mardi 18 avril 2023

« […] la Bandafre nous donne une certaine capacité de […] nous faire comprendre des autres », selon Hodall Béo

Dans le cadre d’une interview qu’il a accordée à notre rédaction


La bande dessinée faite par les dessinateurs des pays de l’Afrique foisonne de productions. Cependant, elle est manque d’identité. Pour résoudre cette situation, Hodall Béo, artiste bédéiste béninois, conçoit la Bande dessinée africaine (Bandafre). Il a bien voulu nous en accorder une interview. Une révélation sur les tenants et les aboutissants du concept que Hodall Béo veut fédérateur pour toute l’Afrique …  

 

Hodall Béo, initiateur du mot, ''Bandafre'', pour signifier, ''Bande dessinée africaine''


Stars du Bénin : Bonjour Hodall Béo, de votre nom, à l'état civil, Hervé Hodonou Alladayè. Vous êtes, entre autres, artiste peintre, caricaturiste et bédéiste, exerçant dans ces domaines depuis plusieurs années, de même que vous êtes désormais l'initiateur du concept de la « Bande dessinée africaine » (Bandafre). De quoi s'agit-il ? Quand avez-vous créé ce concept ? Comment le définissez-vous ?

 

Hodall Béo : La Bandafre, c'est, bien sûr, le sigle issu du groupe de mots, la Bande dessinée africaine. En effet, il faut comprendre quelque chose : quand on dit « Bd » ou « Bande dessinée », c'est une forme d'expression artistique qu'on appelle le 9ème art. Habituellement, cet art consiste à raconter des histoires en utilisant une suite de dessins posés sur une page ou sur plusieurs pages ; les dessins interviennent entre eux à travers des dialogues de textes qu'on inscrit dans des bulles qui sont des formes de cadres ronds ou rectangulaires. C'est cela, la bande dessinée.

Elle est une forme d’expression qui globalise ce type d’art venant de plusieurs pays parfois, c'est-à-dire qu’elle est de diverses origines. Donc, la Bande dessinée africaine, c'est cette expression de la bande dessinée qu'on fait en Afrique. Nous autres, dessinateurs africains, nous avons cette manière-là de raconter nos histoires à travers la bande dessinée ; elle est bien africaine, elle raconte les histoires de l'Afrique.

Lorsque la bande dessinée vient de l'Europe, on peut parler de la bande dessinée franco-belge parce que c'est davantage les Français et les Belges, les Belges, en premier, donc, qui en ont développé vraiment la technique et le style puis qui ont fait connaître cette Bd sur l'Afrique. Ce sont eux qui nous ont envahis, du fait de la colonisation, et qui nous ont apporté cette forme d'expression-là et nous avons commencé à l'appliquer chez nous. C'est bien connu, aujourd'hui. Et, nous-mêmes, nous avons développé notre manière de faire cette bande dessinée qu'on appelle la Bande dessinée africaine. Elle se particularise, donc, de la bande dessinée européenne.

Cette même forme d'expression venant du Japon s'appelle les ’’Mangas’’. Lorsque cette forme d'expression vient des États-Unis, on parle de ’’Comix’’ ou de ’’Disney’’. Donc, en fonction des origines de la bande dessinée, elle porte un nom qu'il faut bien particulariser.

En observant le fait, je me suis dit qu'il nous faut créer le sigle à partir de  l’expression, « Bande dessinée africaine », ce qui donne la ’’Bandafre’’. Cela permettra d'avoir un petit mot rapide à utiliser, facile à manipuler et plus vendable que d’utiliser, à chaque fois, toute l’expression, « Bande dessinée africaine », plus lourde à dire.

C'est surtout pour cette raison que je me suis penché sur la situation, après analyse. Et, j'ai jugé bon d’expliquer et d’exprimer la Bande dessinée africaine sous le vocable de ’’Bandafre’’.

 


Il y a, donc, un besoin que vous avez pensé à combler en mettant en place la Bandafre …

 

Cela m'est venu du fait que j'ai réfléchi un peu sur la situation parce que, la plupart du temps, j'ai constaté qu’on ne se retrouve pas souvent, entre hommes du métier, pour échanger et penser.

En réalité, notre métier, on l'exécute comme on nous l’a toujours montré. On ne se pose pas souvent des questions, on le fait comme ça. Mais, quand on en vient à la question, on constate très bien que la bande dessinée africaine existe parce que les gens la pratiquent en Afrique. On ne peut donc pas dire que les Africains font de la bande dessinée franco-belge puisqu’ils ne sont ni français ni belges. Du coup, ils font de la bande dessinée africaine bien qu'ayant appris la technique de la bande dessinée dans les livres ou dans les écoles franco-belges à travers ’’Tintin’’, ’’Spirou’’ et ’’Astérix’’, notamment, et par d’autres bandes dessinées italiennes, ’’Akim’’, ’’Zembla’’, entre autres. De même, ce n’est pas parce qu’un Africain est champion en karaté qu’il est chinois.

Pour illustrer mes propos, nous avons beau dessiner des Bd ’’Mangas’’ des Japonais, nous restons des Africains. Pour être explicite, nous demeurons des Africains exerçant la bande dessinée africaine dans un style de ’’Mangas’’. Nous sommes donc des « bandafristes ».

 


La Bandafre est-elle aussi un canal pour faire découvrir aux lecteurs les réalités que vivent, au quotidien, les habitants des pays d'Afrique ?

 

Il faut que nous recherchions, en tant qu'Africains, une certaine souveraineté en réfléchissant sur les concepts parce qu’on ne va pas toujours laisser les Européens venir penser à notre place. On est des hommes du métier, du domaine. On doit se poser des questions parce qu’on devait avoir constaté que, depuis un temps, la bande dessinée qui vient des États-Unis s'appelle d’un nom, celle qui vient du Japon s'appelle d’un nom et, celle qui vient de l'Afrique, on l'appelle de façon vague, « bande dessinée africaine »

Cela est vraiment vu de façon péjorative ; c'est une bande dessinée qui se fait en Afrique comme si cela n'existait pas. Pourtant, cela existe bel et bien : on y fabrique des histoires et plusieurs pays la pratiquent, en l’occurrence, la Côte d'Ivoire qui est très connue, en matière d'humour, ou Madagascar qui a connu une période de la floraison de la bande dessinée.

Dans ce second pays, les artistes faisaient des livres semblables, dans leur format, à la bande dessinée italienne, un peu dans le genre d’ ’’Akim’’ et de ’’Zembla’’. Ils y étaient très spécialisés et les bandes dessinées se vendaient bien, dans presque toutes les rues dans les villes de Madagascar. C'était incroyable. Ces dessinateurs-là gagnaient de l'argent par la bande dessinée ; ils fabriquaient des histoires de Madagascar. On a parlé, en ce moment-là, de l’âge d’or de la Bd malgache.

On peut dire que cette bande dessinée africaine existe bel et bien puisqu’elle est dissimulée à l'intérieur de chaque pays, de chaque enclos colonial. Cette Bd existe mais, seulement, elle est confinée dans le système francophone. Comme l’on y parle français, on l'appelle la Bande dessinée africaine. On peut simplement la mettre sous un nom plus restreint, la Bandafre !

 


Vous avez choisi de créer la Bandafre alors que les Africains ont leur regard, fasciné, tourné vers les réalités occidentales plutôt que vers leur culture d'origine …

 

Oui, la Bandafre, c'est, au fait, un mot pour pouvoir faciliter la compréhension que la Bande dessinée africaine existe. Mais, déjà, la bande dessinée africaine raconte naturellement les histoires des Africains. J'ai souvent l'habitude de dire que quand, par exemple, un bédéiste, un dessinateur de bande dessinée africaine la fait dans un style de ’’Mangas’’, il utilise les ’’Mangas’’ comme un style d'expression ; il ne peut pas dire qu'il est Japonais parce qu'il a beau dessiner comme le Japonais. Il n'est qu'un Africain et il doit pouvoir se reconnaître en tant qu'Africain.

Un Africain qui produit de la bande dessinée fait, forcément, une bande dessinée africaine donc il fait de la Bandafre.

Donc, au fait, la Bandafre est le mot générique que je donne à la Bande dessinée africaine qui relate les histoires africaines. Mais, déjà que la Bande dessinée africaine existe systématiquement, elle relate les histoires africaines ; elle peut relater les histoires de l'Europe mais si tant est que c'est un Africain qui a pris sa plume et qui dessine, il fait de la Bandafre.

 


Pourriez-vous nous parler des moyens d'action de la Bandafre pour atteindre ses objectifs ?

 

C'est pour une quête de souveraineté. On doit pouvoir être souverains. À un moment, il faut pouvoir rechercher une certaine part de fierté. Les gens ont beau se tourner vers l'extérieur, au fait, l'Afrique n'a pas choisi. L'Afrique s'est retrouvée, un beau matin, envahie ; ce n'est pas comme au Japon qui a pu fonctionner en vase clos et développer une approche de la bande dessinée qu'on appelle « héroïque fantaisie » parce qu’elle raconte des histoires d’héroïques fantaisies que les ’’Mangas’’ véhiculent. Les bédéistes japonais racontent des histoires parfois complètement détachées de toute l'histoire de leur passé, c'est-à-dire qu’ils fabriquent un personnage, de toutes pièces, et le font évoluer dans un monde complètement fantasmé. C’est cela, les ’’Mangas’’ qu'on voit.

Mais, l'Afrique n'a pas eu cette opportunité. Elle s'est retrouvée envahie depuis les grandes invasions qui ont imposé les religions telles que l’Islam, puis par la colonisation. L’Afrique n'a pas été lâchée depuis. C'est l'Europe toujours qui nous a appris à consommer ce qu'elle transforme ; on est devenus, de fait, un vivier de consommateurs.

Donc, on n'a pas eu le temps de réfléchir. On a absorbé tout ce que l’Occident et l’Orient nous ont apporté. Même la démocratie nous a été apportée. Les ’’Mangas’’ nous sont tombés dessus, de même que les ’’Comix’’ américains. 


Aperçu de planches de la Bandafre - Crédit photo ; Hodall Béo


On constate donc que la Bande dessinée africaine puise ses repères dans l’ensemble de ces styles importés puisque, de toute évidence, la Bd africaine s’est forgée et continue de se fonder sur ces Bd-là. Elle a phagocyté tout cela en elle. Du coup, vous pouvez voir des bédéistes africains qui dessinent dans le style des ’’Mangas’’ ou dans celui des ’’Comix’’. Ces styles sont venus de partout. On doit les considérer comme étant des styles au cœur de la Bandafre.

 


Un concept suppose des défenseurs, des partisans. Avez-vous des bédéistes au Bénin et ailleurs qui acceptent de vous suivre dans votre projet, qui acceptent de défendre et d'illustrer la Bandafre ?

 

Les bédéistes africains sont en train de faire déjà de la bande dessinée africaine. Cela existe bel et bien. On n'est pas en train d'inventer quelque chose de nouveau. Seulement, on est en train de mettre en place un nom qui puisse faciliter la distinction entre les Bd du monde et celles de l’Afrique.

Maintenant, l'objectif, c'est l'avenir qui nous le dira. Pour peu que les enfants africains aiment saisir leur crayon et dessiner en racontant leurs histoires, ils donneront une chance à la Bandafre d'exister.

 


Où en êtes-vous dans l'atteinte de vos objectifs depuis que la Bandafre est née et quels projets avez-vous pour la Bandafre en 2023?


Les bédéistes ne manquent pas, ils sont déjà dans le métier, Ils le font seulement. Leur souci n’est pas souvent de réfléchir sur le concept, en tant que tel. Donc, pour certains, cela devient souvent un peu dérangeant d'en parler parce que celui qui fait sa pratique de la Bd est plus dans une dynamique de création et de gagne-pain. Commencer à soulever des concepts, cela lui importe peu. Cela ne change pas non plus son quotidien.

Or, la Bandafre nous donne une certaine capacité de comprendre mieux ce qu'on fait et de nous faire comprendre des autres. Dès lors, le jour où des bédéistes sont appelés pour pouvoir parler de leur métier, ils sauront parler avec des mots plus précis et sauront mieux expliciter les concepts. C'est pour cela que c'est mieux d'y penser, de développer toute une réflexion autour de la Bandafre, pour en faire un concept de fond.

Nous allons discuter entre collègues, que ce soit les collègues de mon pays, ou d'autres pays. Nous allons échanger et faire en sorte que, petit à petit, nous puissions tous converger vers ce mot, la Bandafre, pour pouvoir, au fait, formaliser, en quelque sorte, notre métier et nous octroyer, vraiment, cette part de souveraineté qui nous fait cruellement défaut.

Propos recueillis par Herman Sonon

mercredi 11 janvier 2023

La ’’Cie dimension’’ lutte contre les harcèlements

A travers un spectacle déambulatoire


Par une performance intitulée, ’’Le cri des lionnes’’, les artistes de la ’’Cie dimension’’ se sont produits au quartier de Gbégamey, dans le 11ème arrondissement de la ville de Cotonou, le mercredi 4 janvier 2023. Il s’agissait pour les concernés de sensibiliser la population sur l’existence de différentes formes de harcèlement.


Un aperçu de la déambulation artistique de la ''Cie dimension'' - Crédit photo : Léandre Houan

Masque des visages et port d’accoutrements frappants. L’apparence que présentaient les artistes de la ’’Cie dimension’’, au cours de la performance qu’ils ont tenue, dans l’après-midi du mercredi 4 janvier 2023, au quartier de Gbégamey, au niveau du 11ème arrondissement de Cotonou.


La déambulation indiquée avait la forme d’une performance artistique ayant pour nom, ’’Le cri des lionnes’’. Ainsi, ces artistes qui déambulaient animaient la manifestation par des chants que rythmait du tam-tam. Ils ont pris le départ du marché de Gbégamey pour une destination bien prévue à l’avance : le jardin, ’’Cardinal Bernardin Gantin’’, en face de la Faculté des Sciences de la santé (Fss).


En parcourant l’itinéraire attendu, les manifestants artistiques ont marqué plusieurs arrêts. Chacun d’eux était une occasion pour attirer l’attention des marchandes, des conducteurs d’engins et de voitures et des passants de tous ordres montrant un visage interrogateur, sur un message fort que portaient des écriteaux qui ceignaient la taille des artistes déambulateurs : « Je suis une lionne et non une proie », « Ce n’est pas facile d’être responsable », « Etre responsable, c’est être capable de supporter des tonnes de sable ».



''Le cri des lionnes'', un spectacle en bonne et due forme


A leur arrivée au jardin ’’Cardinal Bernardin Gantin’’, le public a assisté à une représentation théâtrale. Le visage masqué, un acteur fait son apparition, un chapeau-parapluie sur la tête, vêtu d’un boubou blanc sur lequel étaient écrits des mots semblant indiquer son statut de scène : « Harceleur », « Oppresseur ». De cette manière, il incarnait le harcèlement au sein de la société humaine, sous ses formes les plus fréquentes, et dans tous les milieux possibles : la famille, l’école, le travail et même la rue.


Il était question de faire comprendre aux spectateurs de circonstance de quelle manière les catégories diverses de  harcèlement peuvent engendrer, entre autres, le désarroi chez une élève et l’adultère au niveau d’une femme adulte, de manière à contribuer à détruire, chez celle-ci, sa vie conjugale.


L'une des toiles peintes au cours du spectacle, ''Le cri des lionnes'' - Crédit photo : Léandre Houan

Le jeu des artistes a connu un moment déterminant : les acteurs-personnages incarnant les victimes de harcèlement ont lancé, en chœur : « Assez ! Assez ! Assez ! Je suis une lionne et non une proie ! ». Ils ont mené la courte représentation dans un décor que ceinturaient trois toiles qui se peignaient au fur et à mesure que la scène se déroulait. Ceci laissait percevoir le message selon lequel les couches sociales ne peuvent combattre le harcèlement qu’en s’unissant. 

 


Genèse et fondement du ''Cri des lionnes''


Pour Chakirou Salami, administrateur de la ’’Cie dimension’’, metteur en scène du spectacle en même temps que son acteur principal, tout en ayant subi quelques nouvelles touches, ’’Le cri des lionnes’’ est une performance itinérante qui était à son acte 2, au spectacle du quartier de Gbéagmey, l’acte 1 s’étant déroulé, plusieurs jours plus tôt, à l’espace ’’Sowéto’’ du quartier d’Akpakpa. Elle a connu l’intervention de slameurs, de danseurs et de danseurs, de  chorégraphes, de comédiens et de comédiennes, à travers une scène mixte. 


Selon l’intervenant qui, après le spectacle, s’est confié aux médias, ’’Le cri des lionnes’’ relève d’une initiative privée ayant une certaine histoire. « Après notre dernière Ag (Assemblée générale, Ndlr) », expliquait-il, « on s’était dit qu’on avait assez de spectacles dans notre répertoire qui ont beaucoup plus évolué dans des lieux conventionnels, c’est-à-dire  les scènes et les espaces que nous connaissons d’habitude ». A en croire Chakirou Salami, les membres de la ’’Cie dimension’’ se sont dit : « Maintenant, il faut qu’on sorte de ces salles, de ses lieux de spectacles et qu’on aille vers le public avec un produit qui les concerne, un produit qui parle d’eux, un produit qui sensibilise  par rapport à des faits, à des situations que ces personnes vivent tous les jours et qu’elles dénoncent mais qui peinent à reculer ».


Lui-même, artiste comédien et conteur, il s’est entouré, pour le jeu du spectacle, de six autres artistes que sont Joril Ayébou, Marie-Rose Djagba, Samuel Kouton, Kossi Koussougan, alias Zogbé, Esther Iriko Doko et Hervéline Adjadjihoué, de même que de deux chorégraphes, Orphée Ahéhéhinou et Samson Kpadonou, sans oublier El-Katib Ayihoué, l’assistant-metteur en scène du spectacle. 



Perspectives pour ''Le cri des lionnes''


Si elle dispose de moyens financiers adéquats, la ’’Cie dimension’’ souhaite faire voyager le spectacle, ’’Le cri des lionnes’’, à travers le Bénin, dans le but de sensibiliser d’autres cibles sur les différentes formes de harcèlement. 


Selon Chakirou Salami, une pause s’impose, néanmoins, pour des raisons stratégiques. « Il y a d’autres étapes pour le projet. Mais, on voudrait s’arrêter et aller à la quête de financements avec des éléments concrets pour montrer un tant soit peu l’objectif que nous poursuivons », a-t-il précisé, avant d’ajouter que les cibles que vise son groupe sont ailleurs. « Ici, nous avons sensibilisé les cibles de rue. On voudrait aller, par exemple, dans les écoles, les universités, dans le septentrion, voyager pour sensibiliser par rapport à ce fait », a-t-il terminé. 


A travers ’’Le cri des lionnes’’, Chakirou Salami aura réussi à mettre en combinaison différentes disciplines de l’art pour combattre toutes les formes de harcèlement.

Léandre Houan