mardi 30 avril 2019

Une grosse cagnotte en jeu pour les danseurs urbains béninois

Dans le cadre de l’édition 2019 du ’’Global dance supreme’’ (Gds)

Pendant quatre jours se tiendra en Afrique du Sud une importante compétition de danse urbaine. La substance de l’information qu’a révélée une conférence publique s’étant tenue le samedi 27 avril 2019 à l’espace de Cotonou, dédié aux danseurs contemporains et dénommé ’’Urban dance center’’ (Udc). Selon les intervenants, plusieurs millions de Francs Cfa attendent le gagnant de la compétition concernée.

De gauche à droite, Gorges Aboutui, Nourou-Deen Eniola, Rodrigue Toviho et Christie Dossou, au début de la conférence
5 millions 550 mille Francs Cfa. La somme d’argent qui sera reversée au lauréat final de la ’’Global dance supreme’’ (Gds), une compétition internationale de danse urbaine, ce qu’a annoncé Georges Aboutui, le point focal, au Bénin, de l’événement concerné, au cours d’une conférence qui s’est tenue le samedi 27 avril 2019 à l’ ’’Urban dance center’’ (Udc), sis quartier de Cadjèhoun, à Cotonou.
Toujours selon Georges Aboutui, celui qui est qualifié pour prendre part au Gds 2019 bénéficie de plusieurs autres avantages : les frais de voyage vers l’Afrique du Sud, le visa d’entrée dans le pays, l’hébergement et la restauration pendant toute la durée du séjour, sans oublier qu’à la fin de la compétition, il se voit décerner une attestation de participation, de même que, de manière particulière, un trophée et une attestation de représentation du Bénin, si le concerné est le gagnant.


L'Affiche officielle de la Gds 2019

En réalité, à en croire Rodrigue Toviho, un autre membre du Comité d’organisation ayant animé la conférence, le Gds est une compétition mise en place en Afrique du Sud, engageant, chaque année, plusieurs pays du monde dont quelques-uns en Afrique, avec la spécificité qu’en 2019, elle s’ouvre à des nations ouest-africaines dont le Bénin. Aussi, en son sein, chaque pays devra organiser un championnat pour détecter des finalistes capables d’affronter leurs pairs à l’international, plus précisément, à Johannesburg, la ville hébergeant l’événement.
Et, pour Christie Dossou, les besoins de la tenue d’une compétition préliminaire interne au Bénin a rendu nécessaire la création du ’’Global dance supreme Bénin’’ (Gdsb), surtout qu’une licence a été obtenue de la part de l’organisation mère. Ainsi, l’Association ’’Pro 7’’ prend toutes les dispositions pour cette sélection des finalistes béninois. Elle se tiendra le dimanche 12 mai 2019 dès 16 heures précises à l’Espace ’’Mayton’’, sis quartier de Zogbadjè, derrière l’Université d’Abomey-Calavi. Pour finir, la co-conférencière a évoqué les conditions que tout danseur résident au Bénin doit respecter : être de nationalité béninoise, appartenir à l’une des catégories ’’Krump’’, ’’B-boy’’, ’’All style’’ ou ’’Afro style’’, pouvoir évoluer en duo, démontrer du sérieux dans son exercice, faire preuve d’une bonne moralité et manifester une grande disponibilité.


L'Affiche officielle de la Gds Bénin 2019

Appuyant les précisions ci-dessus, Nourou-Deen Eniola, Directeur de l’Udc et aussi membre du Comité d’organisation, a mentionné que les danseurs aspirant prendre part à la finale ont jusqu’au 4 mai 2019 pour manifester leur inscription, sans oublier que les postulants retenus, le jour de la finale, le 12 mai, doivent venir à l’Espace ’’Mayton’’, à 14 heures précises, pour un tirage au sort. « C’est notre mouvement ; il faut que les danseurs l’accompagnent par la mobilisation, par la communication », a-t-il appelé, pour clore son propos.
La conférence s’est achevée par des échanges entre les membres du public autour du thème : « Danses urbaines au Bénin : état des lieux et perspectives ».

Marcel Kpogodo

lundi 29 avril 2019

Les ’’3L Ifèdé’’ prennent leur envol pour les Etats-Unis

Dans le cadre de leur participation au cinquantenaire d’un festival américain jumelé

Le dimanche 28 avril 2019, un peu plus d’une dizaine des membres de la troupe de théâtre et de danses, les ’’3L Ifèdé’’, ont pris le départ de Cotonou pour les Etats-Unis. Il s’agit pour eux de participer à la cinquantième édition du festival jumelé dénommé ’’New Orleans jazz’’ and ’’Heritage festival’’.

Les ''3L Ifèdé'', posant peu avant la prise de leur vol
13 artistes danseurs traditionnels. Le nombre des élus devant représenter les ’’3L Ifèdé’’, cette troupe béninoise de théâtre et de danses, à la 50ème édition du ’’New Orleans jazz’’ and ’’Heritage culture’’, et qui ont pris le départ de l’aéroport international ’’Cardinal Bernardin Gantin’’ du quartier de Cadjèhoun à Cotonou, dans le milieu de la soirée du dimanche 28 avril 2019.
Très enthousiastes, heureux, le visage rayonnant et brillant d’un grand rire, ils étaient uniformément et élégamment habillés d’un ensemble fait d’une tunique et d’un pantalon d’un blanc étincelant tirant sur le beige, le tout surmonté d’un boubou vert pur aux manches courtes et larges avec, sur la tête, un chapeau traditionnel estampillé ’’3L Ifèdé’’.
Animés du sentiment d’une mission patriotique à aller accomplir en terre américaine, ils n’ont pas hésité, dans leurs photos de groupe, à s’entourer des drapeaux du Bénin et des Etats-Unis. Jusqu’au 7 mai 2019, ils feront parler du berceau du vodoun dont ils exécuteront les danses variées et exceptionnellement chaleureuses, ce que confirment, dans les impressions qu’ils ont partagées avec notre Rédaction, Eric Orphée Gnikpo, Président des ’’3L Ifèdé’’, et Léon Hounyè, alias Sakpata Zogbo, pièce d’attraction de la troupe.

Marcel Kpogodo




Impressions

De gauche à droite, Eric Orphée Gnikpo et Léon Hounyè

Eric Orphée Gnikpo : « C’est une fierté pour nous de porter le drapeau national »

Il faudrait vous dire merci pour cette présence. C’est ce que nous avons toujours souhaité, nous voulons d’une presse d’investigation. Nous savons tous que cet événement est de taille et vous n’avez pas quand même attendu qu’on vous appelle, vous êtes venus spontanément. Cela nous va droit au cœur et, c’est la preuve qu’au Bénin, on a des journalistes culturels d’investigation.
C’est un sentiment de joie qui anime toute l’équipe et moi. Nous sommes très fiers, aujourd’hui, de porter haut les couleurs nationales. Au-delà de la personne morale des ’’3L Ifèdé’’, c’est le Bénin qui est ainsi représenté. C’est une fierté pour nous de porter le drapeau national.
Concernant les danses, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons une nation assez riche. Je le dirai : en Afrique, le Bénin est numéro 1 en matière de danses patrimoniales ; nous sommes inégalables, nous en avons à foison. Donc, dans cette panoplie de danses traditionnelles, nous en avons concocté une bonne vingtaine parce que nous allons jouer sur de grands podiums : on a des spectacles de 45 minutes. En tout et, pour tout, nous présenterons sept spectacles. C’est du fort, c’est du lourd. Que l’on soit du nord, du centre, du sud, de l’est ou de l’ouest, chacun aura sa danse à la Nouvelle Orléans avec les ’’3L Ifèdé’’.



Léon Hounyè, alias Sakpata Zogbo : « […] nous sommes des messagers, nous sommes là pour faire voir notre pays »

Pour ce Festival, je suis prêt à offrir un beau spectacle. La base de notre spectacle, ce sont les danses du vodoun parce que notre pays est basé sur le vodoun, nous y sommes nés, nous en vivons. Nous allons pour mettre en valeur le pays du vodoun, montrer comment le vodoun fait du bien ; il n’est pas là pour faire du mal. C’est ce que nous allons exprimer devant le public américain ; nous sommes des messagers, nous sommes là pour faire voir notre pays. Paradoxalement, quand vous prenez le cas de Ganvié, c’est le Togo qui la vend alors que cela se trouve au Bénin ; on a monté une danse pour présenter Ganvié ; on l’appelle ’’Atié’’. Nous allons montrer aux Américains que notre pays est très riche en cultures. Entre autres, nous montrerons aussi le ’’zangbéto’’. On a plein de surprises pour le public américain.
Je me dois de remercier le Directeur général du Fonds des Arts et de la culture pour avoir cru en nous, en ce que nous sommes en train de faire. Cela, c’est très important ! Si nous avons un ministre qui ne croit pas en nous, c’est là que le problème se pose. Le Ministre [de la Culture, Oswald Homéky] ne croit pas en ce que nous sommes en train de faire.
Je reviens remercier le Directeur général du Fonds des Arts et de la culture, chez qui c’est le contraire. C’est un travail énorme. Les sportifs ne peuvent jamais le faire. En Italie, nous avons reçu une médaille avec, comme seule retombée, le passage par le salon d’honneur de l’aéroport de Cotonou, alors qu’en tant qu’artistes, nous sommes les meilleurs pour faire valoir notre pays. Actuellement, nous allons aux Etats-Unis, à la Nouvelle Orléans, pour faire des prestations auprès de plus de 35 pays ; on nous connaît, nous allons les marquer sur scène. Je vous l’assure.
Je remercie tous les Béninois, de même que le Président de la République parce qu’il a eu confiance aux artistes : malgré toutes les déclarations de part et d’autre, il a maintenu le Fonds des Arts et de la culture, pour les accompagner. Sans cette institution, nous ne vivons pas ; sans un soutien pour la culture, on ne peut pas vivre. Je remercie tous les acteurs culturels, tous les administrateurs du Fonds des Arts et de la culture, tous les directeurs techniques du Ministère de la Culture.
Mais, je ne suis pas prêt à remercier le Ministre de la Culture parce que nous n’avons pas du tout son soutien.


Propos recueillis par Marcel Kpogodo