Dans le cadre de l’avant-première du film
’’Pile ou face’’ est un long métrage de fiction, réalisé par Beaucéjour Akodjènou. L’avant-première du film s’est tenue le vendredi 13 février 2026. Le lieu du déroulement de l’événement était ’’Le privilège’’, à Abomey-Calavi. L’amour est le thème principal de la production. Un sang-froid remarquable y met en relation les protagonistes. Il fait s’enchaîner les méfaits liés à un amour hors de contrôle.
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| La paix qui ouvre la boîte de Pandore dans ''Pile ou face'' |
L’amour, de la candeur à l’horreur, par un haut niveau de maîtrise de soi, à des fins de grande nuisance. La substance des 117 minutes 25 secondes de ’’Pile ou face’’, le film de fiction de long métrage, réalisé par Beaucéjour Akodjènou, qui a été projeté, en avant-première, le vendredi 13 février 2026, à la salle de cinéma du complexe hôtelier, ’’Le privilège’’, situé au quartier d’Arconville, dans la commune d’Abomey-Calavi, au Bénin.
Chéryl, portant le gâteau approprié, se rend chez son amoureux, Rashid. Elle va célébrer son anniversaire. Elle découvre Gloria avec qui il la trompe. Elle rebrousse chemin, emportant la bouteille de champagne. Peu après, l’infidèle se présente au domicile de la cocue. Il lui restitue les affaires qu’elle avait laissées chez lui. Il lui réclame aussi les clés de son appartement. Chéryl tente de surmonter son malheur. Elle va à une soirée, initiée par son amie, Rébecca. Elle achève la sortie par une relation intime avec un inconnu. Elle retourne à sa maison, rejoignant Alison, cette amie de longue date. L’action évolue. Toutes deux honorent un dîner auquel les a invitées Marc, le prétendant d’Alison. Chéryl se rend compte qu’il est l’inconnu de la soirée avec Rébecca. Marc fait une fixation sur elle. Tout bascule puisqu’il l’aime à l’obsession. Dans la foulée, Marc, médecin, utilise les proches de ses patients démunis. Il soigne, à moindre frais, les malades concernés si les membres de leur famille collaborent avec lui. Ils doivent l’aider à séparer Chéryl de Rashid avec qui elle s’était réconciliée. La malfaisance de Marc n’a plus de limites. Il la fait filer. Chéryl lui fait front jusqu’à un deal macabre. Ils s’égalent en froideur.
Dans le film, elle leur fait s’affronter sans des éclats mais avec des dégâts. Alison en perd sa grossesse et la vie après qu’elle a tout découvert. Elle a compris l’infidélité de Marc et son obsession pour sa meilleure amie.
La tension qui parcourt le film ne tombe à aucun moment. Les acteurs en prennent l’ampleur. Ils l’entretiennent par du sang-froid et de l’impassibilité. En toute douceur, ils se règlent des comptes. Comme sous la pression d’un darwinisme latent, les plus faibles disparaissent. Marc a fini de les affaiblir, de les utiliser, de les user. La tension se matérialise par une évolution à pas feutrés, non par de l’explosion. L’action ne suscite pas moins de la réaction. Marc et Chéryl, jusqu’au dénouement, sont les maîtres du jeu. Gaël Hounkpatin et Hidayatou Ibrahim, respectivement, à l’état-civil, sont à un niveau maîtrisé et canalisé de leur feu intérieur. Bien que jeunes, ils montrent de la poigne, de la maîtrise de leur rôle. Le spectateur sent qu’ils ne sont pas à leurs débuts au cinéma. Le premier porte à sa boutonnière une dizaine de productions dans lesquelles il a été acteur. ’’Kutonu’’ et ’’Le grand tournant’’ n’en sont pas des moindres. La seconde a impressionné, entre autres, dans ’’Braquage à la béninoise’’ et dans ’’Mami wata’’.
Joseph Sossou, lui, Rashid, dans ’’Pile ou face’’, reste le roi de l’outrecuidance. Il en use dans un calme, une froideur et une désinvolture à couper le souffle. Son surgissement au domicile de sa dulcinée qu’il a trompée, pour rendre des effets et réclamer une clé en a donné un certain ton. Son cynisme se fonde sur un grand sang-froid.
Beaucéjour Akodjènou, le réalisateur, a tissé un réseau psychologique à l’image du fonctionnement de la société béninoise. Elle sait tout subir, encaisser, gérer, contrôler et tout détruire, régler, en douceur. Comment y est-il arrivé ? Inévitablement, par ce qu’il a de commun avec la plupart de ses acteurs : du métier.
Le trentenaire est Licencié professionnel en Réalisation cinéma-Tv. Son institution de formation est devenue une légende. Il s’agit de l’Institut supérieur des Métiers de l’audiovisuel (Isma). Il est le fondateur d’une structure de travail, la ’’Dream focus production’’. Beaucéjour Akodjènou capitalise le sceau de son label sur des séries de télévision, des séries du web. Ce sceau le fait auteur de spots publicitaires, de films de tous métrages. Ces films relèvent de la fiction ou du documentaire. Il a conçu ces productions audiovisuelles pour le Bénin, pour l’ouest-africain. Il en a fabriqué pour des organisations internationales de poids.
Il a, donc, du métier. Il a voulu se meubler dans le commun du film contemporain. Il a osé l’incontournable du sexe à la 920ème seconde de ’’Pile ou face’’. La séquence intime entre Marc et Chéryl a fait son effet. Il a eu l’audace de la violence par le pistolet. Cette séquence est effective après 57 minutes et 22 secondes de visionnage. Ola, qu’incarne Hermann Agazounon, force Rashid à ne plus revoir Chéryl. Un pied-de-nez, un hors-sujet par rapport à la logique de Beaucéjour Akodjènou dans le film. Elle est celle d’une tension fondée sur l’explosion psychologique. Elle est celle d’une tension qui exclut toute explosion physique. Marc avait usé d’un couteau pour dissuader la même Chéryl. Il aurait fallu ne pas en faire une habitude. Il aurait fallu rester fidèle à l’atmosphère généralement feutrée du film. Il comporte plusieurs séquences de vue aérienne d’une ville animée, de jour et de nuit. Cela suffit, de même que les paroles suggestives de la musique, écrites par Palenfo Dômontchièleh. Cet assemblage donne du mouvement à ’’Pile ou face’’. En juin 2026, les spectateurs devraient se ruer vers les salles de programmation de sa projection. Ce sera pour admirer du regard une production béninoise se positionnant en une merveille.
Marcel Kpogodo



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