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vendredi 8 novembre 2013

Alihossi Gbènohin Alofan à la Galerie d’art Saint Augustin de Cotonou


Une culture de l’espérance en 22 chapitres


La Galerie Saint Augustin de Cotonou, sis Boulevard Saint Michel de Cotonou, a abrité, le jeudi 31 octobre 2013, le vernissage de l’exposition « Nature et couleurs », de l’artiste Alihossi Gbènohin Alofan. Les participants à la manifestation ont eu l’occasion de découvrir 22 tableaux d’une luminosité faisant valoir un talent fondé sur une inspiration dont la force n’a d’égale que la simplicité des thèmes d’inspiration.


Le vernissage concernant l’exposition intitulée « Nature et couleurs » d’Alihossi Gbènohin Alofan, abrité par la Galerie d’art Saint Augustin de la Sœur Henriette Goussikindey, au Boulevard Saint Michel de Cotonou, le jeudi 31 octobre dernier, en début de soirée, s’est déroulé sous l’égide du Ministère de la Culture, par le biais du Fonds d’aide à la Culture (Fac), avec la participation de la Fédération des associations professionnelles des plasticiens et graphistes du Bénin (Faplag), dirigée par le plasticien Philippe Abayi.
En réalité, il a fallu entrer dans l’intimité intellectuelle et spirituelle d’une femme que la vie est loin d’avoir ménagé. Face aux œuvres, le visiteur se fait captiver par un éclat d’une coloration douillette, diversifiée, qui relate les facettes d’une observation édifiante et même empirique de la vie. Conçus selon les dimensions 1m x 90cm, 1m x 50 cm, 90 cm x 90 cm et 40 cm x 32cm, ces tableaux offrent le résultat remarquable d’une peinture sur toile à l’acrylique, pour certains, et du collage, pour quelques rares autres, notamment, pour le tableau ’’Le repos’’ qui, selon la plasticienne, capitalise la situation qui est la sienne actuellement, celle d’une stabilisation physique et plus ou moins psychologique, lui permettant de produire abondamment et en toute tranquillité.
La symbolique d’un tel tableau est particulièrement forte, surtout lorsqu’on découvre que le collage qu’elle y a réalisé relève, comme matériau fondamental, du sable prélevé, pas n’importe où. Dans le village ouatchi, Tchékpo Dédékpoé, de sa mère, situé vers Tabligbo, au Togo ! Cet arrimage des couleurs et des représentations à sa vie personnelle fait des 22 tableaux exposés, 22 chapitres d’un livre de témoignage sur une vie faite de voyages, d’aventures, de mésaventures, de recherche du bien-être dans un exercice professionnel qui l’a conduite dans plusieurs pays ouest-africains, avant une rupture totale d’avec treize années du métier de frigoriste.
L’endurance sociale d’Alihossi Gbènohin Alofan se matérialise dans des couleurs vives de l’espoir combatif, harmonisées d’une solution éphémère, sombres sans être désespérantes d’une désillusion marquante, avec des dessins d’un crayonné discret et des poses de couleur d’une touche suave, comme pour ne pas agresser la vue ; comme elle le confie si bien, c’est le résultat de la technique chinoise de la gouache, à laquelle elle a été initiée récemment. Ces 22 chapitres qu’elle propose au lecteur d’une vie d’une combativité artistique, qui ne fait que se renouveler, entrent en concordance avec ce que la peinture est devenue pour elle ; ces dessins, ces suggestions, ces montagnes d’un voyage perturbé, ces travaux champêtres salvateurs, ces accolades d’accueil, ces stades de retrouvailles avec soi pour vaincre la stagnation, voilà la richesse de ce qu’Alihossi Gbènohin Alofan livre au public qui devra se faire le temps d’aller découvrir l’espérance d’une femme qui, sans lui, son regard et l’acquisition de ses tableaux, ne peut réaliser ses rêves d’ouverture au monde, de rentabilisation de sa vie d’artiste. Dernier jour de visite : le 9 novembre prochain.


Marcel Kpogodo