteur des arts et de la culture, concernées par le Fonds de Bonification, à en croire Gilbert Déou Malè, Directeur général du Fonds des Arts et de la culture (Fac), au cours de la conférence de presse, qu’il a initiée et animée dans la matinée du jeudi 25 février 2021, à l’esplanade ’’Baflora’’ dénommée ’’La flamme d’amour’’ sis quartier d’Agla à Cotonou. Dans cet exercice, il était assisté de Séfou Alidou, un ancien Président du Conseil d'Administration du Fonds des Arts et de la culture, ayant participé à la réalisation du Fonds de Bonification, à l'époque, à l'état de projet.

Pour le conférencier, le Fonds de Bonification est ouvert à ce genre d’acteurs qui, pour la circonstance, doivent justifier d’une nationalité béninoise, exercer dans le domaine culturel,  se faire connaître dans le secteur formel et disposer d’une industrie culturelle. Par conséquent, contrairement aux idées qui avaient circulé par le passé, les artistes en situation de création sont écartés du bénéfice du Fonds concerné lorsqu’il s’agit pour eux de chercher un financement afin de faire aboutir le fruit de leur inspiration. Mais, s’ils se convertissent aux conditions fixées précédemment, ils interviendront alors comme des acteurs d’une catégorie éligible.

 


De l’opérationnalisation du Fonds de Bonification


Cette clarification faite, Gilbert Déou Malè a donné des précisions sur le fonctionnement du Fonds de Bonification, laissant comprendre que sa concrétisation relève du partenariat que le Fac a signé avec deux banques de la place, où les élus pourront obtenir un prêt afin de financer le fonctionnement de leur industrie culturelle, le Fonds de Bonification devant se charger de payer l’intégralité des intérêts générés par le prêt qu’a effectué l’entrepreneur culturel. De même, celui-ci se trouve couvert par la banque face à la garantie qui devrait lui être exigée, vu que l’Etat, par le biais du Fac, inspire la confiance de l’une ou l’autre institution bancaire dans le client qui passe par lui pour obtenir le prêt. « Le Fac offre l’arbitrage de l’Etat entre les banques et les entrepreneurs culturels en instaurant la confiance pour un projet de l’entrepreneur dont il certifie qu’il peut s’acquitter de ses dettes », a affirmé, à ce propos, le Directeur général du Fac.


Et, dans sa mise en œuvre, le Fonds de Bonification a suscité de la part du Fac des prévisions financières de couverture des intérêts de prêts à octroyer à des entrepreneurs culturels sur la base de plus d’une cinquantaine de dossiers reçus par l’institution, deux à trois années auparavant. « Le contenu du dossier détermine le crédit à mettre à la disposition du requérant qui s’adresse à la banque », s’est ouvert Gilbert Déou Malè. Par la suite, selon lui, la banque fait alors son choix et met en place le crédit deux à trois semaines plus tard. « L’entrepreneur culturel doit être, à cet effet, épaulé par le Fac », a précisé le Directeur général, avant de rassurer : « Tout a été mis en place pour que tout se passe dans la transparence et dans un succès éclatant ». Il n’a pas manqué d’ajouter que le Fonds de Bonification concerne les entrepreneurs culturls sur toute l’étendue du territoire national, annonçant un lancement officiel du produit dans les semaines à suivre.


 

Des bénéfices du Fonds de Bonification 

  

Selon lui, si le Fonds de Bonification a fait l’objet d’une vision du Chef de l’Etat, le Président Patrice Talon, depuis son accession au pouvoir en 2016, il a pour objectifs l’entrée dans le secteur formel des entrepreneurs culturels, la création de la richesse dans le domaine culturel et la création de nombreux emplois. A en croire ses propos, ce Fonds permet aux artistes de mettre sur le marché des « œuvres compétitives » et des œuvres de qualité fondées sur un personnel bien formé au niveau des maillons de la chaîne de l’industrie culturelle.


Dans ces conditions, l’orateur a évoqué, dans la continuation de ses réflexions, des avantages additifs du Fonds de Bonification : la professionnalisation des artistes, leur autonomisation et la rentabilité de leurs produits, ce qui conduit à la remise en cause de plusieurs maux sociaux tels que la délinquance, la toxicomanie, l’alcoolisme et la prostitution avec, une conséquence intéressante : la mise en place des « conditions d’une gouvernance apaisée » et la « restauration de l’artiste dans sa vraie dimension sociale ». Pour lui, avec le Fonds de Bonification, l’acteur culturel devient un acteur de développement et n’est plus un citoyen astreint à la mendicité.


Compte tenu de ces avantages remarquables du Fonds de Bonification, Gilbert Déou Malè en a présenté ses remerciements au Chef de l’Etat. « C’est inédit ; c’est la première fois que l’Etat met à disposition un tel produit », a-t-il commenté, avant d’expliquer que la naissance du Fonds concerné ne mettait pas en cause l’existence des services classiques du Fac.

Marcel Kpogodo Gangbè