samedi 14 novembre 2015

La Charte culturelle du Bénin bientôt en application

Face à la tenue du Séminaire-plaidoyer organisé par la Faplag-Bénin


La deuxième édition de la Journée internationale des arts plastiques (Jiap 2015) a connu sa dernière activité. C'est ainsi qu'après trois conférences programmées les jours précédents, le vendredi 13 novembre 2015 a été consacré par la Fédération des associations professionnelles des plasticiens et graphistes du Bénin (Faplag-Bénin) au déroulement d’un Séminaire-plaidoyer consacré à la Loi n° 91-006 du 25 février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin. Il a réuni de nombreuses personnes ressources et a débouché sur des options fermes visant la concrétisation des dispositions de cette Loi, ce qui ne viendra qu’épanouir les artistes plasticiens, en particulier, et les artistes béninois, en général.

De gauche à droite, Philippe Abayi et Samuel Ahokpa présentant sa communication
« C’est notre manière à nous de forcer les choses, d’anticiper, pour qu’on aille vite ». Ainsi se prononçait Philippe Abayi, Président de la Fédération des associations professionnelles des plasticiens et graphistes du Bénin (Faplag-Bénin), à l’issue des travaux de la journée du vendredi 13 novembre 2015. Ils se sont tenus au siège de l’institution, sis Quartier Gbéto, à Cotonou, et furent consacrés à un Séminaire-plaidoyer ayant pour but d’amener l’Etat béninois à mettre en œuvre les dispositions contenues dans la Loi n°091-006 du 25 février 1991, celles-ci devant contribuer à l’affirmation de la valeur technique et de la prospérité des artistes plasticiens, notamment.
De manière concrète, un groupe restreint de travail, dirigé par Samuel Ahokpa, représentant du Conseil économique et social (Ces), et ancien Directeur du bureau béninois des droits d’auteur et des droits voisins (Bubédra), est chargé de procéder à la rédaction d’une proposition de projet de décret d’application de la Loi n° 91-006 portant Charte culturelle en République du Bénin. Celle-ci, promulguée depuis le 25 février 1991 par Mathieu Kérékou, le Chef de l’Etat de l’époque, n’a jamais été dotée de cet instrument juridique afin que ses dispositions soient appliquées pour le rayonnement des artistes plasticiens auxquels l’article 28 se consacre exclusivement, et dont le contenu est clair : « Le budget de tout édifice et espace publics doit comprendre une part réservée à la décoration artistique ».
En outre, dès que cette proposition sera prête, Samuel Ahokpa et son équipe la soumettront à l’étude et à la validation d’un Comité de 17 membres, mis en place par le Séminaire-plaidoyer pour réaliser un grand lobbying auprès des autorités du Ministère de la Culture et même de la Présidence de la République. Il se trouve composé d’artistes plasticiens et d’icônes du secteur des arts plastiques, de juristes, de représentants de différents ministères, de membres du Conseil économique et social (Ces), de la médiature de la République, de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture (Cbaac) et même de la presse culturelle.     

Aperçu des participants au Séminaire-plaidoyer
Par conséquent, la mouture finale du projet de décret d’application sera soumise au Ministère de la Culture qui devra la faire adopter par le Conseil des Ministres. Et, avec la prise du décret et celle des arrêtés d’application, le Comité mènera la dernière partie de la bataille, ce qui consistera à ce que les dispositions en jeu soient mises en application.
Selon les éclairages apportés par Philippe Abayi, dans le discours qu’il a prononcé, en tant que Président de la Faplag-Bénin, à l’ouverture du Séminaire-plaidoyer, en dehors des acteurs culturels, en général, et des artistes plasticiens, en particulier, qui bénéficieront directement de la mise en œuvre de l’article 28 de la Loi portant Charte culturelle en République du Bénin, cette application produira un grand nombre d’autres conséquences positives, notamment, « la constitution d’un environnement paysager public, l’embellissement des édifices et espaces publics, la constitution d’un patrimoine artistique contemporain, la valorisation du patrimoine architectural et artistique, la promotion des identités nationales béninoises et la contribution concrète des artistes plasticiens à l’économie nationale ».
Justement, à la cérémonie d’ouverture des assises, avaient pris la parole Philippe Abayi et Pascal Wanou, Premier Vice-président de la Cbaac, une étape ayant conduit au déroulement de deux communications, respectivement, de Samuel Ahokpa et de Joël Atayi-Guèdègbé ; elles avaient pour thème : « Importance de la mise en application des dispositions de l’article 28 de la Loi n° 91-006 du 25 février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin » et « Méthodologie de lobbying et de plaidoyer pour la mise en application de l’article 28 de la Loi n° 91-006 du 25 février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin ».
En réalité, cette manche de la promulgation du décret d’application de la Loi indiquée gagnée, il restera celle non moins délicate de la désignation par les structures étatiques, à chaque besoin, des artistes devant faire valoir leurs créations pour la décoration publique, ce qui devra s’opérer en toute transparence et sans favoritisme.

Marcel Kpogodo

vendredi 13 novembre 2015

Retour triomphal de Marcel Zounon du 45ème Congrès mondial du Cioff

Pour 4 retombées capitales en faveur du Bénin


Dans la soirée du mercredi 21 octobre 2015, le Directeur de l’Ensemble artistique national (Dean), Marcel Zounon, était de retour du Pérou, accueilli en grande pompe par le Ballet national, notamment, après y avoir participé au 45ème Congrès mondial du Conseil international des organisations internationales de festivals de folklore et d’arts traditionnels (Cioff). Des décisions importantes ont été prises, à ses assises, au profit du Bénin, notamment.

Marcel Zounon
« L’Afrique est debout pour aller défendre les valeurs culturelles immatérielles ». Des propos d’un grand enthousiasme de Marcel Zounon, à la descente de son avion en provenance de Lima, au Pérou. Une fougue joyeuse allant de pair avec un accueil des plus artistiquement chaleureux, orchestré par le Ballet national, à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, en cette soirée du mercredi 21 octobre dernier. Il s’agissait de célébrer aussi jovialement l’arrachage par le Bénin de 4 acquis fondamentaux, pour l’Afrique, au sein du Conseil international des organisations internationales de festivals de folklore et d’arts traditionnels (Cioff).
D’abord, à en croire Marcel Zounon, avec sa participation au 45ème Congrès mondial de cette institution d’ordre culturel, née en 1970, c’est pour la première fois qu’elle reconnaît une place entière à l’Afrique qui, désormais, dispose, à elle seule, d’un secteur, ce qui lui permet de prendre des décisions autonomes relevant des spécificités culturelles de ce continent, contrairement au passé où toute cette partie du monde était rattachée à l’Europe du Sud.
Ensuite, la deuxième retombée importante de la participation de Marcel Zounon à ce Congrès reste la tenue à Cotonou, du 11 au 15 décembre 2015, d’une réunion africaine pour jeter les bases juridiques du ’’Cioff Afrique’’. Comme troisième élément de satisfaction, il s’agit dorénavant de l’appartenance de l’Afrique au Conseil d’administration du Cioff.
Enfin, pour Marcel Zounon, la quatrième retombée de son séjour est la participation du Bénin aux prochaines ’’Folkloriades’’, qu’il a caractérisées comme « le grand rendez-vous des danses traditionnelles et patrimoniales du monde entier ». Elles auront lieu au Mexique, en juillet 2016, ce qui est une première, depuis la naissance de cette manifestation ayant le rang des jeux olympiques, pour les sportifs. Notre pays y sera donc représenté par le Ballet national et par deux artisans désignés à cet effet.
Closant sa présentation, à l’aéroport de Cotonou, le Dean n’a pas manqué de féliciter publiquement certaines personnalités dont le travail dans l’ombre a accouché de ce quadruple succès : le journaliste culturel Happy Goudou qui, en tant que Délégué du Cioff Bénin, a participé, du 24 au 28 septembre 2015, au Cameroun, au Forum international sur la sauvegarde du patrimoine immatériel, et dont le plaidoyer a pesé lourd pour la participation de l’Afrique au Congrès mondial, en tant que ’’Secteur Cioff’’. Il a aussi rendu hommage à Jean Roche, de même qu’à Adolphe Koffi Alladé et à Richard Adossou, entre autres, sans oublier le Ministre de la Culture, Paul Hounkpè, dont le soutien logistique a facilité la participation du Bénin à ce 45ème Congrès du Cioff.    


Marcel Kpogodo