mardi 25 décembre 2018

L’Acubase enrichit des enfants en art de danse traditionnelle

Dans le cadre du Projet ’’Danse dans les corps’

Le samedi 22 décembre 2018, le Village d’enfants ’’Sos’’ d’Abomey-Calavi a abrité une manifestation de restitution d’un atelier de formation en danse traditionnelle, dont les bénéficiaires sont de nombreux enfants « en situation difficile ». Cette initiative de transmission de connaissances a été organisée par l’Association ’’Culture à la base’’ (Acubase).

Photo de famille des enfants stagiaires détenteurs de leur diplôme de participation, avec des encadreurs et des responsables respectifs de leurs structures de provenance
Une bonne trentaine d’enfants recevant un diplôme de participation, quelques minutes après avoir impressionné le public présent par l’exécution de rythmes de danses traditionnelles béninoises. 

Démonstration de danse traditionnelle 
Ce qu’il faut retenir de l’après-midi du samedi 22 décembre 2018, de compte-rendu d’un atelier consacré à former ces jeunes apprenants en techniques d’exécution de plusieurs de ces danses, ces séances de réception de capacités s’étant déroulées dans le contexte de la troisième édition du Projet, ’’Danse dans les corps’’, ayant débuté le 14 du même mois, au Village d’enfants ’’Sos’’ d’Abomey-Calavi, situé dans la Commune du même nom.

Un aperçu ...
Emanant de cette structure d’accueil et d’orphelins mis à disposition par l’Organisation non gouvernementale (Ong) dénommée ’’Assovié’’, ces stagiaires, le moment de démonstration venu, ont exécuté, respectivement, de vigoureux pas de danse, successivement, d’ ’’agbadja’’ et de ’’zinli gbété’’, ce qui a contribué à égayer, à satisfaire et à contaminer un public d’invités constitués par des responsables des deux organisations, des formateurs, des parents et d’autres enfants. Ces élus du jour ont été encadrés par de grands noms de la musique traditionnelle : Aubin Ayi, Léon Hounyè, alias Sakpata Zogbo, Clément Kakpo, notamment ; ils les ont outillés en techniques de pratiques d’autres danses telles que le ’’houngan’’, l’ ’’akonhoun’’ et l’ ’’adjogbo’’. 

... du public participant
Une manière de ramener ces apprenants à leurs sources culturelles, surtout à l’époque actuelle de l’adoption par tous des danses venues d’autres pays de la sous-région et de l’occident, une attitude contribuant à priver le Bénin d’une identité culturelle à l’extérieur, en matière de danses authentiques de son cru civilisationnel. Il ne reste qu’à espérer un impact réellement durable de ce Projet sur la mentalité de ces enfants, de façon à les pousser, lorsqu’ils auront grandi, à pratiquer et à faire adopter autour d’eux ces danses dont ils ont acquis la technique.

Aimé Tchibozo
Cet après-midi de restitution a débuté par une cérémonie d’ouverture au cours de laquelle ont été amenés à prendre la parole Aimé Tchibozo, Directeur du Village d’enfants ’’Sos’’ d’Abomey-Calavi et Raymond Sossou, Président de l’Acubase, qui, en substance, a remercié le Fonds des Arts et de la culture (Fac) pour avoir financé la tenue de l’événement.

Raymond Sossou
Marcel Kpogodo  

lundi 24 décembre 2018

Transmission artistique aux tout-petits : le savoir-faire d’Oscar Alossè

Démonstration dans le cadre de la 4e édition du Fedtab

La cour de l’Ecole primaire publique de Bazounkpa, dans la Commune d'Abomey-Calavi, a fait l’objet d’une ambiance particulièrement remuante, le samedi 8 décembre 2018. Il s’agissait pour Oscar Alossè, artiste danseur, par le déroulement du Festival d’Education de danse et de théâtre à la base (Fedtab), de faire la preuve du savoir-faire artistique qu’il a inculqué aux petits enfants provenant de plusieurs établissements scolaires.

Oscar Alossè, suivant de près ses poulains
Huit groupes différents de petits écoliers, qui se sont succédé sur une scène, spécialement aménagée pour la circonstance, eux qui chantaient et dansaient, sous la surveillance vocale et gestuelle de leur maître en arts de la scène. La teneur du spectacle qui a prévalu dans l’après-midi du samedi 8 décembre 2018, au niveau de la cour de l’Ecole primaire publique de Bazounkpa, dans la Commune d’Abomey-Calavi, selon un contexte culturel simple : la tenue de la quatrième édition du Festival d’Education de danse et de théâtre à la base (Fedtab), dont le Président du Comité d’Organisation n’est personne d’autre que l’artiste chanteur et danseur de la musique traditionnelle, Oscar Alossè, la Fédération des Cercles artistiques de danse (Fcad) en étant la structure organisatrice.

Le Groupe ''Les Elites du Bénin'', dans son oeuvre d'accompagnement des artistes en herbe
Accoutrés différemment, selon leur école de provenance, les petits chanteurs et danseurs étaient accompagnés, dans leurs prestations, par un orchestre traditionnel dont Oscar Alossè reste le premier responsable : ’’Les élites du Bénin’’. Ils émanaient des Complexes  scolaires ’’Sainte Destinée’’, ’’Les Génies en herbe’’ de Godomey, ’’La Roseraie’’, ’’La Ruche’’  et ’’Saint Gaëtan de ma gloire’’ d’Abomey-Calavi, des Ecoles maternelles et primaires de Godomey et de Houéyiho 2, puis de l’Ecole primaire publique de Bazounkpa, l’établissement hôte.

Aperçu du public, enthousiaste
Ainsi, patiemment, tout en acclamant fortement ceux qui les impressionnaient le plus, dans leur jeu individuel ou dans celui collectif, tout en leur lançant des cris, des exclamations de satisfaction, de félicitations, les spectateurs manifestaient une participation active à l’événement. Certains d’entre eux, apparemment nantis, n’hésitaient pas à aller coller des billets de banque au front de ceux des artistes en herbe qui les comblaient dans leurs attentes. En effet, les enfants artistes se sont illustrés dans plusieurs danses qu’on est habitué à voir les adultes pratiquer : l’ ’’akonhoun’’, le ’’houngan’’ et le ’’dogba’’ d’Abomey, dans le Zou, la danse des pêcheurs de l’Ouémé, le ’’yaoïtcha’’ des Nago Yoruba, l’ ’’adjogbo’’ du Mono, le ’’têkê’’ et l’ ’’aské’’, deux danses du Septentrion, sans oublier que ces enfants ont montré leur talent en s’adaptant au morceau ’’Idjiogbé’’, une création inédite des ’’Elites du Bénin’’.

A gauche, en blanc, Christelle Bokossa
Au cours de la cérémonie protocolaire ayant permis de lancer la manifestation, Oscar Alossè a salué puis remercié le public de sa présence, et a témoigné sa gratitude au  Fonds des Arts et de la culture (Fac) dont le financement a permis l’organisation de la quatrième édition du Fedtab. Christelle Bokossa, représentante de Gilbert Déou Malè, Directeur général de l’institution, a, dans son intervention, marqué sa satisfaction face à la tenue de l’événement annoncé.
Et, d’autres personnalités sont intervenues à la tribune. Parmi celles-ci, il fallait trouver Claude Balogoun, représentant des artistes au Conseil économique et social (Ces). Et, si l’artiste chanteur Sewlan Aziza s’est fait remarquer, en tant que Parrain, c’est en gratifiant régulièrement les meilleurs chanteurs et danseurs de billets neufs qu’il allait leur coller au front.

Marcel Kpogodo 



Impressions d’après-événement d’Oscar Alossè  

      
Oscar Alossè, au cours de l'interview


Oscar Alossè : C’est une joie totale pour moi. J’ai commencé cette activité il y a longtemps. Cela me fait plaisir parce que la danse relève d’une passion pour moi. C’est en 2004 que j’ai commencé à donner une formation artistique aux tout-petits. Et, en 2014, j’ai initié le Festival d’Education de danse et de théâtre à la base (Fedtab) qui me permet de pratiquer le théâtre et la danse à la fois. En 2016, j’y ai bénéficié du financement du Fonds d’Aide à la culture. Après cela, en 2018, le Fonds des Arts et de la culture (Fac) m’a à nouveau accompagné dans la réussite de cet événement, ce de quoi je remercie le Directeur général de l’institution, M. Gilbert Déou Malè et, aussi, le Ministre de la Culture, M. Oswald Homéky, qui a accepté que les artistes reprennent leurs activités.


Le Mutateur : Est-il difficile d’entraîner des enfants à la danse et au théâtre ?

Quand je l’avais commencé, c’était très difficile mais, au fil des jours, je m’y suis vraiment habitué, j’ai eu la maîtrise d’apprendre les danses traditionnelles de chez nous aux enfants. Aujourd’hui, je suis capable d’apprendre, même à des enfants de deux ans, de trois ans, à bien chanter, à bien exécuter les pas des danses du patrimoine de chez nous.


Allez-vous reconduire ce Festival pour l’année prochaine ? Quels sont vos projets pour 2019 ?

L’édition 2019 du Fedtab connaîtra une toute nouvelle démarche que nous pensons exécuter après des activités spécifiques liées à mon Groupe, ’’Les Elites du Bénin’’.

Propos recueillis par Marcel Kpogodo