vendredi 22 juin 2018

Christel Gbaguidi, la vision de loisirs infantiles authentiquement endogènes

Dans le cadre de l’expérimentation des « jeux d’enfance »

’’Les jeux d’enfance’’ sont un concept que développe, depuis plusieurs semaines, le promoteur culturel Christel Gbaguidi, ce dont il a donné à sentir la force, la consistance et l’abondance au ’’Centre’’ de Lobozounkpa, à Godomey, dans la Commune d’Abomey-Calavi, le samedi 7 avril 2018, en compagnie, notamment, de plusieurs dizaines d’enfants.

A gauche, ci-contre, Christel Gbaguidi, en superviseur du déroulement de l'un des jeux, de même que Serge Zossou, dans le cercle
La cour intérieure d’un espace culturel, prise d’assaut par des dizaines d’enfants exécutant divers jeux de leur âge mais que leur époque ne connaît plus trop. L’atmosphère qu’il fallait vivre dans l’après-midi du samedi 7 avril 2018 au niveau du ’’Centre’’, ce complexe culturel dirigé par l’artiste peintre Dominique Zinkpè et situé à Lobouzounkpa, dans l’Arrondissement de Godomey, inclus dans la Commune d’Abomey-Calavi.
Particulièrement, quatre jeux étaient simultanément en exécution par des enfants différemment répartis, apparemment conquis, passionnés et embarqués à ne plus pouvoir s’en défaire : l’arc-en-ciel, le chou, la course en sac de jute et le ’’ko ko ko ko ma do azin kpo dé’’. Serge Zossou, homme de théâtre, était l'un des co-superviseurs de la manifestation.

Le ’’ko ko ko ko ma do azin kpo dé’', en déroulement
Concernant le tout premier, il s’agissait d’évoluer linéairement d’un point de départ à un autre, d’arrivée, dans des cadres tracés à même le sol, en s’aidant d’un miroir. Pour le deuxième, il fallait sauter sur le sol d’un carré à l’autre, dans un système de trois carrés verticaux rompus par deux autres à l’horizontale, puis par un, à la verticale et, enfin, par deux autres de nouveau à l’horizontale avant de s’arrêter dans un demi-cercle terminal ; le joueur fait précéder son arrivée d’un carré à l’autre par le jet d’un morceau de caillou. Troisièmement, il était question de courir le plus vite possible, dans un sac de jute, pour être le premier à franchir la ligne d’arrivée. Enfin, le dernier jeu exécuté consistait pour celui qui le débutait à jouer avec un objet, fondement de poursuites au bout desquelles il ne devait se faire rattraper.

Des enfants se livrant à la course en sac de jute
En réalité, simple était le cheminement à suivre pour mener l’un ou l’autre de ces jeux. D’abord, devant les enfants adhérents, il fallait consulter le livret concernant les éléments d’amusement en question. Ensuite, il s’agissait de retrouver le règlement de celui qui allait s’exécuter et le partager avec ceux qui s’y étaient inscrits. Enfin, dernière étape : la phase opérationnelle où le jeu serait effectué.
Selon Christel Gbaguidi, Président de l’Association ’’Arts vagabonds rezo Afrik Bénin’’ et concepteur de ce processus de remise en selle, chez les enfants béninois, de ces jeux purement locaux en voie de disparition, c’est un total d’une douzaine d’entre eux, de ce genre, qu’il a répertoriés mais parmi lesquels il n’a choisi que les quatre précédemment évoqués pour être effectués, étant donné qu’il se trouvait à des étapes d’expérimentation et de rodage de l’exercice. Un exercice devant consister à ressusciter ces jeux et à en encourager, à en généraliser la pratique chez les enfants d’aujourd’hui, en remplacement de ceux liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, et qui ne développent pas autant les capacités physiques, mnémotechniques, psychologiques, entre autres. Toujours à en croire Christel Gbaguidi, la télévision, les jeux vidéos et les réseaux sociaux distraient, égaient les enfants d’aujourd’hui, mais il n’y trouve aucune plus-value morale, d’où la nécessité pour les Africains, en général, et les Béninois, en particulier, de revenir aux fondamentaux de distraction sociale de leur culture intrinsèque, ce qui a conduit à l’actualisation qu’il a réalisée des jeux d’enfance au Bénin. 
L'ouvrage ''Mes jeux d'enfance au Bénin''
Une initiative qui a débouché sur la publication par ses soins d’un ouvrage intitulé ’’Mes jeux d’enfance au Bénin’’. Un livret indicatif que les lecteurs intéressés pourront se procurer à 1500 F Cfa.   

Marcel Kpogodo

samedi 16 juin 2018

Daavo, l’inlassable travail face à la quête de l’insaisissable


Dans le cadre de sa nouvelle exposition

’’Come see’’ est l’exposition présentée par l’artiste contemporain Gaël Daavo, qui se tient jusqu’en juillet 2018, et dont le vernissage a eu lieu au Restaurant ’’Le lambi’s’’ de la Haie-vive, à Cadjèhoun, à Cotonou. Les pièces qu’il a présentées démontrent l’âme d’un jeune créateur qui ne se satisfera de son travail qu’après avoir conquis l’impossible : la démarche artistique qui le mettra face à la vérité profonde de soi.

Daavo, s'expliquant au cours du vernissage
’’Caméléons’’. Le nom de la série des toiles à visages, que le jeune artiste plasticien béninois Gaël Daavo, alias Daavo, a porté à la connaissance du public qui a fait le déplacement du Restaurant ’’Le lambi’s’’, sis quartier Cadjèhoun de Cotonou, au début de la soirée du vendredi 18 mai 2018, à l’initiative de la structure culturelle ’’Cotonou creative’’ ayant mis en œuvre l’exposition ’’Come see’’.
Aperçu des oeuvres ...
Pour l’artiste, cette présentation doit être comprise comme l’aboutissement du travail qu’il avait initié, qu’il avait commencé à travers une précédente exposition qu’il avait tenue à la Galerie ’’Guèlèdè’’, le 6 avril dernier. Et, avant cette date, Daavo avait exposé des sculptures assez magistrales au ’’Centre’’ de Lobozounkpa à Godomey. En réalité, à la Galerie ’’Guèlèdè’’, précisément, dans une dénonciation de l’hypocrisie humaine se manifestant par l’offre au dehors d’une figure qui reflète peu le ressenti intérieur, une stigmatisation qui s’affirmait féroce par l’épaisseur, la profusion et la variété des touches de couleurs des tableaux, Daavo avait effectivement planté le décor du rejet carrément violent d’un phénomène, l’hypocrisie, l’alternative pour des relations communautaires fondées sur l’engagement pour la satisfaction de l’intérêt individuel.

... exposées
Au ’’Lambi’s’’, le peintre, de ses yeux intenses de l’éclat d’une révolte à peine contenue sur les frasques morales de l’homme, de son verbe incisif, de ses yeux cerclés de lunettes dénuées de verres, ces lunettes atypiques, la preuve d’un anticonformisme producteur de l’interrogation dont la réponse révélerait son sentiment de saturation de l’usage par l’homme de l’hypocrisie, de sa voix rauque de jazziste américain, explique, apparemment, le fait que son inspiration a viré à un intérêt sur la duplicité, l’instabilité psychologique, d’où, sûrement, le commentaire d’Adrien Guillot, Commissaire de l’exposition ’’Come see’’, Directeur de ’’Cotonou creative’’, qui précise sur les ’’Caméléons’’, un processus dans lequel le créateur s’est lancé en 2007 : « [Daavo] interroge la question des représentations du masque, de l’hommes et de ses failles ». Oui, le mot a été projeté : le « masque » ! Et, c’est cela, semble-t-il, le nœud, le clou de la démarche actuelle du jeune artiste, le point culminant de son esprit qu’il fatigue à conditionner à saisir, dans ses tréfonds, l’essence de la métamorphose perpétuelle de sa psychologie par l’homme. C’est à se demander jusqu’à quels sacrifices d’ordre artistique est prêt Daavo dans cette quête.


Analyse de visiteuse

Prise, identifiée au pifomètre, interrogée par surprise sur ses impressions à chaud sur les œuvres exposées dans le cadre de la ’’Come see’’, elle laisse se succéder des mots émus : « J’ai beaucoup aimé, c’est très beau. J’ai aussi aimé les couleurs, l’harmonie des couleurs, le vert, le jaune : c’est très beau, quand même ! ». 
Béathys Affiavi Dadjo
Loin d’être critique d’art, Béathys Affiavi Dadjo rêve de devenir avocate pour rendre opérationnelle la défense des opprimés, le journalisme, la communication, le marketing étant d’autres champs professionnels qu’elle pourrait explorer.  

Marcel Kpogodo